vendredi 13 janvier 2017

Les Waffen SS français au SS Truppenübungsplatz Böhmen

Après une instruction au SS-Ausbildungslager de Sennheim, les volontaires français de la Waffen SS sont envoyés au SS-Truppenübungplatz Böhmen, situé dans l'actuelle République Tchèque. C'est dans ce pays que nous avions déjà eu l'occasion d'admirer deux appareils emblématiques de la Luftwaffe, un Messerschmitt Me 262 et un Messerschmitt Avia Bf 109 d'après-guerre. Un été, pendant mes vacances, je m'étais rendu dans cet important ce camp d'entrainement de la Waffen SS.  

Des Français de la SS-Sturmbrigade "Frankreich" à l'instruction au SS-Truppenübungplatz "Böhmen"

SS-Truppenübungplatz Böhmen

 
Le projet de création d'un terrain d'entrainement destiné uniquement à la Waffen SS, dans la zone du Protectorat de Bohême-Moravie, commencèrent durant l'hiver 1940, après que le terrain de Debica se fut révélé inadapté à la formation pratique des officiers de la Waffen SS.
L'expérience des combats a démontré qu'il est nécessaire de former de manière pratique, et non pas seulement théorique les futurs chefs sortis des écoles de Bad Tölz et Brunswick. Ceux-ci sont destinés à servir comme Kompaniechef ou Zugführer.
Il faut dire une chose, à cette date la Waffen SS ne disposait pas encore de son propre terrain d'entrainement. Le terrain de manoeuvre divisionnaire est encore en "construction" en Pologne et la Wehrmacht refuse de donner un de ses camps. 
A travers ce projet, il est donc parfaitement clair que la Waffen SS cherche à s'émanciper de la Wehrmacht. 
 
SS Strumbrigade Frankreich en bohème Moravie
La jolie campagne où s'entrainaient les Waffen SS
 
Le 29 janvier 1941, le Reichführer-SS Heinrich Himmler écrivit au ministre des finances du Reich pour l'achat d'un terrain approprié, le coût est estimé à 15 millions de Reichsmark. Sur ce terrain, tous les types de combat doivent pouvoir être exercés, dans toutes les conditions et avec tout types d'armes, y compris avec des tirs réels. Sur ce terrain seront formés :
 
- Des Panzergrenadiere à Kienschlag
- Des Pioniere à Hradischko
- Des Artilleurs à Beneschau
- Des équipages de Sturmgeschütz, mais aussi de la lutte antichar à Janowitz

Mais des voix s'élèvent contre ce projet, le Reichsprotektor Konstantin von Neurath s'y oppose tout comme le gouvernement slovaque, pas très enclin à voir une telle force près de ses frontières. Mais dès septembre 1941, Reinhard Heydrich devient le véritable Reichsprotektor et se montre naturellement favorable au projet de Himmler.
  
Le 1er novembre 1941, le camp prend le nom de SS-Truppenübungplatz "Beneschau", du nom de la ville, qui se nomme "Benesov" aujourd'hui.
 
En 1942, juste après les moissons, les autorités allemandes ordonne l'évacuation totale de la zone destinée au futur terrain militaire. Cette mesure, planifiée du  1er septembre 1942 au 31 décembre 1943, concerne 29 831 habitants. Dans les faits, 17 600 d'entre eux quittent la région; les autres décident de rester sur place pour travailler au service des militaires, une cohabitation qui se déroule alors sans heurts ni violence.

Cette zone d'entrainement est immense : elle s'étend sur 6 000 hectares et englobe pas moins de 71 villages. Naturellement, les communes de Neveklov, Netvorice et Benesov, auxquels nous nous intéressons aujourd'hui, sont incluses dans ce vaste périmètre. Le terrain est desservie par une ligne de chemin de fer. 

La SS-Standortkommandantur de ce terrain militaire est alors placée sous les ordres du SS-Brigadeführer Alfred Karrasch. Un détachement  de SS-Feldgendarme est chargé de la surveillance du territoire.

SS-Brigadeführer Alfred Karrasch

C'est dans ces lieux que la SS-Sturmbrigade, composée de volontaires français, s'entraine avant d'être envoyée au combat dans les Carpates à l'été 1944.  C'est ici également,que d'autres Waffen SS français, ceux de la division "Charlemagne" cette fois, seront instruits à partir de novembre 1944. 

Après la guerre, de mai à décembre 1945, les exilés tchèques reviennent sur leurs terres. Ils découvrent des sols minés, les puits empoisonnés et des habitations détruites. Face à cette désolation, cette terre brûlée, une grande majorité d'entre-eux décide de rebrousser chemin pour s'installer dans les territoires frontaliers, les Sudètes, là où l'expulsion violente (l'épuration ethnique) des populations allemandes ethniques vient de commencer. Plus tard, ce sera le tour des Hongrois de Slovaquie, mais c'est une autre histoire.

Note de voyage : Pour avoir sillonné cette campagne en été, le paysage actuel, fait de vallons, de champs colorés et de forêts, offre un paysage joli et bucolique.


Quatre SS-Grenadier français tués à l'instruction ! 

 
André Morvan est né le 21 novembre 1921. Engagé volontaire au sein de la SS-Sturmbrigade il est à l'instruction lorsqu'il est blessé grièvement. Il est envoyé au SS-Lazarett de Prag-Podol mais décède des suites de ses blessures le 18 mai 1944. Il est inhumé à Praha Podoli. 
 
Norbert Coeuret est né le 25 avril 1923 à Paris. SS-Grenadier il décède lui aussi durant l'instruction le 26 mai 1944. Contrairement à André Morvan il est inhumé à Neweklau, sa mort dû être très rapide pour qu'elle ne suscite pas son rapatriement au SS-Lazarett pourtant situé à quelques dizaines de kilomètres.
 
Pierre Mandavy est né le 16 juillet 1922, il trouve la mort lui aussi pendant l'instruction le 10 juin 1944. il est inhumé à Cheb. 
 
Dans l'historique de Robert Forbes il est mentionné :
 
"Pendant un beau et calme dimanche, un volontaire français, en train d'écrire à sa famille, fut tué accidentellement par un de ses camarades qui nettoyait son arme non loin de lui. il fut regretté".
 
Il y a aussi le SS-Grenadier Gérard Hurtand né à Paris le 22 mars 1925. Hurtand est mort le 6 novembre 1944 au SS-Lazarett de Prague.
 
A la fin des années 2000 les dépouilles des soldats décédés au SS-Lazarett de Prague sont transférées au cimetière militaire de Cheb. Certains tombes sont identifiées mais une grosse partie ne l'est pas.  

waffen ss français 1944
Le SS-Lazarett Prag-Podol près de la Vltava une vue Google Earth. 

Pendant la guerre, quelques Françaises se sont engagées dans la Deutsches Rote Kreuz (Croix Rouge allemande) pour y devenir infirmières. Après une formation en Belgique et en Allemagne, certaines sont mutées au SS-Hauptlazarett de Prag-Podol. Dans cet hôpital militaire SS, travaillait la Française Hélène de Neef.
 
L'infirmière Hélène de Neef

 

Pour la petite histoire

 
Durant les combats de Prague, le 5 mai 1945, le SS-Hauptlazarett est défendu par tout le personnel disponible. Les Tchèques passent à l'attaque dans l'après-midi, on y compte les premiers morts, l'hôpital subit des tirs direct d'artillerie. En fin d'après-midi les combats cessent. Le personnel allemand est considéré comme prisonnier de guerre mais n'est pas maltraité, même si ils vont être dépouillés de leurs montres, une habitude. 
Les blessés non transportables, une cinquantaine, sont restés à Prag-Podol où un médecin SS-Sturmbannführer et six infirmières norvégiennes s'occupe d'eux.
   
Le 13 mai 1945, 450 personnes sont évacuées par un train spécial. Parmi elles, le personnel médical
(40 à 50 personnes), des civils femmes et enfants (95) et 300 blessés transportables. Ils prennent la direction de Beneschau.
Arrivés au camp, les médecins n'ont pour médicaments que des aspirines. Après un rapide triage, ils reprennent un train de la Croix Rouge, au passage toute personne soupçonnée d'être de la SS est immédiatement exécutée par les Soviétiques. A chaque arrêt dans les gares, les hommes s'empressent de trouver des casquettes et ceinturons de la Wehrmacht, même si le tatouage du groupe sanguin subsiste. Certains Soviets tirent, pour le plaisir, à travers les wagons mais personne n'est touchée. Les gardiens tchèques, eux, ne posent aucun problème aux allemands.
Les rescapés franchissement la frontière autrichienne et arrivent à Sankt Georgen puis le train roule encore jusqu'à Hannovre, le terminus. Ils sont pris en charge par les Britanniques. Dans le train, il y a 35 Waffen SS de la Totenkopf , dont 18 blessés grièvement.  Les SS valides empruntent des vêtements civils et parviennent à s'enfuir. Le voyage aura finalement duré 4 semaines.
  
Ancien sanatorium sur la Karl-laznovsky-Ufer, l'hôpital recueille, après la guerre, les tuberculeux venus des différents camps de concentration. C'est aujourd'hui un hôpital pour enfants.
Toujours à Prag-Podol il y avait la Sanitätsschule der Waffen SS et un hôpital annexe (SS-Teilazarett) situé au Peter-Aspelt Strasse 3.

SS-Panzergrenadier-Schule de Prosetschnitz-Kienschlag

Le panneau indique la direction de la SS-Panzer-Grenadier-Schule qui n'est qu'à une centaine de mètres. Nous sommes avant mars 1944 puisque l'école change de nom après cette date.

Le bâtiment qui était derrière le panneau est encore bien en place, il a du être utilisé par les allemands

L'école militaire de SS-Panzergrenadiere a été créée en janvier 1943 et porte alors le nom de SS-Panzergrenadier Schule "Prosetschnitz". Y sont donnés des Kriegs-Waffen-Junkerlehrgänge, des cours de guerre pour aspirants officiers.

En mars 1944 elle prend le nom de SS-Panzergrenadier Schule "Kienschlag" puis ferme définitivement dans la semaine du 9-14 avril 1945. 

La SS-Panzer-Grenadier Schule Kienschlag
La SS-Panzer-Grenadier Schule Kienschlag offre tout de même un bon confort mais réserve un entrainement sévère à ses pensionnaires.

Ce sanatorium a été acquis, avec son mobilier, pour la somme de 2 millions de Reichsmark. Il pouvait accueillir près de 800 hommes. 

Les bâtiments sont encore en place. Il suffit de trouver la voie ferrée. Le complexe, car il y a plusieurs bâtiments, est maintenant dans le domaine privé et c'est un groupe hôtelier de luxe. 

Le panneau indique la direction de la SS-Panzer-Grenadier-Schule qui n'est qu'à une centaine de mètres. Nous sommes avant mars 1944 puisque l'école change de nom après cette date.
Il est toujours en place et en bon état, un peu de marche  et vous arrivez à l'école de Panzergrenadier. Notons que le train passait juste devant l'école, ce qui était très pratique. 

Le  Waffen-Obersturmführer Michel à Kienschlag

Waffen-Obersturmführer Michel

C’est à Prosečnice (Kienschlag), à la mi-novembre 1944, que sont envoyés certains Waffen-Oberjunker (élèves officiers), voire plusieurs officiers français de la division SS Charlemagne alors en cours de formation. On y retrouve notamment le Waffen-Obersturmführer Michel en mars 1945.

Le 31 mars 1945, la période d’instruction prend fin. Il quitte la Bohême dès la première semaine d’avril avant de trouver la mort, deux semaines plus tard, lors des combats de Berlin-Neukölln. 

SS-Panzerjäger Schule Janowitz-Vrchotovy Janovice

 
Auparavant basée au village de Bukovany (Bukowan) la Sturmgeschützschule, où certaines unités de Sturmgeschütze et Jagdpanzer séjournaient, est crée le 17 septembre 1943 à Janowitz. Elle prend le nom de SS-Panzerjäger (Sturmgeschütz) Schule Janowitz, ce qui montre que la lutte antichar est ajoutée à ses cours.
 
 
A cette occasion en avril 1944 le château est réquisitionné par la SS Kommandantur de Beneschau. Des ateliers de réparations pour les blindés sont créés, tout comme les baraquements avec une place centrale la "Adolf Hitler Platz". Tout est opérationnel le 15 juillet 1944, l'école d'instruction prend alors le nom de SS-Panzerjäger (Sturmgeschütz) Schule Janowitz

Des fantassins de différentes unités -dont certains Français- sont formés en tant que SS-Panzerjäger, les spécialistes de la lutte antichar.
 
Le 9 décembre 1944, avec un effet rétroactif au 1er décembre 1944, ordre est donné à la SS-Pz.Jäg.A.u.E.Abt 3 de former les français de la Waffen-Grenadier-Brigade der SS "Charlemagne". Parmi les Français il y a le jeune Christian Mazière, son témoignage permet d'identifier plusieurs lieux dont l'église qui abritait le magasin d'habillement et le matériel individuel. L'école où se déroule les cours théoriques du matin.
Le SS-Sturmbannführer Erich Sinn, formé à la Junkerschule de Brunswick et ancien commandant d’unités d’instruction StuG à Heidelager/Dębica, dirige la SS-Panzerjägerschule. Il loge dans la maison du maitre d'école. A la fin de la guerre, Sinn dirige la SS-Panzer-Jäger-Abteilung du SS-Kampfgruppe Wallenstein.
Début 1945, Mazière quitte l'école par la gare du village. En effet, Janowitz est contourné par une ligne de chemin de fer dont l'actuelle arrêt est situé au sud du bourg. 
 
Selon Christian de la Mazière, Waffen SS à la Division Charlemagne, l'église de Janowitz abritait l'habillement et le matériel individuel.
   
Cette carte postale de 1930 nous permet d'identifier l'emplacement de l'école grâce à l'inscription "skola" sur le mur. D'après notre vétéran, Mazière, l'école était le PC (français ?) de l'école de lutte antichar.

Sur cette photo nous voyons l'école sur la droite. Le village ayant été vidé de ses habitants le bâtiment de gauche, maintenant un cinéma (!) devait être utilisé par la Waffen SS, serait ce la maison du maitre d'école ?

En mai 1945, les allemands partent de Janowitz en laissant tout le matériel en place y compris quelques blindés (en panne d'essence). 

Pour la petite histoire

 
Dans le cimetière près de l'église Saint Martin (Staveho Martina), on peut y découvrir la tombe bien entretenue d'un prisonnier français mort à Janowitz. Il y avait une soixantaine de français dans le camp de prisonniers de Janowitz
 

SS-Pionierschule 4 Hradischko-Pikowitz

 
L'école du génie a été la première école militaire construite sur le camp d'entrainement de la Waffen SS de Bohème-Moravie (SS-Truppenünbungplatz Böhmen und Mahren) puisqu'elle est mise sur pied le 1er juillet 1942. Par mesure de sécurité les habitants, quelques centaines, ont été évacués.
Il ne s'agissait pas d'une simple école puisque l'on y comptait les bureaux administratifs, un SS-Lazarett, une école de conduite (Fahrschule), un régiment d'école du génie et un bataillon de construction du génie (SS-Pi.Bau.Btl.1).
 
La SS-Pionierschule est toujours debout et reste l'ensemble de bâtiment le plus important du village. A gauche avec son clocheton, le très modeste château 
 
La cour intérieure de la SS-Pionierschule
 
L'école de formation était dirigée par SS-Oberführer Emil Klein. Fait prisonnier à l'issue de la guerre il est libéré de sa prison tchèque à la fin de l'année 1964. Il il décède le 26 décembre 1970.
 
SS-Oberführer Emil Klein
 

Les Français à l'instruction

 
On retrouve quelques Français de la Waffen SS à Hradischko durant l'été 1944. Il s'agit alors de soldats volontaires de la SS-Sturmbrigade
Certains Français, dont un nombre de miliciens, de la 33.Waffen-Grenadier-Division der SS "Charlemagne" y font leurs formations qui s'étalent d'octobre à février 1945. Ils doivent composer les sections de pioniere des Regiments 57 et 58.  La Division sera bientôt engagée sur le front en Poméranie.
Les Français sont pris en charge par un SS-Unterstumführer allemand qui parlait parfaitement le français, pour faciliter les choses son adjoint, un SS-Unterscharführer était Alsacien ou Lorrain.
L'entrainement se fait dans les conditions réelles. Utilisation de mines, d'explosifs, de lance-flammes, attaque de bunkers, franchissement de rivière, construction de ponts sans oublier les marches de nuit. L'épuisante instruction durait à peu près deux mois voir trois selon certaines sources.
 
Naturellement le terrain d'entrainement s'étend bien au delà du village où il n'y a que les bâtiments. Les terrains de manoeuvre particulièrement dangereux sont délimités par des panneaux d'avertissement et la surveillance est faite depuis des miradors.
Les entrainements se font dans les nombreux villages alentours et sur le fleuve Vltava qui borde Hradistko, nom du village en tchèque. Par exemple le petit village de Brunsov (Brunschau) bordé par la Vlatva était lui aussi largement utilisé à l'instruction des SS-Pioniere.
 
Notons enfin Pikovice (Pikowitz), un ancien village rattaché à la municipalité depuis 1850, est devenu  le nom d'un des deux districts de Hradistsko.

La SS-Pionier Schule Hradischko-Pikowitz, le château est à l'extrémité gauche


Vestige de 1943 avec cette construction du SS-Wergeol Batl, une unité militaire de géologistes SS qui étudiait l'eau

Hradistko-Pikovice-Brunsov forment la municipalité de Hradistko. Bordé par les cours d'eau (Vlatva/Moldau) et un terrain vallonné l'endroit est idéal pour l'entrainement des SS-Pioniere.

La petite histoire

 
Fin avril 1945, la fin des combats est proche. Un mystérieux convoi militaire allemand est en route pour les gorges de Dusno situées au nord de Brunsov. Situées près du barrage de Stekovice, ces gorges comportent des tunnels créés pendant l'instruction des SS-Pioniere et des galeries d'anciennes mines utilisées au moyen âge pour l'extraction d'or.
Les hommes du convoi y dépose secrètement 30 caisses d'archives venues de Berlin. Plusieurs centaines d'entre elles, 540 au total, ont été évacuées de la capitale allemande par camions et Junkers 52, les 16 et 20 avril 1945. Elles arrivent à Prague le 22 avril. Martin Bormann ordonne alors au SS-Obersturmbannführer Emil Klein, commandant de la SS-Pionier Schule de stocker les archives dans un endroit sûr. Une galerie est rapidement sous les ordres du SS-Scharführer Achenbach. En mai 1945, c'est la capitulation.
 
Difficile d'imaginer en ces lieux que des caisses d'archives étaient cachées

En octobre 1945, SS-Scharführer Günther Achenbach de la SS-Pionier Schule est détenu dans un camp à Mulhouse. Après interrogatoire il révèle la cachette au service de renseignement français qui transmettent l'information aux américains, Achenbach veut leur servir de guide. L'intérêt du SS-Scharführer est simple, il a laissé sa petite amie à Hradistko et aimerait bien la revoir d'autant plus que celle-ci a accouché de son premier enfant.
 
Les fameuses caisses d'archives découvertes. Il en resterait plus de 510 autres.

Le 10 février 1946, 4 camions de l'US Army où se mêlent militaires agent de renseignements partent de Francfort pour Stekovice. Sur les indications d'Achenbach ils localisent la cachette très bien camouflée, les ouvriers forestiers qui travaillaient sur les lieux ne l'avaient d'ailleurs jamais découverte.
La porte de la galerie était totalement recouverte de terre, celle-ci était minée. Les caisses sont elles-même piégées.
Les archives sont ramenées en Allemagne malgré les protestations du gouvernement tchèque. Dans un soucis d'apaisement, le 7 mars 1946 les américains rendent les archives du SS-Obergruppenführer Karl Hermann Frank, ces dernières concernaient les projets de germanisation de la Bohème-Moravie. Des archives venues de Prague plutôt que Berlin.
Pour les autorités tchèques, d'autres archives sont cachées ailleurs. La zone est fouillée en 1963 et 1964 mais rien n'est retrouvé hormis du matériels militaires allemands, armes, munitions, radios disséminés dans des galeries... 
 

SS-Artillerieschule II Beneschau-Benesov

A Beneschau, maintenant Benesov,il y avait l'école d'artillerie SS. Heureusement la caserne n'a pas été détruite, il est donc tout à fait possible de l'approcher puisque ce n'est plus un domaine militaire.
Après leurs instructions à Sennheim en Alsace, les premiers français, officiers et sous-officiers débarquent du train à la gare de Benesov puis se rendent à la caserne d'artillerie pour y dormir et percevoir leur paquetage le lendemain. Il est alors question que les français soient versés dans l'artillerie mais trois semaines plus tard la Sturmbrigade est destinée à devenir une unité combattante d'infanterie. Les hommes sont envoyés alors à Netvorice.
Bien des mois après, les officiers d'artillerie de la 33.Waffen-Division der SS "Charlemagne" débarqueront à leur tour du train pour être formés dans cette caserne.

Officiers de la Waffen SS devant la SS-Artillerieschule de Beneschau, nous pouvons lire Stab-Lehrabteilung
 

SS sturmbrigade frankreich
La même caserne de nos jours située rue Taborska

La SS-Sturmbrigade à Netvorice

 
 
Avril 1944. Après leur arrivée dans la gare de Beneschau (Benesov), les Waffen-SS français sont rassemblés dans le village de Networstchitz (Netvorice). Ils sont près d'un millier, ce qui est beaucoup pour un si petit village, les infrastructures sont mauvaises, le moral très bas. Il fait froid et parfois il neige. Les Allemands décident  de les transférer rapidement à Neweklau.
A Netvorice de nos jours, si le coeur vous en dit ou plutôt par curiosité vous pouvez aller voir une stèle érigée en hommage aux morts de l'Armée Rouge dans le petit cimetière communal .  

Waffen SS français de la Sturmbrigade à l'instruction au SS-Truppenübungplatz Böhmen

SS sturmbrigade frankreich boheme moravie
L'entrée du village vous êtes au bon endroit !


SS sturmbrigade frankreich neveklov
l'église de Netvorice, des soldats catholiques pouvaient s'y retrouver les dimanches

Inhumés au cimetière militaire de Cheb

Le village tchèque de Cheb (Egra en français) n'est pas dans l'ancien terrain militaire mais on y trouve un cimetière militaire allemand où il y a entre autre des Français, des Belges morts durant l'instruction. Le cimetière a été crée entre 2008 et 2010, un peu plus de 6000 hommes y reposent. Pour info Kurt Knispel est lui enterré à Brno en Moravie.

Les corps des soldats enterrés précédemment à Prag-Podol semblent donc, du moins pour une partie, avoir été transférés à Cheb. Une piste à suivre pour retrouver les autres Français tombés durant l'entrainement.

Le SS-Oberscharführer André Gros est né à Nantes le 6 août 1921. Il décède à Networstchitz le 18 avril 1944. Certainement inhumé une première fois dans le camp d'entrainement, il est aujourd'hui inhumé au cimetière militaire de Cheb.  

SS français en republique tchèque
Le cimetière militaire allemand de Cheb. Au moins un volontaire français de la Waffen SS y repose, y en t-il d'autres ?

Les Waffen SS Belges à Cheb

 
Dans le même cimetière repose le SS-Oberscharführer André Dethy. Dethy est Belge, puisqu'il est né le 8 mars 1924 à Brussels. Ce Waffen SS de la Division Wallonie décède au SS-Lazarett de Prag-Podol le 13 janvier 1945. Il est au bloc 6 Rangée 8 Tombe 367.
 
Autre belge, le SS-Pionier Josef-Marius Vlaminck  né le 21 septembre 1916 à Brussels. Là encore il décède au SS-lazarett de Prag-Podol le 14 novembre 1944. Il est au bloc 6.
 
SS-Obergenadier Jan Alois Pottiau est un belge flamand, originaire de Gent, où il est né le 24 octobre 1919. Il est le fils de Georges Petiot et de Jeanne Constance. Il décède au SS-Lazarett de Prag-Podol le 27 juin 1944. Lui aussi est inhumé à Cheb.
 
SS-Rottenführer Julius van der Maelen est né le 24 avril 1914 à Louvain (Leuven). Il décède au SS-Lazarett de Prag Podol le 18 mai 1944. Inhumé à Cheb .

La SS-Sturmbrigade à Neveklov, Neweklau

Après une première affectation à Netvorice, la SS-Sturmbrigade est transférée à Neveklov. Les officiers et sous-officiers logent dans les maisons dans la rue principale. L'entrainement s'intensifie, il y a quelques blessés par balles voir même des morts.
 
SS sturmbrigade frankreich neweklau
l'endroit est idéal pour une belle balade à bicyclette

Un bataillon de la SS-Sturmbrigade quitte Neveklov à la fin juillet, direction la gare de Benesov pour enfin connaitre l'épreuve du feu en Galicie. Un autre bataillon, encore à l'instruction, reste dans le village.

Un endroit en particulier m'intéressait, l'église. Ce lieu cultuel recevait la visite, le dimanche, des légionnaires Wallons de Léon Degrelle. Les officiers et sous-officiers logeaient dans les maisons situées sur la place centrale.  
 
1944. Waffen SS français à l'instruction en Bohème

SS sturmbrigade frankreich neveklov
Neveklov une bourgarde endormie mais qui garde un charme d'époque 
SS sturmbrigade frankreich neveklov
L'église Saint Gall où les volontaires belges et français se rendaient pour la messe


SS sturmbrigade frankreich neveklov
Le volontaire Robert M, pouvoyeur MG, sera blessé en Galicie à l'été 1944

La tombe du volontaire Waffen SS Norbert Coeuret à Neveklov

 
Nous savons qu'un jeune français Waffen SS Norbert Coeuret est décédé son instruction puis a été inhumé au cimetière de Neweklau en 1944. Cette information est confirmée par le registre central tchèque des sépultures de guerre. A vrai dire dans le cimetière il y a un autre soldat, allemand cette fois-ci, chacun dispose de sa tombe individuelle.
 
Waffen SS français de la SS Sturmbrigade Frankreich
La tombe du SS-Freiwillige Norbert Coeuret (photo Ivo Stastny)
 
Norbert Coeuret (Coenor sur la croix) est né le 25 avril 1923 à Paris, il décède le 25 mai 1944  
Après la guerre à l'instar de celle de Kurt Knispel, les croix avaient été démolies mais fort heureusement l'emplacement de la tombe du jeune Norbert a été retrouvée dans les archives du ministère de la défense tchèque.

Portés disparus


Deux volontaires français, inscrits dans les registres de la Croix Rouge, sont portés disparus au terrain d'entrainement. Sont ils morts au SS-Lager Lazarett de Beneschau ? Dans ce cas ont ils été enterrés dans le carré militaire de la ville puis leurs tombes démolies après la guerre ?
 
Le SS-Mann Roger Vignard, né le 26 décembre 1926, et disparu en juillet 1944

Le SS-Mann Claude Cren, né le 29 août 1925 à Toulouse, disparu à Neweklau en mai 1944
 

Liens

 
"Pour l'Europe, les volontaires français de la Waffen SS" de Robert Forbes
"La Brigade Frankreich" de Jean Mabire
"Le rêveur casqué" de Christian de la Mazière 

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