lundi 17 juin 2024

Le suicide du SS-Obersturmbannfüher Erwin Horstmann


En ce printemps 2024, HistoReich s'était rendu au cimetière militaire allemand de Marigny où  nous avions vu la tombe du SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen. On profite du beau temps et nous continuons tranquillement notre visite. Nous nous rendons cette fois devant la tombe d'un officier très controversé de la 17.SS Panzergrenadier-Division "Gotz von Berlichingen".

In diesem Frühjahr 2024 hatte HistoReich den deutschen Soldatenfriedhof in Marigny besucht, wo wir das Grab von SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen gesehen hatten. Wir genießen das schöne Wetter und setzen unseren Besuch gemütlich fort. Diesmal stehen wir vor dem Grab eines sehr umstrittenen Offiziers der 17.SS Panzergrenadier-Division "Gotz von Berlichingen".


Qui est Erwin Horstmann ?


Erwin Horstmann est né le  2 novembre 1910 à Gütersloh en Rhénanie du Nord-Westphalie. En 1932, il s'engage à la SS (n°29 096) et adhère au NSDAP (n°455 574). En 1934, il intègre la SS-Junkerschule de Bad Tölz .
Le 20 avril 1935, il est élevé au grade de SS-Untersturmführer au  II./Deutschland
Le 1 avril 1936, il est à la Führerschule Braunschweig et il devient SS-Obersturmführer.
Le 9 novembre 1938, journée des promotions,  il est SS-Hauptsturmführer à la  4./SS-Standarte "Germania".


Erwin Horstmann

Années de Guerre

Le 1 octobre 1939, La LAH se restructure à Prague et évince les officiers jugés peu compétents pendant la campagne de Pologne. Horstmann, a une promotion, il quitte la Germania et prend le commandement de la 8.Kompanie de la 1. SS Leibstandarte Adolf Hitler.
Le 13 août 1940 il prend la tête la 10.Kompanie.
Le 6 avril 1941, il commande le II./LSSAH (2e bataillon de la division), il succède ainsi au SS-Sturmbannführer Wilhelm Monhke, qui a été sérieusement blessé lors d'un bombardement aérien juste avant le déclenchement de l'Opération Marita.
Le 9 mai 1941, Horstmann est nommé SS-Sturmbannführer. Le 1er novembre, il retourne à l'école des officiers SS de Bad Tölz.

En janvier 1943, Il commande la SS-Stug-Abt 9. de la  9.SS Panzergrenadier Division "Hohenstaufen". C'est une unité blindée constituée de Stug III.
Le 16 juin 1943 il est Kommandeur du I./SS-Pz.Gren-Rgt 25 de la 12 SS-Panzer-Grenadier-Division "Hitlerjugend". La division est alors en cours de formation.

Muté à la Götz von Berlinchingen

 
Le 2 novembre 1943, nouvelle mutation il prend le commandement du SS-Panzergrenadier Regiment 38 de la 17.SS Panzergrenadier-Division "Götz von Berlichingen". Rappelez vous Historeich avait déjà consacré quelques articles sur cette division SS notamment dans le secteur de Saumur (Maine et Loire).

Am 2. November 1943 wurde er erneut versetzt und übernahm das Kommando über das SS-Panzergrenadierregiment 38 der 17.SS Panzergrenadier-Division "Götz von Berlichingen". HistoReich hatte bereits einige Artikel über diese SS-Division verfasst, insbesondere über den Sektor Saumur (Maine et Loire).

Normandie 1944,  la mort

 
Le 20 avril 1944, Erwin Horstmann est nommé SS-Obersturmbannführer et comme nous le savons tous, le 6 juin 1944, c'est le débarquement en Normandie, l'Invasionsfront pour les Allemands.
Au début juillet, la Götz fait face aux américains près de Sainteny. Horstmann lance les hommes du II. et III. Bataillon dans des contre-attaques suicidaires qui tournent à la boucherie inutile. On compte près de 50% de pertes (blessés ou tués) d'ailleurs le SS-Sturmbannführer Ersnt Bolte y trouve la mort (voir sa tombe ci-dessous)
Pour répondre de ses actes irresponsables, le SS-Standartenführer Otto Baum, décide de le faire passer devant une cour martiale.
A l'instar du Kapitänleutnant Karl-Heinz Harlfinger il ne reste alors à Horstmann que deux choix possible, la cour martiale ou le suicide (!), en tous cas les officiers allemands prennent le soin de lui laisser un pistolet à porter de main, au cas ou.
Le 8 juillet 1944 à 2 kilomètres au sud-ouest d'Auxais, un claquement sec retentit, le SS-Obersturmbannführer Horstmann a finalement fait le choix de se tirer une balle dans la tête...
Le lendemain, le SS-Obersturmbannführer Kurt Launer prend le commandement du SS-Panzergrenadier Regiment 38.
 

Am 20. April 1944 wird Erwin Horstmann zum SS-Obersturmbannführer ernannt, und wie wir alle wissen, findet am 6. Juni 1944 die Landung in der Normandie statt, die Invasionsfront für die Deutschen.
Anfang Juli steht die Götz den Amerikanern in der Nähe von Sainteny gegenüber. Horstmann setzt die Männer des II. und III. Bataillons in selbstmörderische Gegenangriffe, die zu einem sinnlosen Gemetzel werden. Es gab fast 50% Verluste (Verwundete oder Tote) und der SS-Sturmbannführer Ersnt Bolte kam dabei ums Leben (siehe sein Grab unten).
Um sich für seine unverantwortlichen Handlungen zu verantworten, beschließt SS-Standartenführer Otto Baum, ihn vor ein Kriegsgericht zu stellen.
Wie Kapitänleutnant Karl-Heinz Harlfinger hat Horstmann nur zwei Möglichkeiten: Kriegsgericht oder Selbstmord (!), aber die deutschen Offiziere lassen ihm für den Fall der Fälle eine Pistole in der Hand.
Am 8. Juli 1944 ertönt 2 km südwestlich von Auxais ein lautes Knallen, und SS-Obersturmbannführer Horstmann hat sich schließlich dafür entschieden, sich eine Kugel in den Kopf zu schießen...
Am nächsten Tag übernimmt SS-Obersturmbannführer Kurt Launer das Kommando über das SS-Pz.Gr.Rgt 38.

 

Le cimetière de Marigny

 
Cimetière militaire allemand de Marigny
 
Le Deutscher soldaten Friedhof de Marigny se situe en rase campagne à 2 kilomètres du village de Thèreval dans la Manche.
Créé après la guerre, forcément, des soldats américains mais aussi allemands (4 246) y étaient enterrés. Dans les années 50, les dépouilles américaines sont transférées à Saint Laurent sur Mer mais celles des Allemands restent sur place et sous administration française, le nombre de morts monte à 5 713. 
 
Le cimetière est réaménagé de 1958 à 1960 et inauguré par le Volksbund le 2 septembre 1961. De nouvelles dépouilles provenant des villages ou bien tout simplement retrouvées pendant des travaux viennent agrandir le cimetière qui compte maintenant 11 169 personnes inhumées.

Rassemblant principalement les victimes de cette région de Normandie, on y trouve des marins, des pilotes, des soldats de la Panzer-Lehr Division, de la 17. SS-Panzer-Grenadier Division "Götz von Berlinchingen", de la Das Reich...
 
Tombe du SS-Obersturmbannführer Erwin Horstmann à Marigny
Cimetière militaire allemand de Marigny

Tombe du SS-Obersturmbannführer Erwin Horstmann à Marigny
Cimetière militaire allemand de Marigny

La tombe du SS-Obersturmbannführer Horstmann


SS-Obersturmbannführer Horstmann repose dorénavant au bloc 1 rangée 11 tombe 425 
 
Tombe du SS-Obersturmbannführer Erwin Horstmann à Marigny

Tombe du SS-Obersturmbannführer Erwin Horstmann à Marigny

 
A voir aussi :

Pendant que nous sommes au cimetière nous pouvons nous rendre sur la tombe du SS-Sturmbannführer Ernst Bolte.

Ernst Bolte est né le 28 juin 1914 à Vehlen. En septembre 1939, il est SS-Untersturmführer à la 7 Kompanie du régiment "Deutschland"puis le 10 avril 1941 il est SS-Hauptsturmführer et est muté à la 8 Kompanie du régiment "Deutschland".

A la création de la 17.SS Panzergrenadier Division "Gotz von Berlichingen" il prend le commandement du III./SS-Panzergrenadier-Regiment 38. Un bataillon qui compte quatre compagnies. En juin 1944, la Division SS rejoint l'Invasionsfront  où Bolte est tué par un éclat d'obus à la tête le 6 juillet 1944, à 1 kilomètres de Sainteny.

Tombe du SS-Sturmbannführer Ernst Bolte


A Lire

 
SS-Panzer-Abteilung 17 "Götz von Berlichingen" aux éditions Maranes

jeudi 6 juin 2024

Le gros moteur BMW 801 du Fw 190

 

Aujourd'hui, HistoReich prend la direction de l'est et revient au musée de l'aviation de Prague Kleby où j'avais déjà consacré quelques articles au Me 262 et Avia s-199 qui était un Messerschmitt Bf 109 version tchécoslovaque. Durant la seconde guerre mondiale, ce pays abritait de nombreux ateliers-usines d'armement, ils étaient suffisamment éloigné du front pour être abrités des bombardements aériens, jusqu'à ce que le front se rapproche dramatiquement.
Donc cette fois, je vais parler d'une partie importante du Focke-Wulf Fw 190 puisque je m'attarde  sur son gros moteur BMW retrouvé et conservé en République Tchèque à la fin de la guerre.

Heute macht sich HistoReich auf den Weg nach Osten und kehrt zum Prager Luftfahrtmuseum Kleby zurück, wo ich bereits einige Artikel über die Me 262 und die Avia s-199, eine Messerschmitt Bf 109 in der tschechoslowakischen Version, geschrieben hatte. Während des Zweiten Weltkriegs beherbergte dieses Land viele Waffenfabriken, die weit genug von der Front entfernt waren, um vor Luftangriffen geschützt zu sein, bis die Front dramatisch näher rückte.
Dieses Mal werde ich also über einen wichtigen Teil der Focke-Wulf Fw 190 sprechen, da ich mich auf den großen BMW-Motor konzentriere, der nach Kriegsende in der Tschechischen Republik gefunden und aufbewahrt wurde.

Le moteur BMW 801

Le BMW (Bayerische Motoren Werke) 801 est moteur à double étoile de 14 cylindres à injection à refroidissement par air (aidé pour cela de 12 pâles).

La conception du moteur, inspiré d'un moteur américain Pratt et Whitney, débute en 1938 sous la direction de l'ingénieur Martin Duckstein. Les premiers tests commencent en 1939 et ils annoncent de gros problèmes de chauffe moteur. Au début de sa carrière la fiabilité fait encore clairement défaut. Un gros travail sur les échappements sera réalisé pour réduire la température, le nombre de pâles de refroidissement passera de dix à douze et l'aérodynamisme de l'ensemble nez-capot moteur sera modifié. 

Ce type de moteur présente un avantage et un inconvénient. Il  offre une bonne résistance aux tirs ennemis, si l'un des cylindre est endommagé, les autres peuvent continuer à faire le travail. Il se montrait donc plus résistant à ce type d'impact que les Daimler Benz DB 601 ou DB 605 avec leurs cylindres en ligne et refroidissement liquide.

Les premiers moteurs 801 sortent des lignes de production à la mi-1940 et sont initialement fabriqués dans les usines BMW de Munich mais aussi à partir de 1943 dans la région de Berlin. La production est plutôt bonne puisqu'en 1944, près de 1000 moteurs sortent des usines.

Au cours de sa carrière, le 801 est décliné en plusieurs versions : C-0 et C-1, C2, D2, 801 TS... Le  BMW 801 D restera le moteur le plus produit. Il équipera aussi d'autres appareils allemands comme les Junkers Ju 88, Dornier Do 17...

Les mécaniciens travaillent sur un BMW 801 d'un Fw 190 


Der BMW (Bayerische Moteren Werke) 801 ist ein luftgekühlter 14-Zylinder-Doppelsternmotor mit Einspritzung (unterstützt von 12 Schaufeln).

Die Entwicklung des Motors, der von einem amerikanischen Pratt-und-Whitney-Motor inspiriert wurde, begann 1938 unter der Leitung des Ingenieurs Martin Duckstein. Die ersten Tests begannen 1939 und kündigten große Probleme mit der Erwärmung des Motors an. Zu Beginn seiner Karriere fehlt es noch deutlich an Zuverlässigkeit. Es wird viel Arbeit in die Auspuffanlage investiert, um die Temperatur zu senken, die Anzahl der Kühlrippen wird von zehn auf zwölf erhöht und die Aerodynamik der Motorhaube und der Nase wird verändert.

Dieser Motortyp hat einen Vor- und einen Nachteil. Er bietet eine gute Widerstandsfähigkeit gegen feindlichen Beschuss, denn wenn ein Zylinder beschädigt wird, können die anderen die Arbeit weiter erledigen. Er erwies sich daher als widerstandsfähiger gegen solche Treffer als die Daimler Benz DB 601 oder DB 605 mit ihren flüssigkeitsgekühlten Reihenzylindern.

Die ersten 801-Motoren liefen Mitte 1940 vom Band und wurden zunächst in den BMW-Werken in München, ab 1943 aber auch im Raum Berlin gefertigt. Die Produktion war recht gut, denn 1944 verließen fast 1000 Motoren die Fabriken.

Im Laufe seiner Karriere wird der 801 in verschiedenen Versionen angeboten: C-0 und C-1, C2, D2, 801 TS... Der BMW 801 D blieb der am häufigsten produzierte Motor. Er wird auch in andere deutsche Flugzeuge wie die Junkers Ju 88, Dornier Do 17... eingebaut. 

Le BMW 801 du musée de Prague-Kleby

Je me suis donc rendu au Letecke Museum à Prague-Kleby dans le hall où sont exposés l'Avia S-199 et le Sturmovik. Le BMW est posé sur un support de manutention d'époque, certainement récupéré dans l'un des multiples ateliers-usines d'avions du pays. L'avantage c'est que le moteur est conservé avec les capots moteur si caractéristiques du Focke Wulf

Ich besuchte also das Letecke-Museum in Prag-Kleby in der Halle, in der die Avia S-199 und der Sturmovik ausgestellt sind. Der BMW steht auf einem Fahrgestell , das sicherlich aus einer der vielen Flugzeugwerkstätten des Landes stammt. Der Vorteil ist, dass der Motor mit den für die Focke Wulf so charakteristischen Motorabdeckungen erhalten geblieben ist.

Le moteur BMW 801 est présenté sur son support d'époque

Les pâles de l'énorme ventilateur tournaient trois fois plus vite que l'hélice du Fw 190, ce qui permettait le refroidissement du moteur.  

En gros cela veut dire qu'il ne faut pas faire tourner le moteur sans les pâles de ventilation, casse moteur assuré dans le cas contraire

En novembre 2023, j'avais publié un article sur l'Oberfähnrich  Paul Heinz Friebel, le moteur de son avion est exposé au Deutsches Museum Flugwerft Schleissheim. Le 801 était en triste état mais c'est une belle pièce qui mérite amplement d'être exposée.

Im November 2023 hatte ich einen Artikel über Oberfähnrich Paul Heinz Friebel veröffentlicht, der Motor seines Flugzeugs ist im Deutschen Museum Flugwerft Schleissheim ausgestellt. Die 801 war in einem traurigen Zustand, aber es ist ein schönes Stück, das es mehr als verdient, ausgestellt zu werden.

Le BMW 801 du Fw 190 de l' Oberfähnrich  Paul Heinz Friebel

Le Focke Wulf Fw 190

Pour voir un Fw 190 en France, une seule adresse : le musée du Bourget près de Paris. J'ai consacré un article au NC 900, le Fw qui avait repris du service au sein de l'armée de l'air. L'article est consultable ici 

Le NC 900, un FW 190 allemand rebaptisé par l'Armée de l'air 

Um eine Fw 190 in Frankreich zu sehen, gibt es nur eine Adresse: das Museum von Le Bourget in der Nähe von Paris. Ich habe der NC 900 einen Artikel gewidmet, der Fw, die wieder in den Dienst der Luftwaffe gestellt worden war

Liens 

dimanche 26 mai 2024

Christian Tychsen und der tödliche Hinterhalt

La version française est disponible ici 

Ich stehe vor einem Grab, es ist Morgen, niemand ist auf dem Friedhof, es gibt keinen Lärm außer ein paar Vogelgesängen, die erfreulicher sind als das Krächzen der Raben und Krähen, es ist Frühling. Mit all den Kreuzen und Tafeln auf dem Boden ist die Atmosphäre entweder traurig oder ehrfürchtig, für mich beides. Vor einigen Jahren hatte ich einen kleinen Rückblick auf das SS-Panzer-Regiment 2 "Das Reich" im Departement Tarn et Garonne gemacht und war nach Caussade gefahren, wo 1944 Christian Tychsen, SS-Obersturmbannführer und Kommandeur des Panzerregiments, auf einem Platz stand. Heute stehe ich nun also in der Normandie vor seinem Grab auf dem deutschen Soldatenfriedhof in Marigny

"Das Reich" im Sommer 1944 

Nehmen wir den Faden der Geschichte wieder auf. Während das SS-Panzer-Regiment 2 "Das Reich" in Tarn et Garonne ausgebildet wird, erhält die SS-Panzer-Division Anfang Juni 1944 den Befehl, sich sofort an die Invasionsfront zu begeben. Sie muss nach Norden aufsteigen und mehrere hundert Kilometer zurücklegen. Die Strecke wird ein wenig mit dem Zug zurückgelegt, aber auch viel auf der Straße, wo sie dem Beschuss durch Widerstandskämpfer und den Angriffen der Jabos ausgesetzt ist. Christian Tychsen führt das Panzerregiment der Division "Das Reich" an und Ende Juli ist seine Einheit auf der Seite von Coutances-Cerisy la Salle, östlich des Flusses Sienne, positioniert. Ich lade Sie ein, SS-Panzer-Regiment 2 DR vom Maranes-Verlag zu lesen, um die Kämpfe des SS-Panzer-Regiments in der Normandie zu verfolgen. 

SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen

 Der Kessel von Roncey am 28. Juli 1944

Nach dem Ausbruch der Operation Cobra, die am 25. Juli 1944 von der 1st US Army gestartet wurde, rücken die Amerikaner weiter in Richtung Avranches vor. Die Aufgabe besteht darin, die deutschen Truppen einzukreisen und zu vernichten, die in einer großen Tasche eingeschlossen werden. Es handelt sich um die Fallschirmjäger der 91.Luftlandedivision, die Waffen-SS der 17. SS Panzergrenadier Division "Götz von Berlichingen" und der 2. SS-Panzerdivision "Das Reich" sowie weitere Infanterieeinheiten der Wehrmacht. An diesem Morgen des 28. Juli im Sektor Roncey wurden die deutschen Stellungen von Süden her von der 30th US Infantry Division, verstärkt durch die Shermans der 2nd US Armored Division, die in Richtung Westen vorrückten, überrannt.

28. Juli 1944, die Kessel von Roncey. Nach einem fast unmöglichen Gegenangriffsversuch in Richtung Osten versuchen die deutschen Truppen einen Rückzug in Richtung Südwesten. Der Gefechtsstand der 2. SS-Panzerdivision "Das Reich" befindet sich in der Nähe der amerikanischen Stellungen an der Kreuzung "Hauts-Vents". Rot eingekreist: der Hinterhalt.

Zu allem Überfluss sind auch noch die Jabos, die Jagdbomber, im Einsatz. Für die Deutschen wird die Lage kritisch, da sich die Kessel unaufhaltsam schließt. Die Amerikaner riegelten die Kreuzungen mit Panzern und Infanterie ab. Flugzeugangriffe führen zu Staus auf den Straßen und die Artillerie kommt zum Einsatz. Trotz ihrer immer noch großen Feuerkraft waren die Deutschen blockiert und mussten einen Teil ihrer Ausrüstung, Panzer, Lastwagen und Kanonen zurücklassen. 

Dieser Panzer IV Ausf H Nr. 831 des 8./SS-Pz.Rgt. 2 wird nicht aus der Tasche kommen, da er auf der Höhe der 34 avenue des Tilleuls in Saint-Denis-Le-Gast festgesetzt wurde. Die tragenden Rollen haben gelitten.


Heute

Der Hinterhalt am 28. Juli 1944

Es ist gegen 16 Uhr, als ein Kübelwagen auf der Départementale 7 (Achse Coutances-Gavray-sur-Sienne) in Richtung Süden fährt. In ihm am Steuer sitzt der Fahrer SS-Rottenführer Rolf Lemke, sein Beifahrer auf der rechten Seite ist SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen, auf der Rückbank sitzt SS-Obersturmführer Frotscher. Die drei Personen müssen auf der Hut sein, denn die Front bewegt sich seit dem Vormittag rasend schnell.

 

Die Kreuzung von Hauts-Vents im Jahr 1947, Nachstellung des Hinterhalts. Der Kübelwagen kam aus dem Norden und wollte nach Westen in Richtung Trelly fahren (orangefarbene Linie), aber die amerikanischen Panzer waren östlich der Kreuzung in einem Hinterhalt positioniert. Unter Beschuss genommen, endete die Fahrt des Kübelwagens an der Kreuzung.

Die Hauts-Vents

Der Wagen will gerade an der Kreuzung der D49 im Ort "Les Hauts-Vents" in Richtung Trelly abbiegen, wo sich nicht weit entfernt ein Bauernhof befindet, bei dem es sich um den Kommandoposten der 2. SS-Panzerdivision "Das Reich" handelt. Als der Wagen gerade abbiegen will, wird er Opfer eines intensiven und heftigen Maschinengewehrfeuers. Der Kübelwagen geriet in Seenot, die Fahrer Lemke und Tychsen blieben leblos auf der Vorderseite liegen und das Auto kam an der Kreuzung zum Stehen. Der hintere Passagier Frotscher konnte jedoch aus dem Auto springen und sich in Sicherheit bringen, bevor er trotz eines Schusses in den Hintern und anderer Verletzungen schnell in Richtung Westen flüchtete. Was ist passiert ?

Wenn wir uns die Luftbilder und Karten aus der Zeit ansehen, stellen wir fest, dass sich die Orte nicht verändert haben und die Häuser noch immer da sind. Es ist daher leicht, den Weg des Kübelwagens nachzuvollziehen.

An diesem Nachmittag des 28. Juli 1944 versuchten die Amerikaner, die Kessel von Roncey zu schließen. Zu diesem Zweck wurden Sherman-Panzer, die durch Infanterie verstärkt wurden, an die Straßenkreuzungen geschickt. So positionieren sich zwei Shermans M4 der H company des 67th Armored Regiment mit ihrer Infanterie an der Kreuzung "Hauts-Vents". Eine Piper L-4 "Grasshopper" wird am Himmel beobachtet. 

An der Kreuzung "Les Hauts-Vents" will der Kübelwagen nach rechts abbiegen, doch zwei Shermans lauern links auf ihn.

Die gerade Linie auf der D7, die nach Coutances führt, wo noch immer deutsche Truppen stationiert sind, ist mehrere Kilometer lang. Wer sich an der Kreuzung positioniert, hat also freie Sicht und es ist für den deutschen Kleinwagen schwierig, dem amerikanischen Kommando zu entkommen, das ihn aus der Ferne gesehen und gehört haben muss. Für den Fahrer des Kübel, SS-Rottenführer Lemke, versperrten die beiden Häuser an der Kreuzung die Sicht zur Seite - eine ideale Falle.

Die Kreuzung von Hauts Vents, die D7 in Richtung Coutances. Der Kübelwagen kam uns entgegen und wollte gerade nach links abbiegen.

Der Kübelwagen näherte sich der Kreuzung, als er von einem der beiden Shermans mit einem Maschinengewehr (7.62 oder 12.7) beschossen wurde. Der Schütze war Russel Needles, natürlich war er nicht der einzige, der das Feuer eröffnete, die GIs waren wohl nicht zimperlich.
Lemke scheint sofort tot gewesen zu sein, Tychsen, falls er verletzt war, hatte wohl nur einen kurzen Todeskampf, da sein Brustkorb von allen Seiten mit Maschinengewehren beschossen wurde. Hinten konnte SS-Obersturmführer Frotscher den Kugeln nicht ausweichen, aber es gelang ihm dennoch, aus dem Auto zu springen und sich hinter einer Hecke zu verstecken, bevor er sich zu Fuß zum Divisionsgefechtsstand begab. Wenn sich der Gefechtsstand einen Kilometer westlich der Kreuzung befindet, muss die Schießerei zu hören gewesen sein, denn eine 12,7 mm-Kanone macht Lärm, wenn sie nicht gerade Ladehemmungen hat.
In der Nähe des Gefechtsstandes stößt Frotscher auf die Waffen, die als Wachen aufgestellt sind. Er erstattet den Offizieren Bericht und lässt sich behandeln, da ihn eine Kugel am Gesäß getroffen hat. Die Deutschen versuchen, Funkkontakt mit den Amerikanern herzustellen, um den Kommandeur zurückzuholen, die Möglichkeit eines Gefangenenaustauschs wird erwähnt, aber der Anruf bleibt unbeantwortet...

Der Kübelwagen des SS-Obersturmbannführer Tychsen liegt an der Kreuzung D 49-D 7 in der Nähe eines Kreuzes (!) mit platten Reifen und offener Motorhaube. Auf dem Foto wird ein anonymer deutscher Gefangener in einem Jeep abgeführt. Was ist das Objekt, das neben dem Kübel liegt, ein Metallgestell mit einem Verdeck? In der Nähe der Häuser scheint ein Körper einige Meter neben dem deutschen Auto zu liegen. Ist es Lemke, Tychsen oder ein Kamerad des Gefangenen?

 
Die Örtlichkeiten haben sich nicht verändert, wir sehen, dass der Sherman entlang des Hauses auf der rechten Seite in Stellung war.

Eine deutsche Patrouille wird daraufhin in Richtung der Kreuzung geschickt. Natürlich stellt die Waffen-SS fest, dass die Amerikaner immer noch da und gut bewaffnet sind, sodass die Patrouille nicht an den Kübelwagen herankommt. Getarnt beobachten sie die Szene und stellen bitter fest, dass SS-Rottenführer Lemke noch immer am Steuer des Wagens liegt, der Kommandeur aber nicht mehr da ist. Sie sind gezwungen, umzukehren und berichten dem Gefechtsstand.

Da es keine Leiche gibt, sind alle Vermutungen möglich: Ist Christian Tychsen tot oder verwundet, wenn ja, wurde er irgendwohin evakuiert?
Die Realität ist bitter: Christian Tychsen ist tatsächlich an der Kreuzung Hauts-Vents gestorben. Die Amerikaner berauben seinen Leichnam, sie reißen ihm seine Orden ab, nehmen ihm den Gürtel ab, nehmen ihm sein Soldbuch und seine Erkennungsmarke weg - das werden Kriegserinnerungen sein. Tychsen wird anonym an der Kreuzung begraben, er ruht in der Erde mit seiner Uniform, die immerhin noch seine Dienstgrade am Kragen trägt, und seinen Stiefeln. Der Ort seines provisorischen Grabes ist dennoch vermerkt, er wird nicht wie der in der Mayenne gefallene SS-Sturmbannführer Ludwig Kepplinger vergessen werden.
Der am 25. März 1905 in Berlin geborene SS-Rottenführer Lemke wird am 31. Juli 1944 mit seiner Erkennungsmarke in Saults beerdigt (das Problem ist, dass ich in der Nähe von Trelly keine Saults finde). Seine sterblichen Überreste blieben dort bis Ende Oktober 1944, bevor sie von den amerikanischen Behörden exhumiert wurden. Nach seiner Identifizierung wird er auf den gesamten Militärfriedhof gebracht.

SS-Obersturmführer Frotscher

Es bleiben Fragen offen...

Laut der Website dday-overlord.com (https://www.dday-overlord.com/bataille-normandie/communes/manche/trelly) begannen die Shermans am 28. Juli nach ihrer Ankunft an der Kreuzung den Kampf gegen einen deutschen Konvoi, Fahrzeuge wurden zerstört und eine Zivilistin, die 23-jährige Paulette le Collet, wurde durch eine verirrte Kugel getötet. Ein zweiter Konvoi wird von den Shermans beschossen, dann kommt der Kübelwagen... Man fragt sich, warum die Besatzung des Kübelwagens dieses Gemetzel nicht gesehen hat, bevor sie am Ort des Geschehens ankam. Ein weiterer Punkt ist, dass es eine Paulette Lacolley gibt, die in Trelly geboren wurde und dort wohnte, aber am 7. August 1944 in Coutances an den Folgen ihrer Verletzungen gestorben sein soll?
Und schließlich: Warum wurden Tychsen und Lemke einige Kilometer voneinander entfernt begraben ?

Der deutsche Soldatenfriedhof in Chêne-Guerin

Ab dem 7. August 1944 legten die Amerikaner in der Nähe von Chêne-Guerin, im Weiler "Les Landelles", einen provisorischen Friedhof an, um die sterblichen Überreste der während der Kämpfe getöteten Soldaten aufzunehmen. Es wurden zwei Grabfelder angelegt, ein amerikanisches und ein deutsches (1628 Opfer, darunter Hiwis). Die beiden Grabfelder sind durch die Straße voneinander getrennt.
SS-Obersturmführer Tychsen wird am 29. Oktober 1944 vom Straßenrand exhumiert, die genaue Stelle muss in den amerikanischen Archiven verblieben sein. Sein Körper, der noch nicht identifiziert ist, wird in Les Landelles in einem unbekannten Grab in Block P, Reihe 4 Grab 74 beigesetzt.
Sein Fahrer, SS-Rottenführer Lemke, kommt am 25. Januar 1945 auf den Friedhof. Er wird in Block M Reihe 10 Grab 196 beigesetzt.
Im Laufe der Jahre wird der Friedhof, der Friedhof der "Krauts", wie die örtliche Bevölkerung sagt, immer weniger gepflegt, Brombeerranken überwuchern den Ort, einigen Verstorbenen wurden sogar die Goldzähne herausgerissen.
1954 wollten die Landwirte, denen das Gelände gehörte, ihre Felder zurückhaben, so viel zu den Leichen, die dort lagen, der Groll war hartnäckig. Schließlich begann der Volksbund 1957 mit der Umbettung der deutschen Soldaten und Hiwis auf den deutschen Militärfriedhof in Marigny, wo sie gut behütet und ihre Gräber gepflegt werden sollten. 

Juni 1947, die beiden Friedhöfe liegen entlang der Straßenränder. Der deutsche Teil glänzt durch seine Schlichtheit


1955. Der amerikanische Soldatenfriedhof ist verschwunden, es gibt nur noch den deutschen, der schlecht gepflegt war.


Der deutsche Soldatenfriedhof in Marigny

1968 (oder 1967) exhumiert der Volksbund die Leiche eines unbekannten Offiziers, "Ein Deutscher Soldat". Sein Skelett weist offensichtlich Verletzungen auf (Schulter, Oberschenkel und Bein), aber auch, und das ist ein wichtiger Hinweis, eine Brücke mit acht Goldzähnen im Unterkiefer. Auf dem oben geposteten Portraitfoto ist zu sehen, dass sein Kiefer 1942 durch eine sowjetische Granate schwer verletzt wurde. Auch die Größe und das ungefähre Alter stimmen mit denen von Tychsen überein. Seine Identifizierung ist somit bestätigt.
SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen ruht jetzt in Block 5 Reihe 24 Grab 1196 

Deutscher soldatenfriehof Marigny

Das Grab von Christian Tychsen

Das Grab von Christian Tychsen

 

SS-Rottenführer Rolf Lemke wurde ebenfalls auf dem Friedhof von Marigny in Block 5 Reihe 29 Grab 1437 beigesetzt.

Links

Das SS-Panzerregiment Das Reich in Tarn et Garonne 


mardi 21 mai 2024

Christian Tychsen et l'embuscade fatale

 

Me voilà devant une tombe, c'est le matin il n'y a personne dans le cimetière, il n'y a aucun bruit si ce n'est quelques chants de petits oiseaux , plus réjouissant que le croassement des corbeaux et des corneilles, c'est le printemps. Avec toutes ces croix et plaques au sol, l'ambiance incite à la tristesse ou au respect, les deux à la fois pour ma part. Il y a quelques années, j'avais fait un petit retour sur le terrain sur le SS-Panzer-Regiment 2 "Das Reich" dans le Tarn et Garonne, je m'étais rendu à Caussade où se tenait sur une place en 1944 Christian Tychsen, SS-Obersturmbannführer et Kommandeur du régiment de Panzers. Aujourd'hui, je me retrouve donc en Normandie devant sa tombe au cimetière militaire allemand de Marigny

La "Das Reich" à l'été 1944

Reprenons le fil de l'Histoire, alors que le SS-Panzer-Regiment 2 "Das Reich" est en formation dans le Tarn et Garonne, début juin 1944 la SS-Panzer-Division reçoit l'ordre de se rendre immédiatement sur l'invasionsfront, elle doit remonter vers le nord et parcourir plusieurs centaines de kilomètres. Le trajet est effectué un peu en train mais aussi beaucoup par la route où elle doit essuyer les tirs des résistants et les attaques de Jabos. Christian Tychsen est à la tête du régiment de panzers de la division "Das Reich" et à la fin juillet, son unité est positionnée du côté de Coutances-Cerisy la Salle à l'est de la rivière Sienne. Je vous invite à lire SS-Panzer-Regiment 2 DR des éditions Maranes pour suivre les combats du SS-Panzer-Regiment en Normandie.

SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen

 

 La poche de Roncey au 28 juillet 1944

Après le déclenchement de l'opération Cobra lancée le 25 juillet 1944 par la 1st US Army, les Américains continuent d'avancer en direction d'Avranches, la mission est d'encerclée et d'anéantir les troupes allemandes qui seront enfermées dans une vaste poche. Il s'agit des parachutistes de la 91.Luftlande Division, des Waffen SS de la 17. SS Panzergrenadier Division "Götz von Berlichingen" et de la 2. SS-Panzerdivision "Das Reich" et d'autres unités d'infanterie de la Wehrmacht. En ce matin du 28 juillet dans le secteur de Roncey, les positions allemandes sont prises à revers depuis le sud par la 30th US Infantry Division renforcée par les Shermans de la 2nd US Armored Division qui progressent vers l'ouest. Depuis maintenant deux jours, suite à la blessure du SS-Brigadeführer Heinz Lammerding lors de la bataille de Sainteny, Christian Tychsen est provisoirement le Kommandeur de la 2. SS Panzer-Division "Das Reich".

28 juillet 1944, la poche de Roncey. Après une tentative de contre-attaque quasi impossible vers l'est, les troupes allemandes vont tenter un repli vers le sud-ouest. Le PC de la 2. SS-Panzerdivision "Das Reich" est situé à proximité des positions américaines au carrefour des "Hauts-Vents". Cerclé de rouge, l'embuscade.  

Pour ne rien arranger, les Jabos, les chasseurs bombardiers sont aussi de sortie. Pour les Allemands la situation s'avère critique, la poche se referme inexorablement. Les Américains verrouillent les carrefours en y postant des chars et de l'infanterie. L'attaque des avions crée des embouteillages sur les routes, l'artillerie entre en action. Malgré une puissance de feu encore importante, les Allemands sont bloqués et doivent abandonné une partie du matériel, chars, camions et canons.    

Ce Panzer IV Ausf H Nr 831 de la 8./SS-Pz.Rgt 2 ne sortira pas de la poche puisqu'il a été immobilisé au niveau du 34 avenue des Tilleuls à Saint-Denis-Le-Gast. Les galets porteurs ont souffert.
La maison de nos jours, le blindé à plusieurs millions d'euros a certainement été ferraillé 
 

Le 28 juillet 1944, l'embuscade

 
Il est environ 16 heures, lorsque une Kübelwagen roule en direction du sud sur la Départementale 7 (axe Coutances-Gavray-sur-Sienne). A son bord au volant, il y a le conducteur le SS-Rottenführer Rolf Lemke, son passager à droite est le SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen, assis à l'arrière le  SS-Obersturmführer Frotscher. Les trois personnages doivent être sur leurs gardes, le front bouge à toute allure depuis la matinée.
 
La voiture s'apprête à tourner à l'intersection de la D49 au lieu-dit "Les Hauts-Vents"  pour prendre la direction de Trelly où se trouve non loin une ferme qui est le Poste de Commandement de la  2. SS-Panzerdivision "Das Reich". Alors qu'il s'apprête à tourner, le véhicule est victime d'un mitraillage intensif et violent. La Kübelwagen est en perdition, le chauffeur Lemke et Tychsen inanimés s'affalent sur l'avant et la voiture s'immobilise au carrefour, le passager arrière Frotscher parvient néanmoins à sauter de la voiture et à se mettre à l'abri avant de s'enfuir rapidement en direction de l'ouest malgré une balle dans les fesses et on s'en doute d'autres blessures. Que s'est il passé ?

Le carrefour des Hauts-Vents en 1947, reconstitution de l'embuscade. La Kübelwagen venait du nord pour se diriger à l'ouest vers Trelly (ligne orange) mais les blindés américains étaient positionnés en embuscade à l'est du croisement. Prise sous le feu, le voyage de la Kübelwagen s'est arrêtée au croisement.

Les Hauts-Vents

 
Lorsque l'on regarde les images aériennes et les cartes d'époque nous remarquons que les lieux n'ont pas changé, les maisons sont toujours là. Il est donc facile de retracer le parcours de la Kübelwagen.
 
En cet après-midi du 28 juillet 1944, les Américains tentent de fermer la poche de Roncey, pour cela des chars Shermans renforcés par de l'infanterie sont envoyés aux carrefours des routes. C'est ainsi  que deux Shermans M4 de la H company du 67th Armored Regiment avec son infanterie se positionnent au carrefour des "Hauts-Vents". Un piper L-4 "Grasshopper" est en observation dans le ciel.

Le carrefour "Les Hauts-Vents", la Kübelwagen s'apprête à tourner à droite mais deux Shermans sont en embuscade à gauche.   

La ligne droite sur cette D7 qui mène à Coutances où son encore stationnées des troupes allemandes est longue, plusieurs kilomètres, la vue est donc dégagée pour celui qui se positionne au carrefour et il est difficile à la petite voiture allemande d'échapper au détachement américain qui a du la voir et l'entendre de loin. Pour le chauffeur de la Kübel, le SS-Rottenführer Lemke, les deux maisons située à l'intersection lui bouchent la vue latérale, le piège idéal.

Le carrefour des Hauts Vents, la D7 en direction de Coutances. La Kübelwagen arrivait face à nous et s'apprêtait à tourner sur notre gauche.  

La Kübelwagen s'approche du carrefour lorsqu'elle est prise sous le feu d'une mitrailleuse (7.62 ou 12.7) d'un des deux Sherman, le tireur serait Russel Needles, naturellement il n'était pas le seul à ouvrir le feu, les GI's n'ont pas du se gêner. 
Lemke semble avoir été tué sur le coup, pour Tychsen s'il était blessé son agonie du être brève, son thorax a été mitraillé de toute part. A l'arrière, le SS-Obersturmführer Frotscher n'a pas pu éviter les balles lui aussi mais il réussit tout de même à sauter de la voiture et à se cacher derrière une haie avant de rejoindre  le PC divisionnaire à pieds. D'ailleurs si le PC est situé à un kilomètre à l'ouest du carrefour, la fusillade a du s'entendre puisqu'une 12.7mm ça fait du bruit, lorsqu'elle ne s'enraye pas.
A proximité du PC, Frotscher tombe sur les Waffen placés en sentinelles, il fait son rapport aux officiers et se fait soigner, une balle lui a touché le fessier. Les Allemands tentent d'établir un contact radio avec les Américains dans le but de récupérer le Kommandeur, la possibilité d'un échange de prisonniers est évoquée mais l'appel reste sans réponse...
 
 Pneus crevés, capot moteur ouvert, tout comme la porte conducteur, la Kübelwagen du SS-Obersturmbannführer Tychsen git  au carrefour de la D 49-D 7 près d'une croix (!). Sur la photo, un prisonnier allemand anonyme est emmené sous escorte en jeep. Quel est l'objet placé à côté de la Kübel, une armature métallique avec sa capote ? Près des maisons un corps semble allongé à quelques mètres de la voiture allemande, est ce Lemke, Tychsen ou un compagnon d'arme du prisonnier ? 

 
Les lieux n'ont pas changé, nous voyons que le Sherman était en position le long de la maison à droite. La route en face amenait au PC divisionnaire  

Une patrouille allemande est alors envoyée en direction du carrefour, naturellement les Waffen SS constatent que les Américains sont toujours là et bien armés, la patrouille ne peut pas s'approcher de la Kübelwagen. Camouflés, ils observent la scène et constatent amèrement que le SS-Rottenführer Lemke git toujours au volant de la voiture mais que le Kommandeur n'est plus là. Ils sont contraint de rebrousser chemin et font le rapport au PC.

Avec l'absence de corps toutes les suppositions sont possibles : Christian Tychsen est mort ou blessé ? si oui a t-il été évacué quelque part ? 
La réalité est amère, Christian Tychsen est bien mort au carrefour des Hauts-Vents. Les Américains dépouillent son cadavre, ils lui arrachent ses décorations, lui enlèvent son ceinturon, lui prennent son soldbuch, sa plaque d'identification, ce seront des souvenirs de guerre. Tychsen est ensuite enterré au carrefour de manière anonyme, il repose sous terre avec son uniforme, qui a tout de même gardé ses grades au col. L'endroit de sa tombe provisoire est tout de même noté, il ne sera pas oublié comme le SS-Sturmbannführer  Ludwig Kepplinger tué en Mayenne.
Le SS-Rottenführer Lemke né à Berlin le 25 mars 1905 est enterré le 31 juillet 1944 à Saults avec sa plaque d'identification (le problème est que je ne trouve aucun Saults près de Trelly). Sa dépouille y restera jusqu'à la fin octobre 1944 avant d'être exhumé par les services américains. Identifié, il rejoindra le cimetière militaire allemand de Chêne-Guerin
 
SS-Obersturmführer Joachim Frotscher

 

Des questions demeurent...

 
D'après le site internet dday-overlord.com (https://www.dday-overlord.com/bataille-normandie/communes/manche/trelly), le 28 juillet, dès leur arrivée au carrefour les Shermans engagent le combat contre un convoi allemand, des véhicules sont détruits et une civile, Paulette le Collet 23 ans est tuée d'une balle perdue. Un second convoi est encore pris sous le feu des Shermans puis vint la Kübelwagen...On se demande bien comment l'équipage de la Kübelwagen n'ait pas vu ce carnage avant d'arriver sur les lieux  ? Autre point, il y a bien une Paulette Lacolley née et domiciliée à Trelly mais elle serait décédée à Coutances  le 7 août 1944, des suites de ses blessures ? 
Enfin pourquoi Tychsen et Lemke ont été enterrés à quelques kilomètres l'un de l'autre ?
 
Le 28 juillet 1944, Louis Guillotte de la ferme la Noraiserie, sur la D 248 à 800 mètres au sud-ouest de Guéhébert, s'était rendu sur les lieux de l'embuscade rencontré les Américains (avec une bouteille maison ?). Il aurait pris le pistolet P38 et le masque à gaz de Lemke.

 

Le cimetière militaire allemand à Chêne-Guerin

 
A partir du 7 août 1944, les Américains  aménagent près de Chêne-Guerin, au hameau "Les Landelles" un cimetière provisoire pour accueillir les dépouilles des soldats tués pendant les combats, deux carrés sont créés, l'un américain, l'autre allemand (1628 victimes dont des Hiwis). Les deux carrés sont séparés par la route.
Le SS-Obersturmführer Tychsen est exhumé du bord de la route le 29 octobre 1944, l'emplacement exact doit être resté dans les archives américaines. Son corps qui n'est pas encore identifié est inhumé aux Landelles en tombe inconnu au bloc P, rangée 4 tombe 74.
Son chauffeur, le SS-Rottenführer Lemke rejoint le cimetière le 25 janvier 1945. Il est inhumé au bloc M rangée 10 tombe 196.
Au fil des ans, le cimetière, celui des "boches" comme dit la population locale, est de moins en moins entretenu, les ronces envahissent les lieux, certaines dépouilles ont même eu leurs dents en or arrachées.
En 1954, les agriculteurs propriétaires du terrain veulent récupérer leur champ, tant pis pour les corps qui y reposent, la rancoeur est tenace. Finalement en 1957, le Volksbund commence le transferts des soldats allemands et hiwis vers le cimetière militaire allemand de Marigny où ils seront bien gardés et leurs tombes entretenues. 
 
Juin 1947, les deux cimetières longent les bords de la route. La partie allemande brille par sa simplicité 

 
1955. Le cimetière militaire américain a disparu, il ne reste que l'allemand qui était mal entretenu.
  

Le cimetière militaire allemand de Marigny

 
 
Le Deutscher soldaten Friedhof de Marigny se situe en rase campagne à 2 kilomètres du village de Thèreval dans la Manche.
Créé après la guerre, forcément, des soldats américains mais aussi allemands (4 246) y étaient enterrés. Dans les années 50, les dépouilles américaines sont transférées à Saint Laurent sur Mer mais celles des Allemands restent sur place et sous administration française, le nombre de morts monte à 5 713. 
 

 
En 1957, le cimetière maintenant pris en main par le Volksbund compte de nouvelles arrivées dont notamment les soldats du cimetière des Landelles. Il est réaménagé de 1958 à 1960 et inauguré par le Volksbund le 2 septembre 1961. De nouvelles dépouilles provenant des villages ou bien tout simplement retrouvées pendant des travaux viennent agrandir le cimetière qui compte maintenant 11 169 personnes. 
 

Rassemblant principalement les victimes de cette région de Normandie, on y trouve des marins, des pilotes, des soldats de la Panzer-Lehr Division, de la 17. SS-Panzer-Grenadier Division "Götz von Berlinchingen", de la Das Reich...
 

La tombe de Christian Tychsen

 
En 1968 (ou 1967), le Volksbund exhume le corps d'un officier inconnu, "Ein Deutscher Soldat". Dossier dentaire en main, les grades retrouvés identifient un SS-Obersturmbannführer, son squelette montre visiblement des blessures (épaule, cuisse et jambe) mais aussi et c'est un indice primordial, celle d'un bridge avec 8 dents en or à la mâchoire inférieure, on peut voir sur la photo de son portrait postée plus haut que sa mâchoire avait été sérieusement blessée par une grenade soviétique en 1942. La taille et l'âge approximatif correspondent aussi à celle de Tychsen. Son identification est donc confirmée.
SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen repose maintenant au bloc 5 rangée 24 tombe 1196 

Tombe du SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen à Marigny

Tombe SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen Marigny


Le SS-Rottenführer Rolf Lemke est lui aussi inhumé au cimetière de Marigny au bloc 5 rangée 29 tombe 1437

Liens

 

Nous lirons


Naturellement comment ne pas évoquer l'excellent SS-Panzer-Regiment 2 DR des éditions Maranes, le livre a servi de base à cet article.
Normandie 1944 n°21, Enquête: la mort de Tychsen