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dimanche 16 août 2026

Sur la tombe de Jacques Doriot à Mengen

Durant l'été 2026, je me suis rendu une nouvelle fois en Allemagne, un pays que j'aime bien. Comme toujours, la préparation du voyage commence par celle du camping-car, puis vient le tracé de l’itinéraire sur une bonne vieille carte Michelin, avec une règle immuable : pas d’autoroutes aussi bien en France qu'en Allemagne !

Au programme de ce voyage, quelques châteaux liés à la famille Hohenzollern, la visite de München en famille — avec, bien entendu, l’inévitable séance de shopping. Après tout, c’est la condition  pour que je puisse imposer mes propres détours historiques !

C’est ainsi que, malgré une météo assez chaude en journée mais agréablement fraîche durant la nuit, nous avons pris la route de Sigmaringen et de son célèbre château. J’ai garé le camping-car sur le parking d’un supermarché Aldi, où d'ailleurs j'ai acheté des glaces, mais ça on s'en fout. Le parking est gratuit, pratique et surtout situé à seulement une dizaine de minutes à pied du centre historique et du château. 

Ensuite nous avons poursuivi notre itinéraire jusqu’à Mengen, où je souhaitais me rendre sur la tombe de Jacques Doriot, qui est mort le 22 février 1945 après le mitraillage de sa voiture par un avion allié. Sa tombe existe toujours aujourd'hui donc cela méritait une visite. 

Le château de Sigmaringen et les Français réfugiés en Allemagne

 

Le château de Sigmaringen où résidait Philippe Pétain et Pierre Laval appartient à la famille Hohenzollern

Le château de Sigmaringen a accueilli, entre septembre 1944 et avril 1945, une partie des principaux responsables de Vichy et surtout les dirigeants de la collaboration française réfugiés en Allemagne. Philippe Pétain est arrivé le 8 septembre et Pierre Laval le 9 septembre 1944. Ils sont accompagnés de leurs femmes mais aussi d'anciens ministres et secrétaires (Déat, Brinon, Darnand...). Près de 80 Français y résident tandis que plus d'un millier d'autres (1600 environ) logent en ville, des miliciens mais aussi des intellectuels, des journalistes. 
 
Vue sur le château de Sigmaringen côté cour

Louis-Ferdinand Céline décrit Sigmaringen dans son livre "D'un château l'autre"  :

"Nous là je dois dire l'endroit fut triste...touristes certainement ! mais spéciaux...trop de gales, trop peu de  pain et trop de R.A.F au dessus !...et l'armée Leclerc tout près...avançante...ses Sénégalais à coupe-coupe...pour nos têtes !" 

Rathaus Sigmaringen. La statue à l'angle de la mairie est le mémorial des soldats morts lors de la première et seconde guerre mondiale 
 
Jacques Doriot ne loge pas à Sigmaringen, mais plus au sud, au château de Mainau au bord du lac de Constance où il dirige le Comité de libération française. 
Le siège du "PPF" se trouvait au Schwabstraße 4 et celui du "R.N.P" au  Fürst-Wilhelm-Straße 23. Aucun de ces bâtiments n'a survécu à la démolition. Il existe une carte interactive sur la présence des Français, vous pouvez la consulter ici
 
Arrivée des Français à l'hôtel Löwen de Sigmaringen en septembre 1944. On y voit deux miliciens en uniforme.(Staatsarchiv Sigmaringen). Le docteur Destouche, Céline, y faisait ses consultations gratuitement.

 

Jacques Doriot : du communisme à la collaboration

Le 26 septembre 1898, Jacques Maurice Doriot naît à Bresles, dans l’Oise. Issu d’un milieu populaire, il devient ajusteur-monteur et syndicaliste et socialiste.

Arrivé le 18 avril 1917 en tant que 2ème Classe au 128ème R.I, il est muté et envoyé sur le front avec le 264ème R.I. Il est démobilisé le 19 mai 1920 mais a entre temps obtenu la Croix de guerre avec étoile de bronze. Doriot adhère au mouvement communiste et devient rapidement l’un de ses militants les plus actifs. Ses responsabilités au sein du Parti communiste français (PCF) l’amènent notamment à effectuer plusieurs séjours à Moscou, où il entretient des relations étroites avec l’Internationale communiste.

Jacques Doriot, socialiste, communiste, marxiste, antifasciste, pacifiste, antimilitariste 

En 1924, il est élu député communiste de la Seine et multiple condamné. Sept ans plus tard, en 1931, il devient maire de Saint-Denis. À cette époque, Doriot se présente encore comme un militant communiste et se montre ouvertement antifasciste. Mais ses relations avec la direction du PCF se détériorent progressivement. En 1934, il est finalement exclu du Parti communiste français.

Cette rupture marque un tournant majeur dans sa carrière politique. En 1936, après son abandon du communisme, Doriot fonde le Parti populaire français (PPF). Son discours évolue rapidement vers un anticommunisme radical, il a la rancune tenace.  

Avec la défaite française et l’armistice de 1940 où il était sergent réserviste, le PPF accélère son engagement dans la collaboration.

En 1941, il participe à la création de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF). Doriot revêt alors l’uniforme allemand (avec écusson bleu/blanc/rouge) et part combattre sur le front de l’Est contre l’Union soviétique. Il revient en France en 1942, avant de repartir pour le front en 1943.

Jacques Doriot sous l'uniforme de la Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme

En janvier 1945, il est nommé Waffen-Sturmbannführer der SS à titre honoraire. Malgré ce grade, il reste relativement à l’écart de la Division Charlemagne, avec laquelle il entretient des rapports (très) complexes.

Durant sa carrière, l'homme politique a ainsi rencontré Lénine, Trotski, Staline et Hitler. 

La mort de Jacques Doriot le 22 février 1945

Réfugié en Allemagne, Jacques Doriot faisait régulièrement la navette entre le château de Mainau, Sigmaringen et l'hôtel Baier à Mengen  où logeaient son épouse Madeleine Raffinot-Doriot et ses deux filles. Beaucoup de ressortissants étrangers, des exilés, y compris des Grecques, résidaient dans la ville de Mengen.

l'Hôtel Baier de Mengen est situé Hauptstraße 10

Malgré les attaques des chasseurs Alliés, il prenait le risque de se déplacer en voiture de jour; lui-même était assis sur la banquette arrière et se faisait conduire par un chauffeur. C'est ainsi que les choses se seraient déroulées le matin du 22 février. 

Doriot quitta l'île de Mainau pour Sigmaringen vers 10 heures et se trouvait à 12 h 40 à quelques kilomètres seulement de Mengen, où il avait une entrevue avec Marcel Déat à l'hôtel Baier. La Mercedes à gazogène venait de quitter Menningen et se trouvait avant l’embranchement vers Ringgenbach, à environ 19 kilomètres de Mengen, lorsqu'un avion allié volant à basse altitude surgit. La voiture est frappée de plein fouet. Le chauffeur, un allemand des Sudètes est grièvement blessé tandis que la secrétaire l'est plus légèrement. 

Doriot a été touché à quatre reprises ; une balle mortelle l’a atteint à la tempe gauche puis est ressorti par la joue, le coeur et le foie sont aussi touchés. Parmi les témoins oculaires qui se sont précipités depuis Menningen vers le lieu de l'accident figuraient le maire Eduard Boos et l'agriculteur Josef Zwick. La secrétaire n'a été blessée qu'à la main et a pu téléphoner à Sigmaringen, probablement depuis le presbytère du « Menninger Schlössle » (Wasserschloss de Menningen). 

Rapport du décès de Jacques Doriot à Heinrich Himmler daté du 23 février 1945

Dans le rapport allemand daté du 23 février 1945, il est mentionné que l'attaque aérienne "Jabo -Angriff" a eu lieu vers 14 heures. L'annonce de la mort de Doriot est diffusée sur les ondes allemandes le 23 février, et reprise par les Anglais le jour-même.  

Jean-Herold Paquis, journaliste et membre du PPF, écrit :

"Jacques Doriot méconnaissable. Les jambes presque détachées du corps, la poitrine, la tête comme un bloc de sang, avait fermé sa main sur la portière enfin ouverte, mais trop tard."  

Quel avion a attaqué la voiture de Jacques Doriot ?

D’après les recherches de Joachim Streit, aucune activité des forces aériennes britanniques n’a été enregistrée dans le sud de l’Allemagne le 22 février. En revanche, l'auteur souligne "des Spitfire pilotés par des Français auraient décollé de Luxeuil-les-Bains". Ils faisaient probablement partie des forces qui, en collaboration avec les Américains dans le cadre de l’opération « Clarion », devaient paralyser le trafic dans le Reich allemand. Les gares de la région auraient été la cible des bombardiers et des P-47. Alors que la gare de Meßkirch a été entièrement détruite, les attaques contre Sigmaringen, Scheer et Mengen ont été interrompues en raison des conditions météorologiques. Les avions d'escorte avaient notamment pour mission d'attaquer chaque véhicule se trouvant dans leur secteur, c'est ce qu'on appelle un "sweep".

Article paru le 23 février 1945 

En consultant les archives du 22 février 1945, le No. 326 Squadron basé à Luxeuil a décollé à 9 h 00 du matin pour un "Sweep" dans le secteur Donaueschingen - Bâle - Fribourg. Les douze Spitfire ont attaqué tout ce qu'ils voyaient. Le problème est qu'ils sont rentrés à 10h 25 soit bien avant l'attaque sur la Mercedes. Et l'autre mission, la protection des bombardiers, a commencé à 13h10 soit après la mort de Doriot. L'autre Squadron de Luxeuil, le No.327, n'était pas en mission ce jour-là. 

Les P-47 Thunderbolt du Groupe de Chasse 1/4 "Navarre" opéraient ce jour-là sur Donaueschingen, Tuttlingen, qui n'est qu'à une vingtaine de kilomètres du lieu de l'attaque.

Le corps de Doriot à Mengen 

Le corps de Doriot est amené au Reiserstift de Mengen (situé Reiserstraße 16), c'est un Krankenhaus qui  accueillait des blessés en ce début 1945. Le corps est examiné par le docteur Hepp, médecin de Mengen.

L'hôpital de Mengen où a été amené le corps de Doriot juste après l'attaque aérienne. Il est transformé en hôpital militaire français dès la prise de la ville  

Doriot repose dans la chambre n° 12, où les membres de sa famille vinrent lui rendre un dernier hommage. Trois jours plus tard eut lieu l'enterrement solennel, une chapelle ardente est dressée dans la salle de la mairie, l'actuelle salle du conseil municipal.

La mairie de Mengen, à droite au premier plan, où est exposé le corps de Doriot avant son inhumation au cimetière de la ville. l'administration française s'y installe dès la prise de la ville 

Le cercueil de Doriot exposé au Rathaus 

Les obsèques de Jacques Doriot à Mengen 

 
Doriot est ensuite inhumé au cimetière de Mengen, dans les premières heures de l'après-midi, le 25 février 1945. Si beaucoup de personnalités françaises ont fait le déplacement depuis Sigmaringen, malgré l'activité aérienne, Pétain et Laval, ça n'étonnera personne, se sont abstenus d'assister aux obsèques.
 
Le cortège funèbre se déplace dans les rues de Mengen
 
Les obsèques de Jacques Doriot. Sa veste de Waffen-Sturmbannführer der SS repose sur le cercueil drapé du drapeau français. 

Le 22 avril 1945, la 1re Armée française du général Jean de Lattre de Tassigny entre à Mengen sans combat majeur. Les civils attendent dans leurs caves, des mouchoirs blancs à la main. Certains se font dépouiller de leurs biens. Des soldats entrent dans le cimetière et saccagent la tombe du "grand Jacques". 

Le cimetière de Mengen et la tombe de Jacques Doriot

Grâce à Google Maps il est assez facile de trouver le cimetière, avec la vue satellite, il est encore plus facile de s'y garer, y compris en camping-car mais surtout pas y dormir. 

L'entrée du cimetière de Mengen, je franchi le portillon sur la droite.

Je marche dans l'allée principale. La chapelle est sur ma gauche et je la dépasse. 

Dans les années 1950, un sculpteur de Mengen a restauré la tombe saccagée et l'a dotée d'une pierre tombale que l'on peut encore voir aujourd'hui. Le petit "menhir" est un classique des cimetières allemands. 

La fille de Jacques Doriot aurait proposé à la ville de Mengen de financer l'entretien de la tombe, mais cette offre aurait été refusée. 

En restant dans l'allée nous arrivons à la tombe, elle est à gauche, juste au bord.

 
N'hésitez pas à arroser les plantes si la météo est particulièrement chaude

La tombe de Jacques Doriot est simple, ce qui lui évite, peut-être, d'être détruite. Le sommet de la pierre tombale a été cassé.   

L'auteur de la pierre est un Allemand de Mengen, on lui pardonne aisément la faute d'orthographe

Une vue de l'arrière de la tombe, on remarque les dégâts faits à la pierre

Avis aux bonnes âmes, le lettrage sur la tombe mérite un petit coup de peinture dorée

Voilà, une dernière photo avant de repartir, les plantes ont été arrosées. Des arrosoirs verts sont à disposition à quelques mètres, visible à gauche.

Autres traces de la guerre à Mengen

Le 16 avril 1945, seize chasseurs-bombardiers alliés larguent leurs bombes incendiaires sur un train de voyageurs qui était arrivé à Mengen. Seize civils sont tués, quarante sont blessés. Une croix est érigée au dessus de leur fosse dans le cimetière de Mengen.

Victimes civiles des attaques aériennes alliées

Il y a aussi la tombe de René Mesnard, un Français, né le 11 mars 1902. Socialiste puis communiste, syndicaliste (un de plus !) il se rapproche du R.N.P et dirige le COSI puis part pour l'Allemagne avec sa maitresse, en laissant sa femme à la maison, avant d'être tué lors d'une attaque aérienne à proximité de la gare de Mengen, le 26 mars 1943.

Sa tombe, une simple croix en bois, n'est située qu'à quelques mètres de la tombe de Doriot. 

René Mesnard, ici avec un Waffen SS, est enterré à Mengen

En résumé

 
Où est enterré Jacques Doriot ?
Jacques Doriot est enterré au cimetière de Mengen, dans le Bade-Wurtemberg, en Allemagne. Sa tombe se trouve toujours dans le cimetière municipal.
 
Quand Jacques Doriot est-il mort ?
Jacques Doriot est mort le 22 février 1945 après l'attaque de sa voiture par un avion allié près de Menningen.

Que s'est-il passé après la mort de Doriot ?
Son corps fut transporté au Reiserstift de Mengen, puis exposé à la mairie avant son inhumation au cimetière de la ville.
 
Quand Jacques Doriot a-t-il été enterré ?
Ses obsèques ont eu lieu à Mengen le 25 février 1945, en début d'après-midi. 
 

Je laisse le cimetière derrière moi 

La journée touche à sa fin et je prends maintenant la direction d’Ulm, ou plus exactement d’Oberelchingen, où nous allons passer la nuit sur un parking bien calme et surtout idéalement situé surtout que le village est très joli et l'intérieur de l'église est magnifique.

Elchingen et le champ de bataille victorieux du Maréchal Ney, mais je suis hors-sujet  

Dormir à quelques pas du champ de bataille où le maréchal Ney remporta une victoire décisive lors de la bataille d’Elchingen, le 14 octobre 1805, est tout de même une expérience assez chouette. Après avoir suivi les traces de la Seconde Guerre mondiale à Sigmaringen et Mengen, me voici donc plongé dans l’histoire napoléonienne de la région d’Ulm, le temps d’une soirée et d'un resto au menu très allemand, les vacances. 


Plus d'infos 

 
Batailles magazine n°34 La mort de Jacques Doriot

mercredi 11 septembre 2024

Berlin 1945 Der letzte Kampf von Henri Fenet


La version française se trouve ici

Fortsetzung unserer Rückkehr ins Feld nach den Kämpfen in Neukolln und Stadtmitte. Wir folgen der Gruppe von Waffen-Hauptsturmführer Fenet, die in ihrem Kampfsektor, RSHA und dann dem RLM, geblieben ist.
In einem früheren Artikel, dem Durchbruch des SS-Sturmbataillons Charlemagne, hatten wir gesehen, dass SS-Brigadeführer Krukenberg seinen Ordonnanzoffizier Valentin Patzak geschickt hatte, um die Gruppe Fenet über den Durchbruchsversuch zu informieren, wobei der Offizier bei seiner Mission getötet wurde und das RLM nie erreichte.

Valentin Patzak

 

Waffen-Hauptsturmführer Henri Fenet
 
Henri Fenet trat 1943 in die Waffen-SS ein. Er durchlief das SS-Ausbildungslager in Sennheim und absolvierte anschließend die Kurse, um Offizier zu werden. Im Frühjahr 1944 war er auf dem Truppenübungsplatz Böhmen, um die SS-Sturmbrigade auszubilden, und kämpfte im Sommer 1944 in Galizien.
Waffen-Hauptsturmführer Henri Fenet
 
Anfang 1945 ist er mit der Division Charlemagne in den Kämpfen in Pommern, danach Rückzug bis nach Deutschland. Immer noch unter dem Befehl von SS-Brigadeführer Krukenberg zieht er mit einer 300 Mann starken Abteilung in die Umgebung, um die Hauptstadt des Deutschen Reichs zu verteidigen. Er überlebte den Krieg.
 
 

Route der Kampfgruppe Fenet am Tag des 2. Mai 1945. Die Route der RLM in Stadtmitte ist nicht klar erkennbar, da sie die Gebäude durch die Ruinen durchqueren mussten. Danach war es einfacher, da sie den unterirdischen Linien der U-Bahn U2 folgten. Von Punkt 31 bis Punkt 33 können Sie sehen, dass die Männer ein wenig im Kreis gelaufen sind. Als die Franzosen den Bahnhof erreichten, waren sie sich nicht bewusst, dass sie nur 500 Meter von ihrem Ausgangspunkt, dem Reichsluftfahrtministerium, entfernt waren.

 

Reichsluftfarhtministerium RLM

 
In der Nacht vom 1. auf den 2. Mai 1945 ist die französische Waffen-SS am RSHA in Stellung gegangen. Waffen-Hauptsturmführer Fenet schickt Patrouillen, um sicherzustellen, dass die Linien halten. 
 
Die Wilhelmstraße und das imposante Reichsluftfahrtministerium, die letzte von der französischen Waffen-SS gehaltene Frontlinie
 
Henri Fenet berichtet: "Gegen Ende der Nacht berichten die Späher, dass wir wieder allein vor den Linien sind. Wir überprüfen es: es ist richtig; rechts und links ist niemand! Etwas später kommt eine Patrouille und meldet, dass die Front jetzt auf der Höhe des Reichsluftfahrtministeriums verläuft. Dort treffen wir am Morgen ein und nehmen Kontakt mit den Luftwaffenkräften auf, die das Ministerium besetzt halten."
 
Sie besetzen die Gefechtsstände mit anderen vereinzelten Elementen, als sie sowjetische Fahrzeuge mit weißen Fahnen auftauchen sehen. Noch beunruhigender ist, dass sich im Inneren dieser Fahrzeuge auch deutsche Offiziere befinden!
Der für die Verteidigung des RLM zuständige Offizier der Luftwaffe teilt Fenet mit, dass Berlin soeben kapituliert habe und dass man sich ergeben müsse.....   
  

Zerstörter Panther Ausf D vor dem Reichsluftfahrtministerium. Die Straße wurde leicht geräumt, aber man kann sich vorstellen, wie schwierig es war, sich auch nur zu Fuß zwischen diesen Trümmern zu bewegen.

 
Für diejenigen, die eine Folge verpasst haben: Das RLM wurde nicht dem Erdboden gleichgemacht.
 
Henri Fenet erinnert sich: "Nein, wir können nicht glauben, dass alles vorbei ist...das ist unmöglich! Auf jeden Fall können wir nicht hier bleiben und uns dumm und dämlich fangen lassen! Was passiert im Kanzleramt? Dort bekommen wir wenigstens etwas".
"Schnell verlassen wir das Ministerium, ohne auf die Rufe der Roten, Männer und Frauen, zu reagieren, die uns auffordern, die Waffen niederzulegen".
 
Interessanterweise erwähnt Henri Fenet in seinem Bericht über die Schlacht um Berlin nicht, dass er Patzaks Leiche in den 400 Metern zwischen dem RLM und der U-Bahn-Station Stadtmitte getroffen hat. Starb er in einem Gebäude oder wurde er von einer Granate zerfetzt?
 
Wenn wir schon beim RLM sind, sollten wir uns daran erinnern, dass das summarische Grab des SS-Gruppenführers Heinrich Müller im August 1945 auf dem Gelände des RLM gefunden wurde (sowjetische Quelle). Später wurde er auf dem Friedhof Lilienthalstraße in Neukölln begraben, aber es stellte sich heraus, dass er im Massengrab auf dem jüdischen Friedhof in Berlin Mitte (Große Hamburger Straße 26) unter fast 2500 Soldaten und Zivilisten lag, die während der letzten Schlacht getötet worden waren. Der Friedhof war zu dieser Zeit nicht mehr jüdisch. Hier liegen sicherlich einige Franzosen und gefallene Soldaten aus Nordland. 
 
SS-Gruppenführer Heinrich Müller
 
 

U-Bahn Station Stadtmitte

 
Um den Sowjets zu entkommen, schlüpfen Henri Fenet und seine dreißig Männer durch einen Lüftungsschacht der U-Bahn und setzen ihren Weg durch den Tunnel fort. Der Lüftungsschacht sollte sich auf der Friedrichstraße zwischen den Stationen Kochstraße und Stadtmitte befinden.
Die Franzosen erreichen die Station Stadtmitte (wo sich zuvor der Divisionsgefechtsstand befand).
 
U-Bahnhof Stadtmitte an der Friedrichstraße
 
les combats de la division Waffen SS Charlemagne à Berlin en 1945
U-bahn station Stadtmitte à Berlin où se trouvait le PC de la Nordland
 
Henri Fenet: "In Stadtmitte keine lebende Seele...zwei oder drei zurückgelassene Taschen und das war's." Um zu verstehen, warum die Station leer war, lade ich Sie ein, Gustav Krukenbergs Durchbruch zu lesen.
 
Um zur Reichskanzlei zu gelangen und sich ein Bild von der Lage zu machen, nahmen die Franzosen, die sich noch in Stadtmitte befanden, den Weg nach Westen, um die nächste Station, die U-Bahn Kaiserhof, zu erreichen.
 
 

Rochus Misch und U-Stadtmitte 

 
SS-Oberscharführer Rochus Misch von der LSSAH ging den umgekehrten Weg der Fenet-Gruppe
 
Rochus Misch war Telefonist im Kanzleramt. Am 2. Mai 1945 beschloss er, aus der Hauptstadt zu fliehen. Aus seiner Aussage geht hervor, dass er sich an verschiedene Orte begab, die von Fenets französischer Waffen-SS frequentiert wurden.
Nachdem er die Reichskanzlei verlassen und die U-Bahn-Station Kaiserhof passiert hatte. Er schlug die Richtung U-Bahn Stadtmitte ein, um - viel zu spät - die Gruppe von SS-Gruppenführer Krukenberg zu finden. Um genau zu sein, ging er den umgekehrten Weg der Gruppe Fenet.
 
Rochus Misch erinnert sich: "Der U-Bahn-Tunnel war ohne Licht. Ich ging weiter bis zur Station Stadtmitte, um von dort aus in die Friedrichstraße zu gelangen. Dort traf ich auf den Kammerdiener Heinz Linge und einen Kameraden des Kommandos Helmut Frick. Ich fragte, wo sich die anderen aufhielten. Er wusste es nicht". 
 

Das Kaiserhof Hotel


Nach einem kurzen Marsch, 500 Meter, erreichen Fenet und seine Soldaten den Kaiserhof. Über eine Leiter gelangt man zu einem Lüftungsgitter, von dem aus man einen Blick auf die Wilhelmstraße und die Vossstraße hat. Der Waffen-Hauptsturmführer beschließt, nachzusehen, was dort vor sich geht.
 
Division Charlemagne Berlin 1945

Das Hotel Kaiserhof in Ruinen. Wir sehen die unterirdische U-Bahn-Linie, die von der französischen SS benutzt wurde. Hat Henri Fenet von dieser Öffnung aus die Szene beobachtet?

 
Henri Fenet berichtet: "Ich trinke mit den Augen dieses Schauspiel, dass sich mein ganzer Körper zusammenzieht: So weit der Blick reicht, Russen, Fahrzeuge mit rotem Stern, die in alle Richtungen fahren ... Kein Schuss, die Mauern des Kanzleramts sind stumm ... Es gibt niemanden mehr ... Alles ist vorbei!".
 
Es wird versucht, die Wenck-Armee zu erreichen, die sich auf der Seite von Potsdam befinden muss. Es wird beschlossen, die nächste Station im Westen, die Station am Postdammer Platz, zu erreichen.
 
Henri Fenet: "Wir werden den Untergrund so lange wie möglich benutzen und die Nacht nutzen, um den Rest des Weges zurückzulegen".   
 

Die Reichskanzlei nach der Schlacht vom Wilhelmplatz aus gesehen. Dies ist in etwa der Blick, den Henri Fenet von seiner Leiter aus hat, als er feststellt, dass die Schlacht vorbei ist


Gleicher Ort, es bedarf einer sehr strengen Vorstellungskraft, um dort die Reichskanzlei zu sehen.

Wenn Sie in den Bahnhof gehen, werden Sie feststellen, dass ein schöner roter Marmor die Wände bedeckt. Es wurde gesagt, dass es sich dabei um den Marmor der Reichskanzlei handelt, der für diesen Zweck wiederverwendet wurde, was später "offiziell" dementiert wurde. Dennoch kommt man nicht umhin, sich folgende Fragen zu stellen:
 
- Warum sieht der fragliche Marmor genauso aus wie der in der Reichskanzlei?
- Warum wurde diese Station bereits 1951 mit einem luxuriösen Marmor verkleidet, obwohl die Gegend selbst nicht besonders schön ist (siehe Foto oben)?
- Warum wird der Marmor von woanders hergeholt, wenn der Rohstoff (das 1947 abgerissene Kanzleramt) direkt nebenan lag?
- Versuchen sie nicht, uns einfach für dumm zu verkaufen?  
 
 
Das Innere der Reichskanzlei mit rotem Marmor
 

Die Station Mohrenstraße, die Franzosen kamen durch die Tunnel. Mit der linken Logik des Rathauses wäre es nicht verwunderlich, wenn der Marmor bei der nächsten Renovierung der Station zerstört wird.

 
Rochus Misch berichtet: "Ich setzte meinen Weg fort, rannte über den Wilhelmplatz und nahm die Treppe zur Station Kaiserhof. Die gesamte U-Bahn-Mündung war von Kugeln durchsiebt. Die Gänge waren schwarz von Menschen. Frauen, Männer, Kinder, alle saßen auf den Stufen, überall waren die Bahnsteige. Ich erinnere mich an zwei junge Gitarristen, die inmitten dieses unbeschreiblichen Chaos hawaiianische Musik spielten".
 
Man muss wissen, dass die von Henri Fenet beschriebene Station Kaiserhof, die damals noch keinen Marmorboden hatte, seit 1993 U-bahn-Station Mohrenstraße heißt. Der Name der Station wird als rassistisch und diskriminierend angesehen, da "Mohren" mit "Mauren" in Verbindung gebracht wird...
 
Als Henri Fenet seinen Kopf durch das Lüftungsgitter auf Höhe der Mohrenstraße steckt, befinden sich zu seiner Linken die Ruinen des Hotels Kaiserhof.
 

Das Luxushotel Kaiserhof vor dem Zweiten Weltkrieg. Die U-Bahn-Station befand sich direkt vor dem Hotel


1945. Das vom Krieg verwüstete Hotel Kaiserhof. In dieser traurigen Kulisse entdeckt Henri Fenet, dass die Schlacht wirklich vorbei ist.

 
Foto des Zietenplatzes, aufgenommen von der Voss-strasse aus. Im Gegensatz zu einigen zuvor gemachten „Rückblicken“ ersetzt das Gebäude „Archi Cezch“ nicht den Kaiserhof. Es handelt sich in Wirklichkeit um das weiße Gebäude, das sich direkt daneben befindet. Wir sehen die blaue Beschilderung der U-Bahn-Station
 
Die Station Mohrenstrasse/Kaiserhof, an der Rochus Misch und die Fenet-Truppe am 2. Mai 1945 vorbeikamen.
 
 

Postdamer Bahnhof

 
Die Waffen-SS setzt ihren Weg durch den U-Bahn-Tunnel fort. Dieser Tunnel führt durch den Wilhelmplatz und weiter entlang der Vossstraße bis zur Mitte des Leipziger Platzes. Das Vorankommen durch den Schutt ist schwierig. Es werden Späher ausgesandt, die dort auf weitere vereinzelte Waffen-SS treffen, die zwischen den Gängen der U-Bahn und dem Postdamer Bahnhof Stellung bezogen haben. Diese haben nicht die Absicht, sich zu ergeben. 
 

Gestrichelt ist die unterirdische U-Bahn. So unterquert sie die Vosstraße, den Leipziger Platz, wo es zwei Eingänge gibt, und erreicht dann den Postdamer Bahnhof

 
Im Vordergrund der Ausgang der U-Bahn vor dem Postdamer bahnhof
 

Tiger Ausf B der s.SS-Pz.Abt 503 aus Turk. Der am 1. Mai 1945 beschädigte Panzer wird vor dem Postdamer Bahnhof zurückgelassen.

 
Henri Fenet: "Am Postdamerplatz erwartet uns eine grausame Enttäuschung: Die Führungsspäher berichten, dass die Linie aus der Erde kommt und unter freiem Himmel weitergeht. Einer der Tunnel mündet unter einem Brückenbogen, der mit Geröll und anderen Gegenständen bedeckt ist, die uns gute Verstecke bieten. 
 

Annahme

  

Der Postdamer Bahnhof. Wenn wir am Bahnhof entlang gehen, sehen wir, dass das Gewölbe des U-Bahn-Tunnels durchbrochen ist. Die von Henri Fenet erwähnten Brückenbögen könnten die Bögen hinter dem Postdamer Ring Bahnhof oben links sein, aber das ist nur eine Vermutung.

 
Wie das Foto unten zeigt, ist die U-Bahn-Linie vom Kaiserhof zum Postdamer Bahnhof nicht oberirdisch. Es scheint also, dass die Franzosen zum Postdamer Bahnhof und in gewisser Weise auch zum Postdamer Ring Bahnhof gelangt sind, einem kleinen Bahnhof neben dem großen (siehe Foto). Es fällt auf, dass die Straße aufgerissen ist und eine klaffende Öffnung zum U-Bahn-Tunnel besteht.
Die einzigen Brückenbögen, die es in diesem Bereich gibt, befinden sich hinter dem Bahnhof in der Nähe der Spree. Es ist durchaus möglich, dass hier die Sturmgruppe Fenet gefangen genommen wurde.
 
Die Waffen-SS, die sich unter einer Brücke zwischen Weidenkörben versteckt hatte, wurde von den Sowjets verfolgt, die nach den letzten Verteidigern der Hauptstadt suchten.
 
 
Henri Fenet berichtet: "Wir lauschen mit gespitzten Ohren und stockendem Atem... Sie fangen wieder an, in alle Richtungen zu suchen. Einmal, zweimal gehen sie an uns vorbei; einer von ihnen verschiebt einen Korb und stellt ihn wieder auf... Dicht gedrängt, in uns verkrampft, stehen wir da wie gejagte Tiere.
Plötzlich ist das Ende gekommen. Die Roten umringen uns und durchsuchen uns, zuerst nach Uhren, dann nach Waffen. 
 
 
Die Franzosen werden gefangen genommen, auf dem Postdamer Platz versammelt, gehen sie unter Eskorte in Richtung Hermann-Goering-Straße.
 
Henri Fenet: "Wir sind gefangen, gefangen! Inmitten dieser Menge von Rotarmisten empfinden wir in unserem Inneren wie ein grauenhaftes Brennen das körperliche Gefühl der Niederlage und der Sklaverei, deren Zwang über uns hereinbricht. Es ist die Stunde des universellen Fluches: Wir sind darauf vorbereitet".
 
Ein völlig alkoholisierter und bedrohlicher Sowjetbürger nähert sich einem der Franzosen und führt ihn dann zu einem Haus. Glücklicherweise bringt einer der Wachposten, die für den Konvoi zuständig sind, den Franzosen zurück in die Reihen, aber der betrunkene Sowjetmensch kommt zurückgerannt, packt sein Opfer und schreit "SS! SS!", zieht seine Pistole und schießt dem unglücklichen Gefangenen in den Kopf. Waffen-Unterscharführer Roger Albert Brunet ist soeben gestorben. 
 
Division SS Charlemagne à Berlin en 1945
Waffen-Unterscharführer Roger Albert Brunet
 
 
Henri Fenet erinnert sich: "Wir kommen vor der Kanzlei an, die sie gerade plündern. Mit geballten Fäusten und Wut im Herzen sahen wir, wie sie in diesen geschwärzten Mauern, die für uns so viel bedeuteten, hin und her gingen".
 
Division Charlemagne a berlin 1945
Die Hermann-Göring-Straße und die Ecke der Voss-Straße sehen wir die Reichskanzlei
 
Division Charlemagne a berlin 1945

Die Reichskanzlei von der Hermann-Goering-Straße aus. Die französischen Freiwilligen der Waffen-SS werden einen letzten Blick auf sie werfen, da sie sie nie wieder sehen werden.

 
Division Charlemagne a berlin 1945
Ecke Hermann-Goering-Straße und Vossstraße sehen wir den westlichen Teil der Reichskanzlei
 
 
Division Charlemagne a berlin 1945

Am selben Ort (Ebertstraße und Voss-Straße) gibt es jetzt diese beiden Gebäude, wobei die weiße Farbe besonders ästhetisch ist. Es bedarf einer strengen Vorstellungskraft, um darin die Westfassade der Reichskanzlei zu sehen.

 
 
Division Charlemagne a berlin 1945

Wir gehen weiter auf der Hermann-Goering-Straße und vermeiden es, von den sowjetischen T34-Panzern überrollt zu werden. Wie die französische Waffen-SS fahren wir am Haus von Dr. Goebbels entlang.

 

Villa von Dr. Goebbels

 
Auf ihrem weiteren Weg kommen die Franzosen - ohne es zu wissen - an der Villa von Dr. Goebbels vorbei.
Das Haus von Dr. Goebbels befand sich an der heutigen Behrenstraße, die Straße gab es damals noch nicht. Es lag in einem Park und war zur Hermann-Goering-Straße hin durch eine Mauer abgegrenzt. Vor dem Krieg hielt der Minister mit seiner Frau, die sich um die Inneneinrichtung kümmerte, dort Empfänge insbesondere mit Künstlern ab. An den Wochenenden fuhr er meist in die Villa Bogensee.
Das Haus wurde viele Jahre nach dem Krieg abgerissen.  
 
Division Charlemagne a berlin 1945

1945. Das Haus von Dr. Josef Goebbels und die Hermann-Göring-Straße

 
Division Charlemagne a berlin 1945
Haus von Dr. Josef Goebbels, Blick von der Hermann-Göring-Straße aus

Division Charlemagne a berlin 1945

Die Hermann-Göring-Straße, die Mauer Villa der Goebbels mit ihrem Eingang auf der rechten Seite. Ein Schwimmwagen wird zerstört.

Division Charlemagne a berlin 1945

Auf dieser Google Street-Ansicht befindet sich die Villa auf der Höhe der Behrenstraße. Natürlich ist von der Villa nichts mehr übrig und der Ort ist nur noch von geringem Interesse.

 

Danach erreichen die Männer das Brandenburger Tor... 

Henri Fenet berichtet: "Als ich von den Russen gefangen genommen wurde, war ich am Fuß verletzt. Nun wurden wir drei Wochen lang unter für mich sehr schmerzhaften Bedingungen in der unmittelbaren Umgebung von Berlin herumgetrieben. Wir waren gezwungen zu laufen, was meiner Verletzung nicht gut tat, es gab weder Verbände noch eine Krankenstation. schließlich landeten wir in einem Lager nordöstlich der ehemaligen Hauptstadt des Deutschen Reiches. Da ich immer schlechter laufen konnte, wurde ich in das örtliche Krankenhaus geschickt."               

Damit ist dieser kleine Rückblick auf das Feld beendet. Wir werden dieses lange Kapitel über die Schlacht um Berlin mit einem Besuch des Friedhofs in Berlin-Heiligensee abschließen.
 
 
Weitere Artikel über die Franzosen der Waffen-SS in Berlin werden zu einem späteren Zeitpunkt veröffentlicht !