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mardi 5 mai 2026

Le dernier combat du SS Obersturmführer Rudolf Wildhagen

En juillet 1944, durant l’Opération Cobra en Normandie, la 2.SS-Panzer-Division « Das Reich » tente de ralentir la percée américaine dans le secteur de Périers et Coutances. Parmi les officiers engagés dans ces combats figure le SS-Obersturmführer Rudolf Wildhagen, commandant de la 8./SS-Panzer-Regiment 2. À travers les archives américaines, les cartes du champ de bataille et les lieux encore visibles aujourd’hui, retour sur le dernier combat de cet officier de la Waffen-SS dans le bocage normand. 

Qui est Rudolf Wildhagen ? 

 
Rudolf Wildhagen est né à Hannovre en Basse-Saxe, le 6 novembre 1921.
Comme nous allons le voir il a fait toute sa carrière au sein de la SS-Division "Das Reich" : 
En 1941, à l'âge de 19 ans, il est SS-Rottenführer au SS-Panzerjäger.Abteilung 2.
En 1942, il est SS-Standartenoberjunker en tant que Zugführer (chef de section) à la 1./SS-PzJg.Abt 2. Son unité combat sur le front de l'est dans le secteur de Kharkov, le Don à l'été 1942 et le Caucase.
Il devient SS-Untersturmführer au sein du III./SS-Panzer.Regiment 2 en 1943. Le SS-Panzer-Regiment comprend III.Abteilungen et est engagé lors de l'Opération Zitadelle à Koursk mais après la bataille titanesque l'Abteilung est dissoute. 
Le 9 novembre 1943, Wildhagen est nommé SS-Obersturmführer et commande la 8./SS-Pz.Rgt.2. Sa Kompanie est sous les ordres du  SS-Sturmbannführer Dieter Kesten ( † 03/04/1945) qui est à la tête de la II. Abteilung du Panzer-Regiment 2.
 

La 8.Kompanie du SS-Panzer-Regiment 2 à Caylus

 
Le camp de Caylus est appelé le "Berglager Caylus", le "camp de montagne de Caylus" par les Allemands. Le relief est vallonné, des côtes à 7-9%, comme le montre cette vue prise depuis La Capelle-Livron, à proximité du camp. 
 
Début 1944, après les durs combats sur le front de l'Est, le Panzer-Regiment de la "Das Reich" est reconstitué en Occitanie, dans le Tarn et Garonne. Si plusieurs Kompanien prennent place à Caussade et à Septfonds. Celle de Wildhagen prend ses quartiers au Camp militaire "Les Espagots", un vaste terrain militaire, toujours actif, situé à côté du village de Caylus. 
 
La 8.Kompanie de Wildhagen est constituée temporairement de Stug.III. Une belle version de ce chasseur de char est exposé au Panzermuseum de Munster.

Contrairement aux autres Panzer-Kompanien, la 8. Kompanie n'a pas encore reçu ses Panzer IV et se contente, pour l'instruction, de treize Sturmgeschütze de l'ancienne 11.Kompanie. Toutefois seize Panzer IV seront livrés à l'arrière du front de Normandie à la fin juin 1944, mieux vaut tard que jamais. 
 
Un Panzer IV Ausf H de la 8./SS-Pz.Rgt 2, et dépourvu de Schürzen, est immobilisé à Saint-Denis-Le-Gast en Normandie
 

L'Opération Cobra 

Le 25 juillet, les Américains lancent l'opération Cobra destinée à percer le front. Le bombardement de préparation couvre une zone de dix kilomètres sur deux entre Périers et Saint Lô, le secteur tenu par la Panzer-Lehr Division qui est, de ce fait, durement touchée. La 2.SS-Panzer-Division "Das Reich", tout comme les restes de la 17. SS-Panzergrenadier-Division "Götz von Berlichingen" qui couvraient le secteur gauche de la Panzer-Lehr sont menacées d'encerclement. Les Américains ont percé, leurs troupes sont au nord, à l'est et bientôt au sud. 

Carte des positions connues des blindés de la 2.SS-Panzer-Division « Das Reich » au matin du 27 juillet 1944. 

Les combats de Périers pendant l’Opération Cobra – 27 juillet 1944

Sous la pression, Les troupes allemandes sont contraintes au repli, la 2.SS-Panzer-Division "Das Reich", en défense, livre des combats retardataires. Pour la 90th Infantry Division, la ville de Périers, quasiment détruite par l'artillerie américaine les jours précédents, ouvre la voie vers Coutances.

Carte du front dans ce secteur de Normandie au matin du 27 juillet 1944 

Dès le matin, le 712th Tank Battalion et le 359th Infantry Regiment sont au nord de Périers, mais ils sont retardés dans leur avancée par les nombreux champs de mines. En attendant, les Waffen-SS de la 2. SS-Panzer-Division « Das Reich », de la 17. SS-Paznergrenadier-Division "Götz von Berlichingen" et d'autres fantassins isolés (comme par exemple les parachutistes du Fallschirmjäger-Regiment 6), constituent tant bien que mal une nouvelle ligne de front. Un Kampfgruppe est constitué et cinq Panzer IV, dont celui du SS-Obersturmführer Wildhagen, prennent alors position à "La Calfeutrerie" à environ 1,5 kilomètres au sud de Périers, pour bloquer l'axe sur Coutances. 

Sur cette photo. Périers au nord où les blindés du 712th Tank Battallion viennent d'arriver. Au sud, la Kampfgruppe est positionnée dans le secteur de "La Calfeutrerie". Un Stuart explose lors de la tentative de contournement.

A 16h00, la Company D du 712th Tank Battalion s'élance vers Périers en reconnaissance avant de poursuivre sa route à travers la ville, en direction de Coutances, sur l'actuelle D 971. Le 1st Platoon repère  alors la Kampfgruppe au niveau de "La Calfeutrerie". Les modestes Stuart, ces chars légers de 15 tonnes à peine armés d'un canon de 37 mm, marquent aussitôt l'arrêt dans l'attente des Sherman de la Company B, en soutien. Le 3rd Battalion du 359th I.R qui a rejoint le 1st Platoon engage le combat "contre un solide détachement allemand" mais les Américains se heurtent à un mur.  La présence des Panzer IV d'un côté et l'impossibilité de mettre en place des armes antichars pour les contrer de l'autre conduit momentanément à une impasse. 

Les Américains victimes des Allemands  

L'un des Sherman arrivé en soutien ouvre le feu sur les Panzers, tandis qu'une colonne blindée (une section du 3rd Platoon de la Company D et une section de la Company B), appuyée par un peloton d'infanterie (359th I.R), tente de contourner la Kampfgruppe par l'est, s'engageant sur une route étroite et parallèle.  

Manque de chance, les Allemands, qui ne manque pas d'expérience, avaient devancé leurs mouvements et piégé le chemin. Après avoir parcouru un kilomètre et demi, la colonne arrive à une intersection. "Boum !" Le Stuart de tête explose sur une mine antichar artisanale, chargée d'environ 180 kg de TNT. Le char est projeté dans les airs par la violence de l'explosion. Le conducteur et le mitrailleur de caisse sont tués, tandis que le tireur et le chef de char sont grièvement blessés. Deux soldats du 359th Infantery Regiment perdent également la vie. 

Au sud de Périers, une stèle est érigée au carrefour où le char de tête a sauté sur un mine allemande. La colonne américaine devait continuer sa route tout droit, le bocage normand dans toute sa splendeur.  

Mais pour les tankistes de la 2.SS-Panzer-Division « Das Reich », le répit fut bref. A 19h10, les Panzers, submergés par l'ennemi, sont signalés détruits. Quatre des cinq blindés sont effectivement mis hors de combat. Après quelques recherches, notamment dans les archives américaines, trois Panzers ont été détruits en combat rapproché par des tirs de bazooka et le quatrième par l'artillerie. Tragiquement le char de Wildhagen figure parmi les victimes. L'officier est officiellement déclaré mort ce 27 juillet 1944.

Ce que l'on note :

Malgré l'arrivée en nombre des chars moyens Sherman, les Panzers ne furent pas détruits par leur feu. Réciproquement, aucun blindé américain ne succomba aux tirs des Panzers IV. L'aviation n'est pas non plus intervenue. Il s'agissait donc d'un combat rapproché,  typique du bocage : une lutte de haie à haie, du moins pour trois d'entre-eux.

Durant la nuit du 27-28 juillet, les Allemands entament leur retraite.  

Je ne connais pas les noms des autres chef de char allemands, ni ceux de leur équipage : Peut-être ont-ils  survécu à cette confrontation, peut-être pas. Les corps peuvent être enterrés à Marigny,  une vérification qui méritera, le moment venu, une autre visite ! 

Un résumé de la journée du 27 juillet 1944 su cette carte du secteur de Périers utilisée par de l'US Army


Conclusion

Le combat de Rudolf Wildhagen illustre parfaitement la violence des affrontements du bocage normand durant l’Opération Cobra. Face à la supériorité matérielle américaine, les derniers blindés de la 2.SS-Panzer-Division « Das Reich » tentèrent de ralentir la percée alliée vers Coutances. Pour preuve, ils Américains signalent avoir détruit deux Panther durant leur marche vers la ville.  

Et maintenant une carte pour la journée du 28 juillet, où l'on voit nettement que la ligne de front s'est écroulée.

Carte de la ligne de front au 28 juillet 1944

  

La tombe du SS-Obersturmführer Rudolf Wildhagen

Le Kompanieführer Rudi Wildhagen est inhumé au cimetière militaire allemand de Marigny au bloc 2, rangée 28, tombe 1059. Il partage sa croix avec le jeune SS-Grenadier Horst Döring.

La résistance du SS Obersturmführer Rudolf Wildhagen
Cimetière militaire allemand de Marigny où se trouve l'Obersturmführer Rudi Wildhagen

Tombe du SS-Obersturmführer Rudolf Wildhagen au cimetière militaire allemand de Marigny en Normandie

Le cimetière militaire allemand de Marigny

 
La résistance du SS Obersturmführer Rudolf Wildhagen
Cimetière militaire allemand de Marigny
 
Le Deutscher soldaten Friedhof de Marigny se situe en rase campagne au nord de Marigny (commune de Thèreval) dans la Manche.
Créé après la guerre, forcément, des soldats américains mais aussi allemands (4 246) y étaient enterrés. Dans les années 50, les dépouilles américaines sont transférées à Saint Laurent-sur-Mer mais celles des Allemands restent sur place et sous administration française, le nombre de morts monte à 5 713.
 
Cette vue montre la présence des deux cimetières militaires, avant que les corps des Américains ne soient transférés à Saint Laurent-Sur-Mer.  
 
Le cimetière est réaménagé de 1958 à 1960 et inauguré par le Volksbund le 2 septembre 1961. De nouvelles dépouilles provenant des villages ou bien tout simplement retrouvées pendant des travaux viennent agrandir le cimetière qui compte maintenant 11 169 personnes inhumées.

Rassemblant principalement les victimes de cette région de Normandie, on y trouve des marins, des pilotes, des soldats de la Panzer-Lehr Division, de la 17. SS-Panzer-Grenadier Division "Götz von Berlinchingen", de la Das Reich.  Pour information, le SS-Obersturmbannführer Erwin Horstmann est inhumé dans ce cimetière.  

La résistance du SS Obersturmführer Rudolf Wildhagen
Cimetière militaire allemand de Marigny

Sur le sujet nous lirons

 
"Opération Cobra" de Georges Bernage aux éditions Heimdal
Panzers Normandie 44 "SS-Panzer-Regiment 2 DR" de Stephan Cazenave au éditions Maranes
Panzerjäger SS-Pz.Jg.Abt.2 de Pierre Tiquet aux éditions Heimdal
Historica n°67 Opération Cobra aux éditions Heimdal 
After Action Report 709th Tank Battalion July 44-April 45
After Action Report 90th Division July 1944
After Action Report VIII Corps   

Liens 

dimanche 26 mai 2024

Christian Tychsen und der tödliche Hinterhalt

La version française est disponible ici 

Ich stehe vor einem Grab, es ist Morgen, niemand ist auf dem Friedhof, es gibt keinen Lärm außer ein paar Vogelgesängen, die erfreulicher sind als das Krächzen der Raben und Krähen, es ist Frühling. Mit all den Kreuzen und Tafeln auf dem Boden ist die Atmosphäre entweder traurig oder ehrfürchtig, für mich beides. Vor einigen Jahren hatte ich einen kleinen Rückblick auf das SS-Panzer-Regiment 2 "Das Reich" im Departement Tarn et Garonne gemacht und war nach Caussade gefahren, wo 1944 Christian Tychsen, SS-Obersturmbannführer und Kommandeur des Panzerregiments, auf einem Platz stand. Heute stehe ich nun also in der Normandie vor seinem Grab auf dem deutschen Soldatenfriedhof in Marigny

Caussade 20. April 1944. Parade auf dem Place Léon de Maleville, mit SS-Obersturmbannführer Tychsen zu seiner Rechten SS-Sturmbannführer Kesten

 

"Das Reich" im Sommer 1944 

Nehmen wir den Faden der Geschichte wieder auf. Während das SS-Panzer-Regiment 2 "Das Reich" in Tarn et Garonne ausgebildet wird, erhält die SS-Panzer-Division Anfang Juni 1944 den Befehl, sich sofort an die Invasionsfront zu begeben. Sie muss nach Norden aufsteigen und mehrere hundert Kilometer zurücklegen. Die Strecke wird ein wenig mit dem Zug zurückgelegt, aber auch viel auf der Straße, wo sie dem Beschuss durch Widerstandskämpfer und den Angriffen der Jabos ausgesetzt ist. Christian Tychsen führt das Panzerregiment der Division "Das Reich" an und Ende Juli ist seine Einheit auf der Seite von Coutances-Cerisy la Salle, östlich des Flusses Sienne, positioniert. Ich lade Sie ein, SS-Panzer-Regiment 2 DR vom Maranes-Verlag zu lesen, um die Kämpfe des SS-Panzer-Regiments in der Normandie zu verfolgen. 

SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen

 Der Kessel von Roncey am 28. Juli 1944

Nach dem Ausbruch der Operation Cobra, die am 25. Juli 1944 von der 1st US Army gestartet wurde, rücken die Amerikaner weiter in Richtung Avranches vor. Die Aufgabe besteht darin, die deutschen Truppen einzukreisen und zu vernichten, die in einer großen Tasche eingeschlossen werden. Es handelt sich um die Fallschirmjäger der 91.Luftlandedivision, die Waffen-SS der 17. SS Panzergrenadier Division "Götz von Berlichingen" und der 2. SS-Panzerdivision "Das Reich" sowie weitere Infanterieeinheiten der Wehrmacht. An diesem Morgen des 28. Juli im Sektor Roncey wurden die deutschen Stellungen von Süden her von der 30th US Infantry Division, verstärkt durch die Shermans der 2nd US Armored Division, die in Richtung Westen vorrückten, überrannt.

28. Juli 1944, die Kessel von Roncey. Nach einem fast unmöglichen Gegenangriffsversuch in Richtung Osten versuchen die deutschen Truppen einen Rückzug in Richtung Südwesten. Der Gefechtsstand der 2. SS-Panzerdivision "Das Reich" befindet sich in der Nähe der amerikanischen Stellungen an der Kreuzung "Hauts-Vents". Rot eingekreist: der Hinterhalt.

Zu allem Überfluss sind auch noch die Jabos, die Jagdbomber, im Einsatz. Für die Deutschen wird die Lage kritisch, da sich die Kessel unaufhaltsam schließt. Die Amerikaner riegelten die Kreuzungen mit Panzern und Infanterie ab. Flugzeugangriffe führen zu Staus auf den Straßen und die Artillerie kommt zum Einsatz. Trotz ihrer immer noch großen Feuerkraft waren die Deutschen blockiert und mussten einen Teil ihrer Ausrüstung, Panzer, Lastwagen und Kanonen zurücklassen. 

Dieser Panzer IV Ausf H Nr. 831 des 8./SS-Pz.Rgt. 2 wird nicht aus der Tasche kommen, da er auf der Höhe der 34 avenue des Tilleuls in Saint-Denis-Le-Gast festgesetzt wurde. Die tragenden Rollen haben gelitten.


Das gleiche Haus, Heute

Der Hinterhalt am 28. Juli 1944

Es ist gegen 16 Uhr, als ein Kübelwagen auf der Départementale 7 (Achse Coutances-Gavray-sur-Sienne) in Richtung Süden fährt. In ihm am Steuer sitzt der Fahrer SS-Rottenführer Rolf Lemke, sein Beifahrer auf der rechten Seite ist SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen, auf der Rückbank sitzt SS-Obersturmführer Frotscher. Die drei Personen müssen auf der Hut sein, denn die Front bewegt sich seit dem Vormittag rasend schnell.

 

Die Kreuzung von Hauts-Vents im Jahr 1947, Nachstellung des Hinterhalts. Der Kübelwagen kam aus dem Norden und wollte nach Westen in Richtung Trelly fahren (orangefarbene Linie), aber die amerikanischen Panzer waren östlich der Kreuzung in einem Hinterhalt positioniert. Unter Beschuss genommen, endete die Fahrt des Kübelwagens an der Kreuzung.

Die Hauts-Vents

Der Wagen will gerade an der Kreuzung der D49 im Ort "Les Hauts-Vents" in Richtung Trelly abbiegen, wo sich nicht weit entfernt ein Bauernhof befindet, bei dem es sich um den Kommandoposten der 2. SS-Panzerdivision "Das Reich" handelt. Als der Wagen gerade abbiegen will, wird er Opfer eines intensiven und heftigen Maschinengewehrfeuers. Der Kübelwagen geriet in Seenot, die Fahrer Lemke und Tychsen blieben leblos auf der Vorderseite liegen und das Auto kam an der Kreuzung zum Stehen. Der hintere Passagier Frotscher konnte jedoch aus dem Auto springen und sich in Sicherheit bringen, bevor er trotz eines Schusses in den Hintern und anderer Verletzungen schnell in Richtung Westen flüchtete. Was ist passiert ?

Wenn wir uns die Luftbilder und Karten aus der Zeit ansehen, stellen wir fest, dass sich die Orte nicht verändert haben und die Häuser noch immer da sind. Es ist daher leicht, den Weg des Kübelwagens nachzuvollziehen.

An diesem Nachmittag des 28. Juli 1944 versuchten die Amerikaner, die Kessel von Roncey zu schließen. Zu diesem Zweck wurden Sherman-Panzer, die durch Infanterie verstärkt wurden, an die Straßenkreuzungen geschickt. So positionieren sich zwei Shermans M4 der H company des 67th Armored Regiment mit ihrer Infanterie an der Kreuzung "Hauts-Vents". Eine Piper L-4 "Grasshopper" wird am Himmel beobachtet. 

An der Kreuzung "Les Hauts-Vents" will der Kübelwagen nach rechts abbiegen, doch zwei Shermans lauern links auf ihn.

Die gerade Linie auf der D7, die nach Coutances führt, wo noch immer deutsche Truppen stationiert sind, ist mehrere Kilometer lang. Wer sich an der Kreuzung positioniert, hat also freie Sicht und es ist für den deutschen Kleinwagen schwierig, dem amerikanischen Kommando zu entkommen, das ihn aus der Ferne gesehen und gehört haben muss. Für den Fahrer des Kübel, SS-Rottenführer Lemke, versperrten die beiden Häuser an der Kreuzung die Sicht zur Seite - eine ideale Falle.

Die Kreuzung von Hauts Vents, die D7 in Richtung Coutances. Der Kübelwagen kam uns entgegen und wollte gerade nach links abbiegen.

Der Kübelwagen näherte sich der Kreuzung, als er von einem der beiden Shermans mit einem Maschinengewehr (7.62 oder 12.7) beschossen wurde. Der Schütze war Russel Needles, natürlich war er nicht der einzige, der das Feuer eröffnete, die GIs waren wohl nicht zimperlich.
Lemke scheint sofort tot gewesen zu sein, Tychsen, falls er verletzt war, hatte wohl nur einen kurzen Todeskampf, da sein Brustkorb von allen Seiten mit Maschinengewehren beschossen wurde. Hinten konnte SS-Obersturmführer Frotscher den Kugeln nicht ausweichen, aber es gelang ihm dennoch, aus dem Auto zu springen und sich hinter einer Hecke zu verstecken, bevor er sich zu Fuß zum Divisionsgefechtsstand begab. Wenn sich der Gefechtsstand einen Kilometer westlich der Kreuzung befindet, muss die Schießerei zu hören gewesen sein, denn eine 12,7 mm-Kanone macht Lärm, wenn sie nicht gerade Ladehemmungen hat.
In der Nähe des Gefechtsstandes stößt Frotscher auf die Waffen, die als Wachen aufgestellt sind. Er erstattet den Offizieren Bericht und lässt sich behandeln, da ihn eine Kugel am Gesäß getroffen hat. Die Deutschen versuchen, Funkkontakt mit den Amerikanern herzustellen, um den Kommandeur zurückzuholen, die Möglichkeit eines Gefangenenaustauschs wird erwähnt, aber der Anruf bleibt unbeantwortet...

Der Kübelwagen des SS-Obersturmbannführer Tychsen liegt an der Kreuzung D 49-D 7 in der Nähe eines Kreuzes (!) mit platten Reifen und offener Motorhaube. Auf dem Foto wird ein anonymer deutscher Gefangener in einem Jeep abgeführt. Was ist das Objekt, das neben dem Kübel liegt, ein Metallgestell mit einem Verdeck? In der Nähe der Häuser scheint ein Körper einige Meter neben dem deutschen Auto zu liegen. Ist es Lemke, Tychsen oder ein Kamerad des Gefangenen?

 
Die Örtlichkeiten haben sich nicht verändert, wir sehen, dass der Sherman entlang des Hauses auf der rechten Seite in Stellung war.

Eine deutsche Patrouille wird daraufhin in Richtung der Kreuzung geschickt. Natürlich stellt die Waffen-SS fest, dass die Amerikaner immer noch da und gut bewaffnet sind, sodass die Patrouille nicht an den Kübelwagen herankommt. Getarnt beobachten sie die Szene und stellen bitter fest, dass SS-Rottenführer Lemke noch immer am Steuer des Wagens liegt, der Kommandeur aber nicht mehr da ist. Sie sind gezwungen, umzukehren und berichten dem Gefechtsstand.

Da es keine Leiche gibt, sind alle Vermutungen möglich: Ist Christian Tychsen tot oder verwundet, wenn ja, wurde er irgendwohin evakuiert?
Die Realität ist bitter: Christian Tychsen ist tatsächlich an der Kreuzung Hauts-Vents gestorben. Die Amerikaner berauben seinen Leichnam, sie reißen ihm seine Orden ab, nehmen ihm den Gürtel ab, nehmen ihm sein Soldbuch und seine Erkennungsmarke weg - das werden Kriegserinnerungen sein. Tychsen wird anonym an der Kreuzung begraben, er ruht in der Erde mit seiner Uniform, die immerhin noch seine Dienstgrade am Kragen trägt, und seinen Stiefeln. Der Ort seines provisorischen Grabes ist dennoch vermerkt, er wird nicht wie der in der Mayenne gefallene SS-Sturmbannführer Ludwig Kepplinger vergessen werden.
Der am 25. März 1905 in Berlin geborene SS-Rottenführer Lemke wird am 31. Juli 1944 mit seiner Erkennungsmarke in Saults beerdigt (das Problem ist, dass ich in der Nähe von Trelly keine Saults finde). Seine sterblichen Überreste blieben dort bis Ende Oktober 1944, bevor sie von den amerikanischen Behörden exhumiert wurden. Nach seiner Identifizierung wird er auf den gesamten Militärfriedhof gebracht.

SS-Obersturmführer Frotscher

Es bleiben Fragen offen...

Laut der Website dday-overlord.com (https://www.dday-overlord.com/bataille-normandie/communes/manche/trelly) begannen die Shermans am 28. Juli nach ihrer Ankunft an der Kreuzung den Kampf gegen einen deutschen Konvoi, Fahrzeuge wurden zerstört und eine Zivilistin, die 23-jährige Paulette le Collet, wurde durch eine verirrte Kugel getötet. Ein zweiter Konvoi wird von den Shermans beschossen, dann kommt der Kübelwagen... Man fragt sich, warum die Besatzung des Kübelwagens dieses Gemetzel nicht gesehen hat, bevor sie am Ort des Geschehens ankam. Ein weiterer Punkt ist, dass es eine Paulette Lacolley gibt, die in Trelly geboren wurde und dort wohnte, aber am 7. August 1944 in Coutances an den Folgen ihrer Verletzungen gestorben sein soll?
Und schließlich: Warum wurden Tychsen und Lemke einige Kilometer voneinander entfernt begraben ?

Der deutsche Soldatenfriedhof in Chêne-Guerin

Ab dem 7. August 1944 legten die Amerikaner in der Nähe von Chêne-Guerin, im Weiler "Les Landelles", einen provisorischen Friedhof an, um die sterblichen Überreste der während der Kämpfe getöteten Soldaten aufzunehmen. Es wurden zwei Grabfelder angelegt, ein amerikanisches und ein deutsches (1628 Opfer, darunter Hiwis). Die beiden Grabfelder sind durch die Straße voneinander getrennt.
SS-Obersturmführer Tychsen wird am 29. Oktober 1944 vom Straßenrand exhumiert, die genaue Stelle muss in den amerikanischen Archiven verblieben sein. Sein Körper, der noch nicht identifiziert ist, wird in Les Landelles in einem unbekannten Grab in Block P, Reihe 4 Grab 74 beigesetzt.
Sein Fahrer, SS-Rottenführer Lemke, kommt am 25. Januar 1945 auf den Friedhof. Er wird in Block M Reihe 10 Grab 196 beigesetzt.
Im Laufe der Jahre wird der Friedhof, der Friedhof der "Krauts", wie die örtliche Bevölkerung sagt, immer weniger gepflegt, Brombeerranken überwuchern den Ort, einigen Verstorbenen wurden sogar die Goldzähne herausgerissen.
1954 wollten die Landwirte, denen das Gelände gehörte, ihre Felder zurückhaben, so viel zu den Leichen, die dort lagen, der Groll war hartnäckig. Schließlich begann der Volksbund 1957 mit der Umbettung der deutschen Soldaten und Hiwis auf den deutschen Militärfriedhof in Marigny, wo sie gut behütet und ihre Gräber gepflegt werden sollten. 

Juni 1947, die beiden Friedhöfe liegen entlang der Straßenränder. Der deutsche Teil glänzt durch seine Schlichtheit


1955. Der amerikanische Soldatenfriedhof ist verschwunden, es gibt nur noch den deutschen, der schlecht gepflegt war.


Der deutsche Soldatenfriedhof in Marigny

1968 (oder 1967) exhumiert der Volksbund die Leiche eines unbekannten Offiziers, "Ein Deutscher Soldat". Sein Skelett weist offensichtlich Verletzungen auf (Schulter, Oberschenkel und Bein), aber auch, und das ist ein wichtiger Hinweis, eine Brücke mit acht Goldzähnen im Unterkiefer. Auf dem oben geposteten Portraitfoto ist zu sehen, dass sein Kiefer 1942 durch eine sowjetische Granate schwer verletzt wurde. Auch die Größe und das ungefähre Alter stimmen mit denen von Tychsen überein. Seine Identifizierung ist somit bestätigt.
SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen ruht jetzt in Block 5 Reihe 24 Grab 1196 

Deutscher soldatenfriehof Marigny

Das Grab von Christian Tychsen

Das Grab von Christian Tychsen

SS-Rottenführer Rolf Lemke wurde ebenfalls auf dem Friedhof von Marigny in Block 5 Reihe 29 Grab 1437 beigesetzt.

 

Der Tiger von Munster

Im Zusammenhang mit der Division "Das Reich" habe ich einige Artikel über die Tiger geschrieben, die in Frankreich im Panzermuseum in Saumur und in Vimoutiers in der Normandie ausgestellt sind. Sie wurden bisher nicht ins Deutsche übersetzt...

mardi 21 mai 2024

Christian Tychsen et l'embuscade fatale

 

Me voilà devant une tombe, c'est le matin il n'y a personne dans le cimetière, il n'y a aucun bruit si ce n'est quelques chants de petits oiseaux , plus réjouissant que le croassement des corbeaux et des corneilles, c'est le printemps. Avec toutes ces croix et plaques au sol, l'ambiance incite à la tristesse ou au respect, les deux à la fois pour ma part. Il y a quelques années, j'avais fait un petit retour sur le terrain sur le SS-Panzer-Regiment 2 "Das Reich" dans le Tarn et Garonne, je m'étais rendu à Caussade où se tenait sur une place en 1944 Christian Tychsen, SS-Obersturmbannführer et Kommandeur du régiment de Panzers. Aujourd'hui, je me retrouve donc en Normandie devant sa tombe au cimetière militaire allemand de Marigny

La "Das Reich" à l'été 1944

Reprenons le fil de l'Histoire, alors que le SS-Panzer-Regiment 2 "Das Reich" est en formation dans le Tarn et Garonne, début juin 1944 la SS-Panzer-Division reçoit l'ordre de se rendre immédiatement sur l'invasionsfront, elle doit remonter vers le nord et parcourir plusieurs centaines de kilomètres. Le trajet est effectué un peu en train mais aussi beaucoup par la route où elle doit essuyer les tirs des résistants et les attaques de Jabos. Christian Tychsen est à la tête du régiment de panzers de la division "Das Reich" et à la fin juillet, son unité est positionnée du côté de Coutances-Cerisy la Salle à l'est de la rivière Sienne. Je vous invite à lire SS-Panzer-Regiment 2 DR des éditions Maranes pour suivre les combats du SS-Panzer-Regiment en Normandie.

SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen

 

 La poche de Roncey au 28 juillet 1944

Après le déclenchement de l'opération Cobra lancée le 25 juillet 1944 par la 1st US Army, les Américains continuent d'avancer en direction d'Avranches, la mission est d'encerclée et d'anéantir les troupes allemandes qui seront enfermées dans une vaste poche. Il s'agit des parachutistes de la 91.Luftlande Division, des Waffen SS de la 17. SS Panzergrenadier Division "Götz von Berlichingen" et de la 2. SS-Panzerdivision "Das Reich" et d'autres unités d'infanterie de la Wehrmacht.

Un extrait du journal américain "Le Messager" du 28 juillet 1944. Le front défensif allemand s'écroule.

En ce matin du 28 juillet dans le secteur de Roncey, les positions allemandes sont prises à revers depuis le sud par la 30th US Infantry Division renforcée par les Shermans de la 2nd US Armored Division qui progressent vers l'ouest. Depuis maintenant deux jours, suite à la blessure du SS-Brigadeführer Heinz Lammerding lors de la bataille de Sainteny, Christian Tychsen est provisoirement le Kommandeur de la 2. SS Panzer-Division "Das Reich".

28 juillet 1944, la poche de Roncey. Après une tentative de contre-attaque quasi impossible vers l'est, les troupes allemandes vont tenter un repli vers le sud-ouest. Le PC de la 2. SS-Panzerdivision "Das Reich" est situé à proximité des positions américaines au carrefour des "Hauts-Vents". Cerclé de rouge, l'embuscade.  

Pour ne rien arranger, les Jabos, les chasseurs bombardiers sont aussi de sortie. Pour les Allemands la situation s'avère critique, la poche se referme inexorablement. Les Américains verrouillent les carrefours en y postant des chars et de l'infanterie. L'attaque des avions crée des embouteillages sur les routes, l'artillerie entre en action. Malgré une puissance de feu encore importante, les Allemands sont bloqués et doivent abandonné une partie du matériel, chars, camions et canons.    

Ce Panzer IV Ausf H Nr 831 de la 8./SS-Pz.Rgt 2 ne sortira pas de la poche puisqu'il a été immobilisé au niveau du 34 avenue des Tilleuls à Saint-Denis-Le-Gast. Les galets porteurs ont souffert.
La maison de nos jours, le blindé à plusieurs millions d'euros a certainement été ferraillé 
 

Le 28 juillet 1944, l'embuscade

 
Il est environ 16 heures, lorsque une Kübelwagen roule en direction du sud sur la Départementale 7 (axe Coutances-Gavray-sur-Sienne). A son bord au volant, il y a le conducteur le SS-Rottenführer Rolf Lemke, son passager à droite est le SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen, assis à l'arrière le  SS-Obersturmführer Frotscher. Les trois personnages doivent être sur leurs gardes, le front bouge à toute allure depuis la matinée.
 
La voiture s'apprête à tourner à l'intersection de la D49 au lieu-dit "Les Hauts-Vents"  pour prendre la direction de Trelly où se trouve non loin une ferme qui est le Poste de Commandement de la  2. SS-Panzerdivision "Das Reich". Alors qu'il s'apprête à tourner, le véhicule est victime d'un mitraillage intensif et violent. La Kübelwagen est en perdition, le chauffeur Lemke et Tychsen inanimés s'affalent sur l'avant et la voiture s'immobilise au carrefour, le passager arrière Frotscher parvient néanmoins à sauter de la voiture et à se mettre à l'abri avant de s'enfuir rapidement en direction de l'ouest malgré une balle dans les fesses et on s'en doute d'autres blessures. Que s'est il passé ?
 
Le carrefour des Hauts-Vents, reconstitution de l'embuscade. La Kübelwagen venait du nord pour se diriger à l'ouest vers Trelly (ligne orange) mais les blindés américains étaient positionnés en embuscade à l'est du croisement. Prise sous le feu, le voyage de la Kübelwagen s'est arrêtée au croisement.
 

Les Hauts-Vents

 
Lorsque l'on regarde les images aériennes et les cartes d'époque nous remarquons que les lieux n'ont pas changé, les maisons sont toujours là. Il est donc facile de retracer le parcours de la Kübelwagen.
 
En cet après-midi du 28 juillet 1944, les Américains tentent de fermer la poche de Roncey, pour cela des chars Shermans renforcés par de l'infanterie sont envoyés aux carrefours des routes. C'est ainsi  que deux Shermans M4 de la H company du 67th Armored Regiment avec son infanterie se positionnent au carrefour des "Hauts-Vents". Un piper L-4 "Grasshopper" est en observation dans le ciel.

Le carrefour "Les Hauts-Vents", la Kübelwagen s'apprête à tourner à droite mais deux Shermans sont en embuscade à gauche.   

La ligne droite sur cette D7 qui mène à Coutances où son encore stationnées des troupes allemandes est longue, plusieurs kilomètres, la vue est donc dégagée pour celui qui se positionne au carrefour et il est difficile à la petite voiture allemande d'échapper au détachement américain qui a du la voir et l'entendre de loin. Pour le chauffeur de la Kübel, le SS-Rottenführer Lemke, les deux maisons située à l'intersection lui bouchent la vue latérale, le piège idéal.

Le carrefour des Hauts Vents, la D7 en direction de Coutances. La Kübelwagen arrivait face à nous et s'apprêtait à tourner sur notre gauche.  

La Kübelwagen s'approche du carrefour lorsqu'elle est prise sous le feu d'une mitrailleuse (7.62 ou 12.7) d'un des deux Sherman, le tireur serait Russel Needles, naturellement il n'était pas le seul à ouvrir le feu, les GI's n'ont pas du se gêner. 
Lemke semble avoir été tué sur le coup, pour Tychsen s'il était blessé son agonie du être brève, son thorax a été mitraillé de toute part. A l'arrière, le SS-Obersturmführer Frotscher n'a pas pu éviter les balles lui aussi mais il réussit tout de même à sauter de la voiture et à se cacher derrière une haie avant de rejoindre  le PC divisionnaire à pieds. D'ailleurs si le PC est situé à un kilomètre à l'ouest du carrefour, la fusillade a du s'entendre puisqu'une 12.7mm ça fait du bruit, lorsqu'elle ne s'enraye pas.
 
SS-Obersturmführer Joachim Frotscher
 
A proximité du PC, Frotscher tombe sur les Waffen-SS placés en sentinelles, il fait son rapport aux officiers et se fait soigner, une balle lui a touché le fessier. Les Allemands tentent d'établir un contact radio avec les Américains dans le but de récupérer le Kommandeur, la possibilité d'un échange de prisonniers est évoquée mais l'appel reste sans réponse...
 
 Pneus crevés, capot moteur ouvert, tout comme la porte conducteur, la Kübelwagen du SS-Obersturmbannführer Tychsen git  au carrefour de la D 49-D 7 près d'une croix (!). Sur la photo, un prisonnier allemand anonyme est emmené sous escorte en jeep. Quel est l'objet placé à côté de la Kübel, une armature métallique avec sa capote ? Près des maisons un corps semble allongé à quelques mètres de la voiture allemande, est ce Lemke, Tychsen ou un compagnon d'arme du prisonnier ? 
 
Les lieux n'ont pas changé, nous voyons que le Sherman était en position le long de la maison à droite. La route en face amenait au PC divisionnaire  

Mission : retrouvé Tychsen ! 

 
Une patrouille allemande est alors envoyée en direction du carrefour, naturellement les Waffen SS constatent que les Américains sont toujours là et bien armés, la patrouille ne peut pas s'approcher de la Kübelwagen. Camouflés, ils observent la scène et constatent amèrement que le SS-Rottenführer Lemke git toujours au volant de la voiture mais que le Kommandeur n'est plus là. Ils sont contraint de rebrousser chemin et font le rapport au PC.
 
Une Kübelwagen exposé au Deutsches Panzermuseum de Munster. C'est dans ce type de véhicule que le SS-Obersturmbannführer Tychsen  et son chauffeur le SS-Rottenführer Lemke perdent la vie 

Avec l'absence de corps toutes les suppositions sont possibles : Christian Tychsen est mort ou blessé ? si oui a t-il été évacué quelque part ? 
La réalité est amère, Christian Tychsen est bien mort au carrefour des Hauts-Vents. Les Américains dépouillent son cadavre, ils lui arrachent ses décorations, lui enlèvent son ceinturon, lui prennent son soldbuch, sa plaque d'identification, ce seront des souvenirs de guerre.
Tychsen est ensuite enterré au carrefour de manière anonyme, sans doute pas dans la journée même, si on se réfère au cas de son chauffeur Rolf Lemke que nous pouvons lire ci-dessous. Tychsen repose sous terre avec son uniforme et ses grades au col. L'endroit de sa tombe provisoire est tout de même noté.

Le SS-Rottenführer Lemke, qui était né à Berlin le 25 mars 1905, est enterré au lieu-dit "Les Saulx" avec sa plaque d'identification, le 31 juillet 1944, soit quelques jours après sa mort. Il est déclaré officiellement décédé le 29 juillet 1944, soit le lendemain de l'embuscade.  
 Le lieu-dit est situé à environ 1,5 km au sud-est du carrefour des Hauts-Vents. Pourquoi a t-il été enterré là-bas ? Est ce que "Les Saulx" était devenu un poste de secours provisoire ? 
Sa dépouille y restera jusqu'à la fin octobre 1944, avant d'être exhumé par les services américains. Identifié, il rejoindra le cimetière militaire allemand de Chêne-Guerin. 
 
Le lieu-dit "Les Saulx" où a été enterré le SS-Rottenführer Lemke, le chauffeur du SS-Obersturmbannführer Tychsen

 

Des questions demeurent...

 
D'après le site internet dday-overlord.com, le 28 juillet, dès leur arrivée au carrefour, les Shermans engagent le combat contre un convoi allemand. Des véhicules sont détruits et une civile, Paulette le Collet 23 ans est tuée d'une balle perdue. Un second convoi est encore pris sous le feu des Shermans puis arrive la Kübelwagen...
1 - On se demande bien comment l'équipage de la Kübelwagen n'ait pas vu ce carnage avant d'arriver sur les lieux  ?
2 - Il y a bien une Paulette Lacolley, née et domiciliée à Trelly, mais elle serait décédée à Coutances, le 7 août 1944. Des suites de ses blessures ?
3- Enfin pourquoi Tychsen et Lemke ont été enterrés à quelques kilomètres l'un de l'autre ?
 
Le 28 juillet 1944, Louis Guillotte de la ferme la Noraiserie, sur la D 248 à 800 mètres au sud-ouest de Guéhébert, s'était rendu sur les lieux de l'embuscade rencontré les Américains (avec une bouteille maison ?). Il aurait pris le pistolet P38 et le masque à gaz de Lemke.

 

Le cimetière militaire allemand à Chêne-Guerin

 
A partir du 7 août 1944, les Américains  aménagent près de Chêne-Guerin, au hameau "Les Landelles" un cimetière provisoire pour accueillir les dépouilles des soldats tués pendant les combats, deux carrés sont créés, l'un américain, l'autre allemand (1628 victimes dont des Hiwis). Les deux carrés sont séparés par la route.
Le SS-Obersturmführer Tychsen est exhumé du bord de la route le 29 octobre 1944, l'emplacement exact doit être resté dans les archives américaines. Son corps qui n'est pas encore identifié est inhumé à Chêne-Guerin, en tombe inconnue : au bloc P, rangée 4 tombe 74.
Son chauffeur, le SS-Rottenführer Lemke rejoint le cimetière le 25 janvier 1945. Il est inhumé au bloc M rangée 10 tombe 196.
Au fil des ans, le cimetière, celui des "boches" comme dit la population locale, est de moins en moins entretenu, les ronces envahissent les lieux, certaines dépouilles ont même eu leurs dents en or arrachées.
En 1954, les agriculteurs, propriétaires du terrain veulent récupérer leur champ. Tant pis pour les corps qui y reposent, la rancoeur est tenace. Finalement en 1957, le Volksbund commence le transferts des soldats allemands et Hiwis vers le cimetière militaire allemand de Marigny, où ils seront bien gardés et leurs tombes entretenues. 
 
Juin 1947, les deux cimetières longent les bords de la route. La partie allemande brille par sa simplicité 

 
1955. Le cimetière militaire américain a disparu, il ne reste que l'allemand qui était mal entretenu.
  

Le cimetière militaire allemand de Marigny

 
 
Le Deutscher soldaten Friedhof de Marigny se situe en rase campagne à 2 kilomètres du village de Thèreval dans la Manche.
Créé après la guerre, forcément, des soldats américains mais aussi allemands (4 246) y étaient enterrés. Dans les années 50, les dépouilles américaines sont transférées à Saint Laurent sur Mer mais celles des Allemands restent sur place et sous administration française, le nombre de morts monte à 5 713. 
 

 
En 1957, le cimetière maintenant pris en main par le Volksbund compte de nouvelles arrivées dont notamment les soldats du cimetière des Landelles. Il est réaménagé de 1958 à 1960 et inauguré par le Volksbund le 2 septembre 1961. De nouvelles dépouilles provenant des villages ou bien tout simplement retrouvées pendant des travaux viennent agrandir le cimetière qui compte maintenant 11 169 personnes. 
 

Rassemblant principalement les victimes de cette région de Normandie, on y trouve des marins, des pilotes, des soldats de la Panzer-Lehr Division, de la 17. SS-Panzer-Grenadier Division "Götz von Berlinchingen", de la 2. SS-Panzerdivision Das Reich comme le SS-Obersturmführer Rudolf Wildhagen.
 

La tombe de Christian Tychsen

 
En 1968 (ou 1967), le Volksbund exhume le corps d'un officier inconnu, "Ein Deutscher Soldat". Dossier dentaire en main, les grades retrouvés identifient un SS-Obersturmbannführer. Son squelette montre visiblement des blessures (épaule, cuisse et jambe) mais aussi et c'est un indice primordial, celle d'un bridge avec 8 dents en or à la mâchoire inférieure. On peut voir sur la photo de son portrait postée plus haut que sa mâchoire avait été sérieusement blessée par une grenade soviétique en 1942. La taille et l'âge approximatif correspondent aussi à celle de Tychsen. Son identification est donc confirmée.
Le SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen repose maintenant au bloc 5 rangée 24 tombe 1196 

Tombe du SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen à Marigny

Tombe SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen Marigny


Le SS-Rottenführer Rolf Lemke est lui aussi inhumé au cimetière de Marigny au bloc 5 rangée 29 tombe 1437

Liens

 

Nous lirons


Naturellement comment ne pas évoquer l'excellent SS-Panzer-Regiment 2 DR des éditions Maranes, le livre a servi de base à cet article.
Normandie 1944 n°21, Enquête: la mort de Tychsen