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lundi 2 mai 2022

Generaloberst Werner Freiherr von Fritsch a Berlin

En cette belle matinée nous nous rendons au cimetière des invalides de Berlin (Invalidenfriedhof) où il y a quelques temps nous nous étions arrêtés devant les tombes des deux As de la Luftwaffe, Oberst Werner Mölders et Leutnant Hans Fuss.
Cette fois, nous allons voir la tombe d'un général de haut rang plutôt courageux puisqu'il est mort en première ligne..
 

Generaloberst Werner Freiherr von Fritsch

1909. Le château de Benrath où est né Werner von Fritsch

 Werner von Fritsch est né le 4 août 1880 au château de Benrath, près de Düsseldorf.

Dès l'âge de 18 ans, il est au 25e Regiment d'artillerie de campagne à Darmstadt. Il y devient lieutenant en 1900.  En 1907 il rejoint l'académie de guerre à Berlin où il entame une formation d'officier d'état-major puis est muté à l'état-major général.

En 1917, durant la première guerre mondiale bien que servant dans divers états-major il est blessé par un éclat d'obus. Il sort de la guerre avec la Croix de fer de 1ère classe et la Croix de chevalier de l'ordre de la maison royale Hohenzollern avec épées.

Il reste au sein de la Reichswehr où il est promu Generalleutnant. En 1934 il est muté à l'OKH puis devient commandant en chef de l'Armée de terre.  En 1936 il devient Generaloberst.

Werner Freiherr von Fritsch

Le 28 février 1938, il est mis en congé de son poste pour homosexualité, un vieux document a été exhumé des fichiers de renseignement, une sombre affaire mêlant un jeune prostitué Otto Schmidt qui avait enté de faire chanter Fritsch  . Goering, Himmler et d'autres sont à la manoeuvre. Comme le souligne Nicolaus von Below, aucun haut gradé n'a pris la défense de Fritsch, il faut dire que le haut commandement est un véritable panier de crabes où les ambitions sont fortes, les égos démesurés.

Dr Joseph Goebbels note : " Il y a maintenant l'affaire Fritsch. Article 175. il assure sur l'honneur que cela n'est pas vrai. mais qui peut encore croire à tout cela ?..."
"...L'honneur des officiers ? Où est il à présent ? Tant de questions sans réponse." 

Un procès militaire aura lieu et Fritsch sera finalement lavé de tout soupçon le 18 mars 1938, il est officiellement réhabilité. Il est nommé à la tête de son ancien régiment, le Régiment d'Artillerie n°12 et prend part à la campagne de Pologne.

Tué en première ligne !

En rouge l'axe de progression des troupes allemandes, en vert les polonais. Cercle rouge le lieu où serait tombé von Fritsch

Le 22 septembre 1939, il commande le 12ème Régiment d'Artillerie près de Varsovie lorsqu'il décide d'accompagner une patrouille de reconnaissance se déplaçant vers Praga, au nord ouest de la capitale polonaise. Alors qu'il part de Zabki le détachement longe l'une des rares rues goudronnées, la rue Szosa Zabkowska (aujourd'hui la ulica Lodygowa). Ils ne sont qu'à un kilomètre de la limite de Varsovie lorsque le détachement est pris sous le feu des mitrailleuses du 80ème Régiment d'Infanterie Polonais. Werner von Fritsch, avec son uniforme d'officier supérieur bine visible devient alors une véritable cible. Il reçoit une balle à la cuisse gauche, l'artère est touchée, l'hémorragie qui en découle le tue.

Cérémonie pour les obsèques de von Fritsch, église de Skrudzkim

Dr Joseph Goebbels raconte : "Fritsch est tombé de manière fabuleuse. Il a fallu lancer une attaque éclair pour aller récupérer son corps. il était en première ligne. un vrai soldat !"

Nicolaus von Below se souvient : " le 22 septembre, il (Adolf Hitler) se trouva à proximité immédiate de l'endroit où le baron von Fritsch, ancien commandant en chef du Heer, avait été blessé (il mourut peu après). Manifestement affecté par la nouvelle de cette mort, le Führer resta silencieux en l'apprenant."

Dr Joseph Goebbels note dans son journal : "La mort héroïque de Fritsch est annoncée en des termes particulièrement honorifiques. ce véritable soldat l'a mérité. Sa mort a été un acte devant lequel on doit tirer son chapeau."

  

Un cimetière militaire et un monument est érigé sur près d'un hectare sur les lieux de son décès, rue Szosa Zabkowska. Une commémoration de l'armée allemande y prend place chaque année jusqu'à l'année 1944, date à laquelle il est détruit par les soviétiques.

La rue Lodygowa dans le quartier de Targowek avec l'axe de progression des allemands et la localisation du cimetière militaire et de l'obélisque dédié à von Fritsch

Une station service a remplacé le cimetière militaire et le mémorial dédié à von Fritsch

 

La tombe de Werner von Fritsch

Le corps de von Fritsch est rapatrié à Berlin. Des obsèques nationales sont organisées le 26 septembre 1939 à la Neue Wache, le mémorial que vous pouvez (devez) aller voir sur la Unter den Linden 4.

Le mémorial Neue Wache depuis la Bebelplatz, une place que les lecteurs d'HistoReich connaissent bien. Ces deux statues encadraient auparavant la Neue Wache, elles représentent deux personnages importants pour ceux qui s'intéressent à l'histoire napoléonienne d'ailleurs le mémorial est aussi un souvenir de cette époque.

Dr Joseph Goebbels note : "Cérémonie officielle pour le général de Corps d'Armée von Fritsch devant le monument aux morts. Sous une pluie battante. Brauchtisch prononce un discours qui lui témoigne beaucoup d'honneur. J'ai le coeur empli de mélancolie. Fritsch a eu une mort courageuse et virile."

Funérailles de Werner von Fritsch Berlin 26 septembre 1939
 
Funérailles de Werner von Fritsch Berlin 26 septembre 1939. Comme le décrit si bien le Dr Goebbels les parapluies sont de sortis. Nous voyons les murs de la Humboldt-Unirversität zu Berlin.

Le Generaloberst repose au Invalidenfriedhof sur la Scharnhorstrasse. Fort heureusement sa tombe n'a pas été détruite par la RDA.

Entrée de l'Invalidenfriedhof sur la Scharnhorstrasse

Localisation de la tombe de Werner von Fritsch depuis l'entrée du cimetière. Sur cette vue nous voyons le fruit de la destruction communiste, une véritable désolation qui touche l'Histoire d'une nation. 

Tombe de Werner Freiherr von Fritsch, chef du Régiment d'Artillerie n°12

Liens

 

mercredi 11 décembre 2019

Leutnant Hans Fuss JG3 Udet de la Luftwaffe


Aujourd'hui, direction le cimetière des Invalides, à Berlin. Après avoir vu la tombe du pilote de chasse Werner Mölders, nous rendons visite à un autre as de la Luftwaffe : Hans Fuss. N'oubliez pas que HistoReich s'est également rendu au cimetière militaire allemand de Bourdon, où sont enterrés de nombreux pilotes de chasse. 
 

Qui est Hans Fuss ? 


Hans Fuss est né le 19 septembre 1920 à Altenhof, en Prusse. 

En 1941, il est affecté à la 4./Jagdgeschwader 3 et combat les avions soviétiques.
Début 1942, son escadrille est envoyée en Italie pour contrôler la mer Méditerranée, et surtout l'île de Malte.
En mai 1942, de retour sur le front russe, il est adjudant à la Stab II./JG 3. Le 13 juin, son Messerschmitt Bf 109F-4 doit effectuer un atterrissage de fortune ; il se blesse, mais n'est pas capturé. En août, il est nommé Staffelkapitän (Staka) à la 6./Jagdgeschwader 3 « Udet » et reçoit la Ritterkreuz le 23 août pour sa 70e victoire (d'autres sources citent 60 victoires). 
 
Hans Fuss à la JG 3 "Udet"

 

Blessé 

Le 14 septembre 1942, alors qu'il venait d'abattre un Yak-1, son Messerschmitt Bf 109G-2 reçut un coup dans le réservoir. L'essence s'écoula rapidement et il dut rejoindre rapidement sa base, près de Viatsk. À l'approche de la piste, le moteur cale, le réservoir est vide. Une aile percute le sol et l'avion s'écrase. Hans Fuss est gravement blessé, notamment à la jambe, qu'il doit se faire amputer.
Des complications apparaissent et, malheureusement, le Leutnant Hans Fuss décède dans un hôpital de Berlin le 10 novembre 1942.
Il avait remporté 71 victoires.

Leutnant Hans Fuss JG3
Un Messerschmitt Bf 109 G2 avec son capot moteur absent

Sa tombe

 
La tombe de l'As allemand se trouve à l'Invalidenfriedhof de Berlin.
 
Hans Fuss
Leutnant und Staffelführer
6./JG. "Udet" NR 3
Aber des Ritterkreuzes
Des Eisernen Kreuzes 1939
Geboren Am 9. Sept 1920 
Verwundung 
Am 10. Nov. 1942 
 
invalinden friedhof Berlin
Superbe tombe du Leutant Hans Fuss mais un peu endommagée par le temps
 

Invalidenfriedhof Berlin

 
Le cimetière des invalides de Berlin où repose Hans Fuss et Werner Mölders
 
Le cimetière des Invalides, témoignage de l'histoire prussienne, n'a pas le même succès que celui de Paris, mais il vaut tout de même le détour pour les passionnés d'histoire militaire, même si, dans leur folie destructrice, les Soviétiques l'ont largement amputé, puisqu'il ne reste aujourd'hui plus que 230 tombes sur les 3 000, dont seulement 30 concernant la Seconde Guerre mondiale. 

On y trouve des tombes de généraux de l'époque napoléonienne, ou plutôt des guerres de libération, dont la plus célèbre est celle de Gerhard von Scharnhorst, mais il en reste heureusement d'autres. Concernant la Première Guerre mondiale, c'est un peu moins prestigieux, mais on y trouve tout de même quelques pilotes et un maréchal assassiné à Kiev en 1918. On y trouve également des tombes de pilotes de la Première ou de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que celle d'une jeune femme de 25 ans, aviatrice.

La pierre tombale de Reinhardt Heydrich, SS-Obergruppenführer, a été détruite, mais son cercueil est toujours au même endroit dans le cimetière. En décembre 2019, sa tombe a été profanée de manière odieuse : son cercueil a été ouvert, probablement dans le but de voler quelques objets. Certains historiens « officiels », dont Laurenz Demps, aimeraient que sa dépouille disparaisse totalement du cimetière.

Celle de Fritz Todt a été démolie dans les années 1950 et sa famille n'a toujours pas le droit d'ériger une pierre tombale en sa mémoire. Il y a également celle d'un chef de la SA de Berlin, assassiné en janvier 1933, qui a naturellement été détruite.

Vous l'aurez compris, si vous êtes de passage à Berlin, une visite s'impose.

   

Liens

 

lundi 19 mars 2018

Oberst Werner Mölders Jagdgeschwader 51 Werner Mölders invalidenfriedhof Berlin


Aujourd'hui nous sommes à Berlin, une ville que nous connaissons maintenant un peu mieux, vous pouvez lire sur le blog les articles consacrés aux Français de la  Waffen SS. Malgré un orage qui s'annonce en cette journée d'été, HistoReich prend la direction du cimetière des invalides où nous avions déjà vu plusieurs tombes, celle de  l'As allemand, Hans Fuss ou celle du Generaloberst Werner von Fritsch. Aujourd'hui place à Werner Mölders célèbre pilote de la Luftwaffe.
 
 

Qui est Werner Mölders ?


Werner Mölders est né dans une famille catholique le 18 mars 1913 à Geselkirchen, un port fluvial dans le bassin de la Ruhr. Alors qu'il n'a que deux ans, son père décède sur le front en 1915, sa mère n'est âgée que de 25 ans lorsqu'elle devient veuve.
En 1925, Werner adhère au "Jugendbund Neudeutschland", une organisation de jeunesse catholique fondée en 1919. Après son bac, il connait déjà sa destinée : "Enfant, je ne connaissais pas de plus grand désir que de devenir soldat".
En 1931, il s'engage dans la Reichswehr comme fantassin puis il y fait une formation d'officier du génie.
 
Au centre le jeune Werner Mölders
 

Messerschmitt Bf 109 JG51
Maison natale de Werner Mölders

Finalement Werner rejoint la Luftwaffe en 1934, et apprend le vol sur un Arado Ar 68. Le 1er juillet 1935, il est muté au II./JG 134 puis c'est la 1./Jagdeschwader 334 avec le grade de Kapitän.
 
Werner Mölders est à la tête de la 1./JG 334 lorsqu'il parade à Wiesbaden en mai 1937
 
 

La guerre civile espagnole 

 

Messerschmitt Bf 109 de la Legion Condor au dessus de l'Espagne

Le 13 avril 1938, Mölders quitte la 1./JG 334 pour rejoindre l'Espagne et prendre le commandement de la la 3./J 88 (Jagdgruppe 88), la troisième Staffel de la Legion Condor. Dans le ciel ibérique, il abat 14 appareils républicains avant de retourner en Allemagne à la fin de la même année. Nous le retrouvons dans un bureau du Reichsluftfarhtministerium à Berlin où grâce à son expérience en Espagne il met sur papier différentes tactiques d'attaque et de formations de vol, qui seront adoptées par la Luftwaffe mais aussi plus tard par les Anglo-américains. 
Le 15 mars 1939, il est promu Hauptmann et part à Wiesbaden-Erbernheim pour reprendre le commandement de sa staffel devenue la 1./JG 133, qui a reçu entre-temps des Messerschmitt Bf 109 D-1. Le 1er mai 1939 nait la mythique Jagdgeschwader 53 

Le RLM, Reichsluftfarhtministerium à Berlin, où Mölders met au point ses tactiques


La drôle de guerre pas vraiment drôle... 

 
Les Messerschmitt Bf 109 E de la  I./JG 53 à Wiesbaden-Erbernheim en 1939
 
Le 3 septembre 1939, l'Angleterre et la France déclarent la guerre à l'Allemagne. La JG 53 est prôche de la frontière franco-belge-luxembourgeoise et se retrouve alors en première ligne. Alors que les avions allemands observent encore une certaine neutralité en ne franchissant pas les frontières, les Français envoient de plus en plus d'avions de reconnaissance au dessus du territoire allemand.
 
Le 8 septembre, Mölders rencontre des problèmes moteur et doit poser son Bf 109 dans un champ près de Birkenfeld, l'atterrissage est suffisamment rude pour le blesser au dos, ce qui lui vaut une dizaine de jours de repos. 
 
Le 20 septembre 1939 dans l'après-midi, Mölders a repris les commandes de son Messerschmitt. il est au sud de Trier, lorsque des Curtiss H-75 du GC II/5 sont attaqués par trois Bf 109. Werner Mölders vise l'avion N°21 du sergent Roger Quéguiner, l'avion est en feu mais le Français parvient à sauter en parachute, il s'en sortira avec les mains et le visage brûlés par les flammes.

Le 26 septembre, le Hauptmann Mölders prend le commandement du III./JG 53 nouvellement formé
 
Le 30 octobre près de Klüsserath, un Bristol Blenheim MK I britannique du 18 Sqn de la RAF piloté par l'officier pilote Denis frederick Elliot, 23 ans décolle de Metz pour une mission de reconnaissance, repérés par la Flak de Trier, les trois appareils ennemis sont maintenant pris en chasse par trois Messerchmitt de la 9./JG 53 sans compter le Bf 109 de Mölders qui se positionne derrière l'un des bombardiers britanniques, courte rafale, le moteur gauche est touché puis les flammes envahissent le Blenheim. L'avion s'écrase, les trois hommes d'équipage sont tués. Ils reposent dorénavant au cimetière sud de Cologne. Ils ne le savent pas mais ils sont les premières victimes du III./JG 53. 
 
1939. Le Benheim du No 18 Squadron, victime de Werner Mölders. L'épave sera recyclée dans une fonderie.
 
Le 22 décembre, des chasseurs du III./JG 53 escortent des Dornier Do 17 en reconnaissance près de Metz lorsqu'ils répèrent trois chasseurs ennemis. Mölders abat un Hurricane du No 73 Squadron de la Royal Air Force, l'appareil s'écrase en flamme près d'un village. Un autre Hurricane est abattu par un de ses ailiers. Le sergeant Reginald Mark Perry est enterré à Chambières tout comme le sergeant John Winn
 
L'hiver 1939-40 est installé, la météo limite les vols et les combats aériens et l'activité s'intensifie en mars, Mölders abat trois avions supplémentaires puis en avril son score s'élève à neuf dont un Curtiss Hawk P-36, un avion totalement dépassé malgré ses cinq années d'existence. Parmi les pilotes abattus, il y a le sergeant Ken Campbell qui après son atterrissage d'urgence sera amené à l'hôpital de Thionville. 
 
Printemps 1940, Werner Mölders au centre et ses officiers du III./JG 53 
 
 

La bataille de France

 
Le 10 mai 1940, l'Allemagne passe à l'offensive, la JG 53 est naturellement de la partie. Le Feldwebel Hans Galubinski du III./Jg 53 s'illustre avant d'être fait prisonnier le 6 juin 1940. Pour Mölders, la "chance" "revient le 14 mai lorsqu'il abat le Hurricane du sergeant Leon Didben qui repose dorénavant à Choloy en Meurthe et Moselle.

Werner Mölders le jour de la remise de sa Ritterkreuz
 
Le 29 mai 1940, il reçoit la Ritterkreuz pour ses 20 victoires. "Comme un orage, nous fonçons sur l'ennemi complètement surpris"
 
Le 5 juin, Mölders en est à 23 victoires. A 17h30, son Messerschmitt Bf 109 E-4 décolle pour un vol libre, dans le ciel ils rencontrent d'autres appareils allemands, ce sont les gars de la JG 27 puis des avions ennemis des Dewoitine D.520 du GC  II/7, parmi eux il y a un AS, le Sous-lieutenant René Pomier Layrargues qui comptablilise six avions à son tableau de chasse. 
 
" Des avions au-dessus de nous. Nous ne pouvons pas les identifier. Nous montons à 7000 m mais ce sont des 109 (du I./JG 27). Nous redescendons donc un peu et nous nous préparons à rentrer, mais soudain nous apercevons six Morane. Je me prépare à attaquer, mais au beau milieu de mon attaque, je vois deux Staffeln de 109 inconnus qui attaquent le même avion par derrière et par-dessus. J'observe un moment, puis j'attaque un Morane sur lequel trois 109 tirent, mais toujours en vain car il est dans un virage. Je l'ai un moment dans mon viseur, mais il s'échappe immédiatement. Il remonte soudain en dessous de moi - je le perds de vue sous mes ailes. Puis il revient de côté, plus bas, et, qui plus est, il tire mais à une distance extrême.    

Je m'interromps brièvement puis remonte vers le soleil. Il m'a probablement perdu, car il tourne dans la direction opposée et se dirige vers le sud. Plus bas, deux 109 continuent d'attaquer un seul Morane. J'observe ce combat, qui se résume à une course de haies, le Morane empêchant tout tir efficace par des virages incessants. Je jette un coup d'œil derrière et vers le haut pour voir des 109 qui tournent encore en rond un peu partout.

Je suis en train de voler à une hauteur de 800 m quand soudain des explosions et des étincelles se produisent dans mon cockpit. Je suis totalement abasourdi. La manette des gaz est détruite, le manche  saute vers l'avant et je suis en piqué vertical. Je saisis le levier de largage du cockpit et la canopée s'envole. Mon avion se stabilise une dernière fois, ce qui me donne l'occasion de défaire mes sangles et de me hisser sur mon siège. Je suis alors libre et le parachute s'est déjà ouvert. Je vois mon avion tomber hors de contrôle, son aile bâbord se disloquer. Juste avant de toucher le sol, il se redresse, puis s'écrase verticalement.

Accroché au parachute, je regarde autour de moi à la recherche de mon adversaire, mais je ne vois que des 109 qui me tournent autour. Je flotte silencieusement vers le sol, toujours tenu par l'ennemi car je suis à 60 km de la ligne de front, à l'ouest de Compiègne. Je sors mon pistolet et, après l'avoir armé, je le mets dans la poche de mon pantalon. Le sol se rapprochant rapidement, je fléchis légèrement les genoux et l'impact est relativement doux. Je me libère immédiatement du parachute et je cours vers un bois. Des Français courent vers moi de tous côtés et, alors que j'arrive à l'orée du bois, une balle passe à côté de mes oreilles. Je jette ma veste de vol doublée de fourrure et je cours jusqu'à l'autre bout du bois.  Un grand champ de lupins ( une espèce de plantes -Nda) se trouve devant moi, je m'y glisse".

La course va durer près d'une heure mais Mölders, comme bon nombre de ses camarades auparavant, est capturé. Un officier français lui arrache sa Ritterkreuz avant de l'emmener en voiture, l'Allemand part en captivité.
Son Messerschmitt est retrouvé par les troupes allemandes dans une forêt à l'est de Compiègne le 11 juin.
Le 22 juin, la France capitule. Mölders est libéré, tout comme l'Oberfeldwebel Hans Galubinski .
 
Werner Mölders dans le journal Der Adler du 11 juin 1940

 
Hauptmann Mölders reçoit l'ordre de prendre le commandement de la  Jagdgeschwader 51, l'unité du  Hauptmann Horst Tietzen (5./JG51), de Walter Oesau et de l'Oberleutnant Josef Priller.
Dès le lendemain de sa prise de poste, il s'envole vers Douvres, l'Angleterre. La rencontre avec des Spitfires ne se passe pas comme prévu puisqu'ils sont en surnombre, le combat s'engage et son Bf 109 est touché au radiateur et au réservoir d'essence. Il décide de rebrousser chemin à pleine puissance, un Spitfire le prend en chasse mais ce dernier est abattu par l'Oberleutnant Leppla. Finalement Mölders arrive à atterrir sur le ventre dans un pré français mais ses jambes sont en sang, durant le bref combat il avait reçu cinq éclats de métal. Mölders est évacué par avion dans un hôpital à Berlin où il y reste 11 jours.
 
Après sa 50e victoires il est promu Oberstleutnant
 

Barbarossa

 
Le 15 juillet 1941, avec ses 100 victoires, il obtient les brillants pour la croix de chevalier avec feuilles de chêne et épées "Brillanten zum Ritterkreuz mit Eichenlaub und Schwertern". Cinq jours plus tard, il est interdit de vol et doit quitter la JG 51 "Pik As".
A 28 ans,  il s'emploie a du travail administratif comme inspecteur de l'aviation de chasse puis le 15 septembre il est General der Jagdflieger où il s'occupe de l'élaboration de nouvelles tactiques et de l'amélioration de l'organisation, de la technique, de la formation et surtout de la gestion des hommes
 
Werner Mölders dans le journal "Der Adler" du 22 juillet 1941

 

La mort de Werner Mölders

 
Le 22 novembre 1941, alors en inspection sur le front de l'Est, Mölders doit se rendre aux obsèques de Ernst Udet à Berlin. Avec son aide de camp il monte dans un Heinkel He 111 de la III/KG 27 à Chaplinka en Ukraine (au nord de la Crimée) mais en plein vol, l'avion connait une grave avarie sur le moteur gauche, le Heinkel He 111 possède deux moteurs ce qui est normalement un gage de sécurité. L'avion doit faire un détour vers Breslau (Wroclaw en Pologne) pour atterrir, en approche de la piste le deuxième moteur tombe en panne. C'est alors que l'avion s'écrase dans une zone industrielle de la banlieue de Schöngarten. Dans le choc, le cockpit est coupé en deux.
Werner Mölders, le pilote, leutnant Georg Kolbe et une troisième personne non identifiée décèdent lors du crash. Le radio, l'Oberfeldwebel Arthur Tenz et l'aide de camp, le Major Wenzel survivent.
 

Lieu du crash Breslau 1941
Le propriétaire de l'usine de briques où s'est écrasé le He 111 a érigé ce monument à l'endroit même du crash


Ses obsèques à Berlin

 

Le 28 novembre 1941, les obsèques sont célébrées à Berlin. Le corps de Mölders est emmené dans les rues de Berlin sur un véhicule militaire suivi d'une escorte à pied. Des dizaines de milliers de personnes se tiennent silencieuses sur les trottoirs. Werner Mölders est emmené  au cimetière des invalides (Invalindenfriedhof) où l'on entend les coups de canons de Flak 88 qui résonnent du Tiergarten. Adolf Hitler, Hermann Göring, Adolf Galland, Karl-Gottfried Nordmann rendent hommage à l'As de la Luftwaffe. Göring déclare : "Tes actes sont immortels, ton nom reste immortel"

Mölders repose à côté du célèbre baron rouge, Manfred Freiherr von Richthofen.
 
Les obsèques de Werner Mölders, nous reconnaissons Galland à droite

Le Führer particulièrement peiné se recueille devant le cercueil de Mölders

 
Le cercueil de Mölders est recouvert de son casque et de son épée

 
Le défunt est emmené au cimetière des invalides, Goering est à gauche
 
 
La foule se presse pour rendr eun dernier hommage à l'As allemand. A l'arrière plan nous voyons la porte de Brandebourg.
 
Le cercueil s'apprête à entrer dans le cimetière. Il va être déchargé du canon pour être porté.
 
La dépouille de Werner Mölders passe devant la tombe du célèbre baron rouge
 
La délégation aux obsèques de Werner Mölders. Au premier plan Hermann Göring puis de gauche à droite, Siegfried Schnell, Josef Priller, Hans Hahn, Werner Streib. Derrière, des généraux de la Luftwaffe.



Sa tombe à L'invalindenfriedhof de Berlin

 
Le cimetière des invalides de Berlin où repose Werner Mölders

Oberst Werner Mölders repose toujours à l'invalidenfriedhof de Berlin malgré le fait qu'après la guerre, le cimetière des Invalides de Berlin sera littéralement saccagé par les soviétiques en 1961 puisqu'ils décident d'y ériger une partie du mur de Berlin.
 
La tombe actuelle de Werner Mölders au cimetière des invalides à Berlin
 
 

Epilogue

 
Après la mort de l'Oberst la Jagdgeschwader 51, prend le nom de "Mölders".  Une bande de bras avec l'inscription "Jagdgeschwader Mölders" sera attribuée le 24 novembre 1941.

Leutnant Georg Kolbe, le pilote de Werner Mölders, né à Goldberg le 6 décembre 1911 est nommé Oberleutnant à titre posthume. Il est enterré à Zlotoryja en Pologne.
Georg Kolbe était tout comme Mölders un vétéran de la Légion Condor.
 
Le pilote de chasse Werner Mölders est considéré dans les années 1960 comme un modèle, En 1968, la marine baptise un destroyer de missiles guidés du nom de "Mölders". La Bundesluftwaffe attribue ce nom à une caserne en 1972 et à un escadron de chasse en 1973. Mais à la fin des années 90, des historiens politisés s'en mêlent et malgré les critiques, le Lieutenant-colonel Rolf Block du Jagdgeschwader "Mölders" déclare en 2004 :

"On lui a quasiment attribué le nom de "papa" (Vati) parce qu'il s'occupait de ses semblables, de ses camarades. Que ce soit pendant l'entraînement ou pendant les jours difficiles de la guerre. Nous, en tant que membres du  Jagdgeschwader 74 "Mölders", sommes fiers de porter ce nom".

Le 11 mars 2005, le Bundestag devant la menace de la montée de l'extrême droite tire des conclusions et le nom de "Mölders" est exclu des traditions de la Bundeswehr, son nom est donc banni de la Jagdgeschwader.malgré tout des membres de l'ex-Jagdgeschwader 74 "Mölders" se rendent toujours sur sa tombe.
 
 

Les différents appareils de Mölders 

 
Ses Bf 109 de la Jagdgeschwader 53
 
Mars 1940, le Messerschmitt Bf 109 E de Mölders à Trier. Cinq victoires sont peintes sur la queue
 
Messerschmitt Bf 109 E-3, Wener Mölders mai 1940

 

Mai 1940, Messerschmitt Bf 109 E-4 de Werner Mölders

Mai 1940, Messerschmitt Bf 109 E-4 de Werner Mölders

Ses Bf 109 à la Jagdgeschwader 51

31 août 1940. Le Messerchmitt Bf 109 E-4 du major Werner Mölders

Juillet 1940, Messerchmitt Bf 109 E-4 de Werner Mölders



Octobre 1940, Messerschmitt Bf 109 F-1 de Mölders

Nous pouvons voir un Bf 109 aux couleurs de la JG 53 "Pik As" au musée de Sinsheim en Allemagne

Un ex-Buchon aux couleurs de la JG 53 "Pik As"


Liens


Sur les pilotes de la Luftwaffe :
Leutnant Harti Smiedel, pilote de chasse au Mont de Huisnes
Hans Fuss à l'invalidenfriedhof Berlin

Sur les Messerchmitt BF 109 
Me 109 du musée de Sinsheim
Me 109 du musée de Prague
Me 109 au meeting de Rennes
Me 109 du musée Speyer