dimanche 19 juin 2022

La triste fin de Karl-Heinrich Harlfinger

 
Beaucoup de sous-mariniers ont péri en mer et ont disparu pour toujours, certains ont vu leurs bateaux coulés près de leur port d'attache, ils ont alors une "chance" d'être repêchés ou être inhumés dignement. C'est le cas des marins du U-526 du kapitänleutnant Hans Möglich ou du U-171
Aujourd'hui HistoReich se rend sur la tombe d'un capitaine de U-Boot, celle de Karl-Heinrich Harlfinger qui a connu une mort pour le moins tragique.
 

Qui est Karl-Heinrich Harlfinger ?    

Karl-Heinrich "Heinz" Harlfinger est né le 2 août 1915 à Iena en Thuringe.

Karl-Heinrich Harlfinger

Le 25 septembre 1935, il entre dans la Kriegsmarine en tant que Seekadett. Le 1er juillet 1936, il devient sous-officier avec le grade de Fähnhrich zur See puis le 1er février 1939 il est nommé Leutnant zur See.

En septembre 1939, il embarque sur le navire école "Blücher", un croiseur lourd. Alors qu'il est en Norvège en avril 1940 le Blücher est coulé, fort heureusement pour lui Harlfinger survit au naufrage et prend la tête de la flottille du port d'Oslo jusqu'en mars 1941 puis celle de Trondheim jusqu'en juin 1941.

Kapitänleutnant Karl-Heinrich Harlfinger
9 avril 1940. Les marins du croiseur Blücher se sont regroupés sur le pont arrière et vont rejoindre la rive soit par canots soit à la nage.

A partir de ce moment là il part à l'instruction dans l'armée sous-marine, U-Fahrausbildungslehrgang jusqu'en novembre 1941 puis il est muté sur le U-84 de l'Oberleutnant Horst Uphoff  qu'il quitte en juin 1942 pour rejoindre l'école de Kommandant.

L'Unterseeboot 269, un sous-marin de type VIIC a été mis en service le 19 août 1942 à Bremen, Harlfinger prend les commandes de son bateau et l'instruction (Ausbildungsboot) est donnée  à Danzig dans la Baltique au sein de la 8.U-flottille. Le 16 mars 1943, Le bateau quitte Kiel et intègre la 11.Unterseebootflotille de Bergen. Le 23 avril 1943, après une mission de 32 jours il arrive au port de Narvik. Dès le lendemain le bateau repart vers Bergen, Harlfinger malade, est hospitalisé dans la ville norvégienne le 27 avril .

Une partie de l'équipage du U-269 prend le frais  

Le 1er octobre 1943, Harlfinger est nommé Kapitänleutnant . Le 1er novembre 1943, le U-Boot est versé à la 6. Unterseebootflotille de Saint Nazaire. Le 15 décembre 1943, alors à l'affut près d'un convoi navigant dans le nord de la Manche le sous-marin est endommagé par l'ennemi et doit retourner à Saint Nazaire.

La mort de Harlfinger

 
L'hôtel Majestic à La Baule où s'est suicidé le Kapitänleutnant Harlfinger
 
Nous sommes à l'hôtel Majestic de la Baule le 21 mars 1944. Il est midi lorsque, le matrose Kräkel entend un claquement, le marin frappe alors à la porte de la chambre du capitaine, il n'obtient aucune réponse. Kräkel ouvre la porte et découvre Harlfinger avachi sur son lit...il vient de se suicider d'une balle dans la tête. Le Dr Hengel dépêché sur les lieux ne peut que constater le décès.

Les rumeurs racontaient qu'il avait contracté une maladie vénérienne avec une française travaillant pour la marine et qu'elle l'aurait dit la vieille au Chef de la 6. U-Flotille. Une affaire qui aurait amené Harlfinger devant un conseil de discipline s'il ne n'était pas suicidé avant. De l'avis de son équipage, rien ne pressentait un tel acte.  

Le 24 mars, il est inhumé avec les honneurs au cimetière allemand de Saint Sébastien à Pornichet. Ce cimetière comptera à la fin de la guerre pas moins de 1753 victimes.
 
Cimetière militaire allemand de Pornichet
24 mars 1944, inhumation de Karl-Heinrich Harlfinger au cimetière Saint Sébastien
 
Au total Harlfinger aura effectué 2 patrouilles pour un total de 74 jours en mer à bord de son U-Boot. Il n'aurait coulé aucun navire ennemi.
 

La tombe du Kapitänleutnant Harlfinger

Le capitaine est inhumé au cimetière militaire allemand de Pornichet. Il repose au Bloc 2 Rangée 2 Tombe 49

Cimetière militaire allemand de Pornichet
Plaque de Karl-Heinz Harlfinger au cimetière militaire de Pornichet

Le cimetière militaire allemand de Pornichet

Le cimetière militaire allemand ou Deutscher Soldatenfriehof est situé au 37 chemin de la Gruche et route de la Villes Mahaud à Pornichet. Celui-ci est au même emplacement que celui inauguré durant la seconde guerre mondiale, les tombes individuelles avec croix et les allées ont été remplacées par des blocs numérotés. Les emplacements symbolisés par des plaques au sol rassemblent 4 personnes.

 1951. Le cimetière militaire allemand de Pornichet était situé juste à côté du cimetière civil. L'actuel, qui est au même emplacement, a été inauguré en 1965.

HistoReich a consacré plusieurs articles concernant quelques soldats reposant dans ce cimetière. Des Waffen SS de la division Totenkopf, de la Götz von Berlichingen, des sous-mariniers, des pilotes de la Luftwaffe, qu'ils soient de chasse ou de bombardiers. Il y a tout de même 4 944 personnes inhumés dans ce cimetière inauguré le 20 juin 1965.

Cimetière militaire allemand de Pornichet

Cimetière militaire allemand de Pornichet

Cimetière militaire allemand de Pornichet

Cimetière militaire allemand de Pornichet

Cimetière militaire allemand de Pornichet

Nous visiterons

Puisque nous sommes à Pornichet nous en profiterons pour visiter
Le U-Bunker de Saint Nazaire et le sous-marin "Espadon"
 
La base sous-marine de Saint Nazaire

 
 

Liens

 

Nous lirons

Versenkte jugend : Erinnerungen eines Deutschen u-boot Fahrers auf U-269 de Jorg Blüm et Joachim Poppe. Version 2016

mercredi 18 mai 2022

Le terrible naufrage du U-171

Nous avions vu précédemment l'effroyable naufrage du sous-marin U-526 dans la baie de Lorient. Aujourd'hui HistoReich s'intéresse au U-171, pour cela nous allons nous rendre au cimetière militaire allemand de Pornichet où reposent quelques membres d'équipage victimes du naufrage.

Kapitänleutnant Günther Pfeffer

 
Kapitänleutnant Günther Pfeffer

 
Günther Pfeffer est né le 23 octobre 1914 à Berlin.
Le 8 avril 1934, à 19 ans seulement Pfeffer rejoint la Reichsmarine en tant Offiziersanwärte (élève-officier), après la réussite des examens il devient Fähnrich zur See. Il suit ensuite une formation dans les U-Boot (U-Bootausbildung) et devient officier de quart (Wachoffizier) sur le U-67 en janvier 1941.
Du 5 juin au 2 juillet 1941, il prend provisoirement le commandement du U-boot. Toujours en juillet il part prendre des cours de commandant (KommandantenLerhgang)  à la 24. U-Flottille de Memel puis à la 7. U-Flottille de Saint Nazaire jusqu'au 24 octobre 1941.
Le 25 octobre, il devient le commandant du nouveau U-171, un U-Boot Type IX C/40.
L'histoire de ce bateau peut commencer...

U-Boot Type IX C/40 

 
Le modèle IX C/40 est du type diesel et électrique. Ses deux moteurs diesel sont des 9 cylindres M9V 40/46 développant 2500 chevaux soit un total de 5000 chevaux. Le moteur électrique est du type 2GU 345/34 de 562 chevaux, alimenté par 2 x 62 batteries.
Sa vitesse en surface est de 19 noeuds.
Au niveau armement, le sous-marin embarque 22 torpilles. Un canon 10,5cm L/45 sur le pont avant, 1 canon Flak SK 3,7 cm C/30 sur le pont arrière et une mitrailleuse de 2 cm dans le kiosque.

Le U-Boot U-171 Type IX C/40 

Le U-171 avant qu'il ne coule
 
Le Unterseeboot U-171, un sous-marin de haute mer, a été construit à Bremen sur les chantiers AG Weser, il est mis en service le 25 octobre 1941. L'équipage est à l'instruction (Ausbildungboot) pour se familiariser avec le bateau, il est à la 4.U-Flottille de Stettin dans la Baltique jusqu'en juin 1942.
Après la Baltique, il est ensuite affecté à la 10. U-flottille de Keroman à Lorient.

Objectif le golfe du Mexique

 
Le 5 juillet, dans l'océan Atlantique il rencontre le U-460 qui le réapprovisionne durant 4h30 en fuel, en potassium etc.
Le 20 juillet, le sous marin franchit le Windard Passage  entre Cuba et Haïti puis il longe les côtes du Texas puis coule le cargo Oaxaca (un ancien bateau allemand saisit par le Mexique).
le 1er août il est repéré puis attaqué par un appareil américain, un Grumman J4F  de la USN mais le U-Boat s'en sort puisque le 13 août à 7h50, un nouveau bateau, le ST R.M Parker Jr sombre sous le coup des torpilles. Pendant de très longues années, les américains ont attribué la perte du navire au U-166.
 
Position de la perte du ST R.M Parker Jr au large de la Louisiane

Le ST R.M Parker Jr en très sérieuse difficulté.
 
Le 4 septembre c'est une nouvelle victime, le Amatlan au pavillon mexicain.
Le 5 septembre Il ne reste plus que deux torpilles lorsque le U-Boot entame son voyage de retour à travers le passage de Mona dans l'Atlantique.
Lors de son retour, le U-171 rencontre le sous-marin de ravitaillement U-461 au milieu de l'Atlantique Nord. le sous-marin embarque pour 3 semaines de denrées alimentaires, du carburant puis reprend sa navigation vers Lorient. début octobre le bateau traverse le golfe de Gascogne sans encombre
 

Le naufrage du U-171

 
Junkers Ju52/3M "Mausi" avec son anneau destiné à neutraliser les mines magnétiques

Le 9 octobre 1942 vers midi le U-171 est en vue des côtes françaises à 50 miles nautique de Lorient. il doit rejoindre le point Lucie 2 où une escorte l'attendra à 16h00 mais le U-Boot est en avance puisqu'il atteint Lucie 2 à 13h30 où il n'y a naturellement aucun bateau hormis le Sperrbrecher 134 que le capitaine aperçoit au loin. Le navire à vapeur de la 6.Flottille de Concarneau lui annonce que l'escorte prévue vient juste de partir de Lorient.
Craignant une possible attaque aérienne ennemie le Kapitänleutnant Pfeffer décide de ne plus attendre et prend la direction de la base sous-marine de Keroman. Un groupe d'avions amis est observé au nord, parmi eux un Junkers Ju52 MS, censé neutraliser les mines et démagnétiser le sous-marins, mais après 16 semaines en mer, l'efficacité est plus que douteuse. A 13h40, ordre est donné de retourner à Lucie 2. Une vingtaine d'hommes sont sur le pont, aux postes de DCA, les autres à surveiller.
 
Lieu du naufrage du U-Boot 171

 
Le sous-marin est au sud-ouest de l'île de Groix, le Ju52 vient de survoler le bateau quand tout à coup  un choc terrible, une explosion retentit, un trou béant dans la coque et l'eau s'engouffre ! il vient de percuter une mine magnétique ennemie.
Malgré les ordres du capitaine d'arrêt des machines les moteurs continuent de tourner. Devant la gravité de la situation Pfeffer ordonne rapidement l'évacuation du navire, "Schnell schnell !" c'est la panique, l'urgence. Les hommes sortent du kiosque et sautent à l'eau.
Le bateau pique du nez, la poupe sort de l'eau, les hélices continuent de tourner. On entend les hurlements des marins bloqués dans le bateau. En 1 minute, blessé à mort le U-171 sombre par 40 mètres de fond.
Les hommes qui ont réussi à sauter à l'eau se regroupent autour du capitaine Pfeffer, ils décident de rejoindre l'île de Groix à la nage. Ils seront repêchés 1 heure plus tard par le Sperrbrecher 134 
 
Sperrbrecher 134 (briseur de barrière) coulera en 1944 au large de l'île de Groix
 
Pour les mécaniciens de la salle des machines c'est la fin, ils vont mourir asphyxié par les gaz tandis que d'autres, seize marins sont restés prisonniers à l'avant du U-boot, dans le compartiment à torpilles. Comme à l'exercice, les hommes enfilent leurs appareils respiratoires, il faut faire vite et malgré la pression de l'eau ouvrir le panneau supérieur qui permettra de rejoindre la surface, nager dans ces eaux sombres et froides, sauver sa peau. 14 marins y parviendront, il y a malheureusement des pertes.
 
Sur les 52 hommes composant l'équipage il y a 30 survivants.
Parmi les 16 marins bloqués dans le compartiment à torpilles 14 survivront. 1 marin n'a pas réussi à sortir du U-Boot tandis qu'un autre est décédé après avoir rejoint la surface.
17 marins ont perdu la vie, bloqués à l'arrière dans les compartiments des machines diesel et électriques.
3 autres vus à la surface n'ont pu être repêchés et sont morts noyés.
La majorité des survivants formeront une partie de l'équipage du U-170 du...Kapitänleutnant Pfeffer.
 
U-Boot 170 et une grosse partie de son équipage

 
 

Après la guerre

 
L'épave du sous-marin a été retrouvé par la Marine Française le 1 juin 1982
La dernière torpille du U-171 a été neutralisé par explosion le 10 janvier 1995 
En 1999, l'épave est classé cimetière militaire.

L'équipage du U-171 inhumé à Pornichet

De l'équipage du U-171, j'ai repéré cinq sous-mariniers inhumés au cimetière militaire allemand de Pornichet. Le nom du U-171 est aussi inscrit sur le mémorial des U-boot de Kiel

Bootsmannsmaat Wilhelm Dieter né le 15 mai 1921 à Erbach
Inhumé au Bloc 9 Rangée 17 Tombe 420
 
 

 
Matrose Kurt Kunze né le 9 octobre 1920 à Langenleuba
Inhumé au Bloc 9 Rangée 17 Tombe 419
 

 
 

Maschinensmaat Johannes Grützmacher né le 5 décembre 1912 à Rüstingen


 

Maschinengefreiter Erwin Klein né le 20 décembre 1922 à Überherrn
Inhumé au Bloc 9 Rangée 15 Tombe 360
 

Gefreiter Erwin Werner né le 27 avril 1923 à Hambourg
Inhumé au bloc 9 rangée 15 Tombe 359

Grefreiter Erwin Werner, à gauche, repose à côté de son camarade le Gefreiter Erwin Klein

Certains sous-mariniers des salles des machines diesel et électrique ne sont malheureusement jamais sortis du sous-marin.
 
Des restes humains gisaient encore dans l'épave du U-171

Le Kapitänleutnant Pfeffer a lui survécu à la guerre. Il est décédé le 25 avril 1966 à Bonn en RDA, il n'avait que 51 ans. 
 

Le cimetière militaire allemand de Pornichet

Cimetière militaire allemand de Pornichet

Cimetière militaire allemand de Pornichet

Cimetière militaire allemand de Pornichet

Cimetière militaire allemand de Pornichet

HistoReich s'est fréquemment rendu au cimetière militaire allemand de Pornichet, vous y trouvez des pilotes de chasse ou de bombardiers, des sous-mariniers, des Waffen SS Totenkopf ou Götz von Berlichingen. Naturellement si vous comptez le visiter il faut absolument faire un tour à la base sous-marine de Saint Nazaire, pour le bâtiment mais aussi la visite de l'Espadon. Rendez vous aussi au musée du Grand Blockhaus
 

Liens

 


lundi 2 mai 2022

Generaloberst Werner Freiherr von Fritsch a Berlin

En cette belle matinée nous nous rendons au cimetière des invalides de Berlin (Invalidenfriedhof) où il y a quelques temps nous nous étions arrêtés devant les tombes des deux As de la Luftwaffe, Oberst Werner Mölders et Leutnant Hans Fuss.
Cette fois, nous allons voir la tombe d'un général de haut rang plutôt courageux puisqu'il est mort en première ligne..
 

Generaloberst Werner Freiherr von Fritsch

1909. Le château de Benrath où est né Werner von Fritsch

 Werner von Fritsch est né le 4 août 1880 au château de Benrath, près de Düsseldorf.

Dès l'âge de 18 ans, il est au 25e Regiment d'artillerie de campagne à Darmstadt. Il y devient lieutenant en 1900.  En 1907 il rejoint l'académie de guerre à Berlin où il entame une formation d'officier d'état-major puis est muté à l'état-major général.

En 1917, durant la première guerre mondiale bien que servant dans divers états-major il est blessé par un éclat d'obus. Il sort de la guerre avec la Croix de fer de 1ère classe et la Croix de chevalier de l'ordre de la maison royale Hohenzollern avec épées.

Il reste au sein de la Reichswehr où il est promu Generalleutnant. En 1934 il est muté à l'OKH puis devient commandant en chef de l'Armée de terre.  En 1936 il devient Generaloberst.

Werner Freiherr von Fritsch

Le 28 février 1938, il est mis en congé de son poste pour homosexualité, un vieux document a été exhumé des fichiers de renseignement, une sombre affaire mêlant un jeune prostitué Otto Schmidt qui avait enté de faire chanter Fritsch  . Goering, Himmler et d'autres sont à la manoeuvre. Comme le souligne Nicolaus von Below, aucun haut gradé n'a pris la défense de Fritsch, il faut dire que le haut commandement est un véritable panier de crabes où les ambitions sont fortes, les égos démesurés.

Dr Joseph Goebbels note : " Il y a maintenant l'affaire Fritsch. Article 175. il assure sur l'honneur que cela n'est pas vrai. mais qui peut encore croire à tout cela ?..."
"...L'honneur des officiers ? Où est il à présent ? Tant de questions sans réponse." 

Un procès militaire aura lieu et Fritsch sera finalement lavé de tout soupçon le 18 mars 1938, il est officiellement réhabilité. Il est nommé à la tête de son ancien régiment, le Régiment d'Artillerie n°12 et prend part à la campagne de Pologne.

Tué en première ligne !

En rouge l'axe de progression des troupes allemandes, en vert les polonais. Cercle rouge le lieu où serait tombé von Fritsch

Le 22 septembre 1939, il commande le 12ème Régiment d'Artillerie près de Varsovie lorsqu'il décide d'accompagner une patrouille de reconnaissance se déplaçant vers Praga, au nord ouest de la capitale polonaise. Alors qu'il part de Zabki le détachement longe l'une des rares rues goudronnées, la rue Szosa Zabkowska (aujourd'hui la ulica Lodygowa). Ils ne sont qu'à un kilomètre de la limite de Varsovie lorsque le détachement est pris sous le feu des mitrailleuses du 80ème Régiment d'Infanterie Polonais. Werner von Fritsch, avec son uniforme d'officier supérieur bine visible devient alors une véritable cible. Il reçoit une balle à la cuisse gauche, l'artère est touchée, l'hémorragie qui en découle le tue.

Cérémonie pour les obsèques de von Fritsch, église de Skrudzkim

Dr Joseph Goebbels raconte : "Fritsch est tombé de manière fabuleuse. Il a fallu lancer une attaque éclair pour aller récupérer son corps. il était en première ligne. un vrai soldat !"

Nicolaus von Below se souvient : " le 22 septembre, il (Adolf Hitler) se trouva à proximité immédiate de l'endroit où le baron von Fritsch, ancien commandant en chef du Heer, avait été blessé (il mourut peu après). Manifestement affecté par la nouvelle de cette mort, le Führer resta silencieux en l'apprenant."

Dr Joseph Goebbels note dans son journal : "La mort héroïque de Fritsch est annoncée en des termes particulièrement honorifiques. ce véritable soldat l'a mérité. Sa mort a été un acte devant lequel on doit tirer son chapeau."

  

Un cimetière militaire et un monument est érigé sur près d'un hectare sur les lieux de son décès, rue Szosa Zabkowska. Une commémoration de l'armée allemande y prend place chaque année jusqu'à l'année 1944, date à laquelle il est détruit par les soviétiques.

La rue Lodygowa dans le quartier de Targowek avec l'axe de progression des allemands et la localisation du cimetière militaire et de l'obélisque dédié à von Fritsch

Une station service a remplacé le cimetière militaire et le mémorial dédié à von Fritsch

 

La tombe de Werner von Fritsch

Le corps de von Fritsch est rapatrié à Berlin. Des obsèques nationales sont organisées le 26 septembre 1939 à la Neue Wache, le mémorial que vous pouvez (devez) aller voir sur la Unter den Linden 4.

Le mémorial Neue Wache depuis la Bebelplatz, une place que les lecteurs d'HistoReich connaissent bien. Ces deux statues encadraient auparavant la Neue Wache, elles représentent deux personnages importants pour ceux qui s'intéressent à l'histoire napoléonienne d'ailleurs le mémorial est aussi un souvenir de cette époque.

Dr Joseph Goebbels note : "Cérémonie officielle pour le général de Corps d'Armée von Fritsch devant le monument aux morts. Sous une pluie battante. Brauchtisch prononce un discours qui lui témoigne beaucoup d'honneur. J'ai le coeur empli de mélancolie. Fritsch a eu une mort courageuse et virile."

Funérailles de Werner von Fritsch Berlin 26 septembre 1939
 
Funérailles de Werner von Fritsch Berlin 26 septembre 1939. Comme le décrit si bien le Dr Goebbels les parapluies sont de sortis. Nous voyons les murs de la Humboldt-Unirversität zu Berlin.

Le Generaloberst repose au Invalidenfriedhof sur la Scharnhorstrasse. Fort heureusement sa tombe n'a pas été détruite par la RDA.

Entrée de l'Invalidenfriedhof sur la Scharnhorstrasse

Localisation de la tombe de Werner von Fritsch depuis l'entrée du cimetière. Sur cette vue nous voyons le fruit de la destruction communiste, une véritable désolation qui touche l'Histoire d'une nation. 

Tombe de Werner Freiherr von Fritsch, chef du Régiment d'Artillerie n°12

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vendredi 11 mars 2022

Berlin 1945 le dernier combat de Henri Fenet

Suite de notre retour sur le terrain, après les combats de Neukolln et de Stadtmitte. Nous suivons le groupe du Waffen-Hauptsturmführer Fenet qui est resté dans son secteur de combat, RSHA puis le RLM.
Dans un article précédent, la percée du SS-Sturmbataillon Charlemagne, nous avions vu que SS-Brigadeführer Krukenberg avait envoyé son officier d'ordonnance, Valentin Patzak prévenir le groupe Fenet de la tentative de percée, tué lors de sa mission l'officier n'est jamais parvenu au RLM. Suivons maintenant le groupe du Waffen-Hauptsturmführer Henri Fenet.
 

Waffen-Hauptsturmführer Henri Fenet

 
Waffen-Hauptsturmführer Henri Fenet

Henri Fenet s'est engagé dans la Waffen SS en 1943. Passé par le SS-Ausbildungslager de Sennheim il suit ensuite les cours pour devenir officier. Au printemps 1944, il est au Truppenübungsplatz Böhmen pour la formation de la SS-Sturmbrigade puis combat à l'été 1944 en Galicie.
Début 1945, il est  avec la division Charlemagne dans les combats en Poméranie, puis retraite jusqu'en Allemagne. Toujours sous les ordres du SS-Brigadeführer Krukenberg il part avec un détachement de 300 hommes environs défendre la capitale du Reich. Il survit à la guerre.  
 

Le parcours du groupe Fenet

 
Trajet du groupe de combat Fenet dans la journée du 2 mai 1945. Le trajet du RLM à Stadtmitte n'est pas clairement identifié puisqu'ils ont du traverser les immeubles à travers les ruines. Après c'est plus facile puisqu'il s'agit de suivre les lignes souterraines du métro U2.Vous pouvez constater du point 31 au point 33 que les hommes ont tourné un peu en rond. En atteignant la gare les français n'ont pas conscience qu'ils ne sont qu'à 500 mètres de leur point de départ, le Reichsluftfahrtministerium   


Partir du Reichsluftfarhtministerium RLM

 
 
La Wilhelmstrasse et l'imposant Reichsluftfahrtministerium, dernière ligne de front tenue par les Waffen SS français
 
Dans la nuit du 1er au  2 mai 1945, les Waffen SS français sont en position au RSHA, le Waffen-Hauptsturmführer Fenet envoie des patrouilles pour s'assurer que les lignes tiennent.
 
Henri Fenet raconte : "Vers la fin de nuit, les guetteurs rendent compte que nous sommes de nouveau seuls en avant des lignes. on vérifie : c'est bien exact; à droite et à gauche, personne ! Un peu plus tard une patrouille vient annoncer que le front passe maintenant à la hauteur du Reichsluftfahrtministerium. C'est la que nous rejoignons dans la matinée et que nous prenons contact avec les forces de la Luftwaffe qui occupent le ministère." 
 
Ils occupent les postes de combat avec d'autres éléments isolés lorsqu'ils voient surgir des véhicules soviétiques ornés de drapeaux blancs, plus inquiétant à l'intérieur de ces véhicules il y a aussi des officiers allemands !
L'officier de la Luftwaffe en charge de la défense du RLM annonce à Fenet que Berlin vient de capituler et qu'il faut se rendre....       
 
Henri Fenet se souvient : "Non, nous ne pouvons pas croire que tout est fini...c'est impossible ! En tous cas nous ne pouvons pas rester là, nous faire prendre bêtement ! Que se passe t-il à la Chancellerie ? Là, au moins, nous aurons quelque chose."
"Rapidement nous quittons le ministère, sans répondre aux appels des rouges, hommes ou femmes, qui nous invitent à rendre les armes".
 
Panther Ausf D détruit devant le Reichsluftfahrtministerium. La rue a été légèrement déblayée mais on imagine la difficulté de se déplacer même à pieds parmi ces débris.
 
Pour ceux qui auraient raté un épisode le RLM n'a pas été rasé, n'oubliez pas de voir cet imposant édifice

 
Valentin Patzak est porté disparu depuis 1945
 
Il est intéressant de noter que dans son récit sur la bataille de Berlin, Henri Fenet ne mentionne pas avoir croiser le corps de Patzak dans les 400 mètres qui séparent le RLM de la U-bahn Station Stadtmitte. Est il mort dans un immeuble ou a t'il été pulvérisé par un obus ? 
 
Puisque nous sommes au RLM, il faut se rappeler que la tombe sommaire du SS-Gruppenführer Heinrich Müller a été retrouvée en août 1945 sur le terrain du RLM (source soviétique). Signalé inhumé par la suite au cimetière de Lilienthalstrasse à Neukölln il s'avère  qu'il repose dans la fosse commune du cimetière juif de Berlin Mitte (Grosse Hamburger strasse 26), parmi près de 2500 soldats et civils tués pendant l'ultime bataille. Le cimetière n'était plus juif à l'époque. Il y a certainement quelques français, des soldats de la Nordland morts au combat.

 

U-Bahn Station Stadtmitte

 
U-Bahn station Stadtmitte sur la Friedrichstrasse

Pour échapper aux soviétiques Henri Fenet et sa trentaine d'hommes se glissent par une bouche d'aération du métro et poursuivent leur chemin dans le tunnel. La bouche devait se situer sur la Friedrichstrasse entre la station Kochstrasse et Stadtmitte .
Les français arrivent à la station Stadtmitte (où il y avait auparavant la PC Divisionnaire)
 
Henri Fenet : "A Stadtmitte, pas âme qui vive..deux ou trois sacs abandonnés et c'est tout." Pour comprendre pourquoi la station était vide je vous invite à lire, la percée de Gustav Krukenberg
 
Dans le but de rejoindre la Chancellerie du Reich et se faire une idée sur la situation, les français toujours à Stadtmitte prennent alors la voie vers l'ouest pour rejoindre la prochaine Station, la U-Bahn Kaiserhof.
 

Rochus Misch et la Stadtmitte 

 
SS-Oberscharführer Rochus Misch, de la LSSAH, a fait le chemin inverse du groupe Fenet
 
Rochus Misch était standardiste à la Chancellerie, le 2 mai 1945 il décide de fuir la capitale. A travers son témoignage on comprend qu'il s'est rendu dans différents lieux fréquentés par les Waffen SS français de Fenet.
Après avoir quitté  la Chancellerie du Reich, être passé par la U-Bahn Station Kaiserhof. Il prend la direction de la U-Bahn Stadtmitte pour retrouver, bien trop tardivement, le groupe du SS-Gruppenführer Krukenberg. A vrai dire, il a fait le chemin inverse du groupe Fenet 

Rochus Misch se souvient : "Le tunnel de métro était sans lumière. J'ai poursuivi jusqu'à la station Stadtmitte pour ensuite rejoindre la Friedrichstrasse. Là j'ai croisé le valet de chambre Heinz Linge et un camarade du commando Helmut Frick. J'ai demandé où se trouvaient les autres. Il n'en savait rien."


U-Bahn station Kaiserhof

 
Division Charlemagne Berlin 1945
L'hôtel Kaiserhof en ruine. Nous apercevons la ligne souterraine du U-Bahn empruntée par les SS français, est ce depuis cette ouverture que Henri Fenet a pu observer la scène ?
 
Après une courte marche, 500 mètres,  Fenet et ses soldats arrivent à Kaiserhof. Une échelle permet d'atteindre une grille d'aération offrant une vue sur la Wilhelmstrasse et Vossstrasse. Le Waffen-Hauptsturmführer décide de voir ce qui s'y passe.
 
Henri Fenet raconte : "Je bois des yeux ce spectacle que tout mon corps se rétracte : aussi loin que le regard peut aller, Russes, des véhicules à étoile rouge qui circulent en tous sens...Pas un coup de feu, les murs de la chancellerie sont muets...il n'y a plus personne...tout est fini !"
 
Il s'agit de tenter de rejoindre l'armée Wenck qui doit être du côté de Postdam. Décision est prise de rejoindre la prochaine station à l'ouest, celle de la Postdammer Platz.
 
Henri Fenet : "Nous utiliserons le souterrain le plus longtemps possible et nous profiterons de la nuit pour faire le reste du chemin."
 
La Reichskanzlei vu depuis la Wilhelmplatz après la bataille. C'est à peu près la vision  qu'à Henri Fenet depuis son échelle lorsqu'il constate que la bataille est finie
Même endroit, il faut une très sévère imagination pour y voir la Chancellerie du Reich
    

 

Le marbre de la station Mohrenstrasse

 
Sur cette vue de 1953, la Reichskanzlei est détruite tout comme l'hôtel Kaiserhof. Nous voyons les deux entrées de la station de métro fraichement recouverte de marbre rouge, curieux hasard non ? 

Si vous allez dans la station vous remarquerez qu'un beau marbre rouge recouvre les murs. Il a été dit qu'il s'agissait du marbre de la Reichskanzlei réutilisé pour l'occasion, ce qui fut "officiellement" démenti par la suite. Pourtant on ne peut s'empêcher de se poser ces questions :
- Pourquoi le marbre en question a le même aspect que celui de la Chancellerie ?
- Pourquoi cette station est elle recouverte d'une marbre luxueux dès 1951 alors que le quartier lui même n'est pas terrible (voir photo ci-dessus) ?
- Pourquoi faire venir du marbre d'ailleurs alors que la matière première (la Chancellerie démolie dès 1947) était juste à côté ?
- N'essayent t-ils pas de nous prendre simplement pour des imbéciles ?  
 
L'intérieur de la Reichskanzlei avec son marbre rouge

La station Mohrenstrasse, les français sont arrivés par les tunnels. Avec la logique gauchiste de la mairie il ne serait pas étonnant que le marbre soit détruit à la prochaine rénovation de la station.
 
La station Mohrenstrasse

Rochus Misch et la Kaiserhof

Rochus Misch raconte : "J'ai poursuivi ma route, couru à travers la Wilhelmplatz et emprunté les escaliers de la station Kaiserhof. La bouche de métro était entièrement criblé de balles. Les couloirs étaient noirs de monde. Des femmes, des hommes, des enfants, tous assis sur les marches, les quais partout. Je me souviens de deux jeunes guitaristes jouant des airs de musique hawaïenne au milieu de ce chaos indescriptibles."
 
Il faut savoir que la station Kaiserhof décrite par Henri Fenet et qui n'avait à l'époque pas de marbre s'appelle depuis 1993 la U-bahn station Mohrenstrasse. Elle a, à vrai dire, souvent changé de nom au cours de son histoire, d'ailleurs la mairie de gauche et la société de transport pensent à rebaptiser la station dont le nom est jugé raciste et discriminant puisque "mohr" est en rapport avec les "maures"...
 

L'hôtel Kaiserhof

Lorsque Henri Fenet passe la tête par la grille d'aération au niveau de la rue Mohrenstrasse, à sa gauche il y a les ruines de l'hôtel Kaiserhof.

 
L'hôtel de luxe Kaiserhof avant la seconde guerre mondiale. La station de métro était juste devant l'hôtel
 
1945. L'hôtel Kaiserhof ravagé par la guerre. C'est dans ce triste décor que Henri Fenet découvre que la bataille est vraiment finie.

Photo de la Zietenplatz prise depuis la Voss-strasse. Contrairement à certains "retour sur le terrain" faits précédemment, le bâtiment "Archi Cezch" ne remplace pas le Kaiserhof. Il s'agit en réalité du bâtiment blanc situé juste à côté. Nous voyons la signalétique bleue de la station U-bahn.  
 
La station Mohrenstrasse/Kaiserhof qui aura vu le passage de Rochus Misch et de la troupe Fenet en cette journée du 2 mai 1945

Postdamer Bahnhof

 
En pointillé le métro souterrain. Il passe ainsi sous la Vosstrasse, la Leipziger Platz, où il y a deux entrées, puis arrive à la Postdamer Bahnhof 
 
Les Waffen SS continuent leur chemin à travers le tunnel du métro. Ce tunnel traverse la Wilhelm Platz et continue le long de la Vossstrasse pour arriver au milieu de la Leipziger Platz. La progression à travers les gravats est difficile. Des éclaireurs sont envoyés, ils y rencontrent d'autres Waffen SS isolés qui ont pris positions entre les couloirs du métro et la gare Postdamer. Ces derniers n'ont aucunement l'intention de se rendre.
 
Au premier plan la sortie du U-Bahn devant la Posdamer bahnhof
 
Henri Fenet : "A Postdamerplatz, une cruelle déception nous attend : les éclaireurs de tête rendent compte que la ligne sort de terre et continue à ciel ouvert. Précisément, l'un des tunnels débouche sous une arche de pont encombrée d'éboulis et d'objet hétéroclites qui nous offrent d'excellentes cachettes"
 
Tiger Ausf B de la s.SS-Pz.Abt 503 de Turk. Le blindé endommagé le 1er mai 1945 est abandonné devant la Postdamer Bahnhof 

 

Hypothèse

Comme le montre la photo ci-dessous, la ligne de métro de la Kaiserhof à la Postdamer Bahnhof n'est pas aérienne. Il semblerait que les français soient donc parvenus à la Postdamer Bahnhof et d'une certaine manière à la Postdamer Ring Bahnhof, petite gare située à côté de la grande (voir photo ci-dessous). On remarque que la route est crevée et qu'il y a une ouverture béante donnant sur le tunnel du métro.
Les seules arches de pont présentes dans le secteur sont celles situées derrière la gare, près de la Spree. Il est tout fait possible que ce soit ici que le groupe d'assaut Fenet ait été capturé.  

La Postdamer Bahnhof. En longeant la gare nous voyons que la voute du tunnel du métro est crevée. Les arches de ponts mentionnées par Henri Fenet peuvent être celles situées derrière la Postdamer Ring Bahnhof, en haut à gauche mais ce n'est qu'une hypothèse .

 

Le chemin de la captivité

 

 
Les Waffen SS cachés sous un pont parmi des corbeilles d'osiers sont traqués par les soviétiques qui recherchent les derniers défenseurs de la capitale.
 
Henri Fenet raconte : " Nous écoutons, oreille tendue, souffle coupée...Ils recommencent à fouiller en tous sens. une fois, deux fois, ils passent devant nous; l'un deux déplace une corbeille puis la remet...Serrés les uns contre les autres, crispés sur nous-mêmes, nous sommes là comme des bêtes traquées.
Brusquement c'est la fin. Sous de furieux coups de bottes, notre rempart s'écroule...Les Rouges nous entourent et nous fouillent; d'abord les montres, ensuite les armes."
 
Panneau du S-Bahn de la Postadmer Platz dans les ruines de Berlin en 1945

 
Les français sont capturés, rassemblés sur la Postdamer Platz ils partent sous escorte vers la Hermann-Goering Strasse.
 
Henri Fenet : "Nous sommes prisonniers, prisonniers ! Au milieu de cette foule de soldats rouges, nous éprouvons au-dedans de nous-mêmes comme une brûlure atroce la sensation physique de la défaite et de l'esclavage dont la contrainte s'abat sur nous. C'est l'heure de l'universelle malédiction : nous y sommes préparés"
 
Un soviétique totalement alcoolisé et menaçant s'approche d'un des français puis l'emmène vers une maison. Heureusement une des sentinelle chargée du convoi ramène le français dans les rangs mais le soviétique aviné revient en courant, saisit sa victime en criant "SS ! SS !" il sort son pistolet et tire dans la tête du malheureux prisonnier. Waffen-Unterscharführer Roger Albert Brunet vient de mourir.
 
Division SS Charlemagne à Berlin en 1945
Waffen-Unterscharführer Roger Albert Brunet
 

La Voss-Strasse

 
Division Charlemagne a berlin 1945
La Hermann Goering Strasse et l'angle de la Voss-Strasse nous voyons la Reichskanzlei

Les français remontent la Hermann Goering Strasse (Ebert Strasse), au croisement de la Voss-strasse ils peuvent voir une dernière fois la Chancellerie.
 
Division Charlemagne a berlin 1945
La Reichskanzlei depuis la Hermann-Goering Strasse. Les volontaires français de la Waffen SS y jetteront un dernier regard puisqu'ils ne la reverront plus jamais.
 
Henri Fenet se souvient :  "Nous arrivons devant la Chancellerie qu'ils sont en train de mettre au pillage. Les poings serrés, la rage au coeur, nous les voyons aller et venir dans ces murs noircis qui pour nous représentaient tant de choses".
 
Division Charlemagne a berlin 1945
Angle Hermann-Goering Strasse et la Vossstrasse nous voyons la partie ouest de la Reichskanzlei 

 
Division Charlemagne a berlin 1945
Même lieu (Ebertstrasse et Voss-Strasse), il y a maintenant ces deux immeubles, mention spéciale pour le blanc particulièrement esthétique. Il faut une sévère imagination pour y voir la façade ouest de la Reichskanzlei.
 
 
Division Charlemagne a berlin 1945
Nous continuons sur la Hermann-Goering Strasse, en évitant de nous faire écraser par les chars T34 soviétiques. Comme les Waffen SS français nous allons longer la maison du Dr Goebbels.

 

La maison du Dr Goebbels

 
Division Charlemagne a berlin 1945
Dr Josef Goebbels

En continuant leur chemin les français passent -sans le savoir- à côté de la villa du Dr Goebbels.
La maison du Dr était située sur ce qui est maintenant la Behrenstrasse, la rue n'existait pas à l'époque. Elle était dans un parc, délimitée sur la Hermann-Goering-Strasse  par un mur. Avant la guerre, le ministre et sa femme, qui s'occupait de la décoration intérieure, y tenait des réceptions notamment avec les artistes. Pour ses week-ends il allait le plus souvent à la villa Bogensee.
La maison a été rasée bien des années après la guerre.
 
Division Charlemagne a berlin 1945
1945. La maison du Dr Josef Goebbels et la Hermann Goering strasse
 
Division Charlemagne a berlin 1945
 Maison du Dr Josef Goebbels, vue depuis la Hermann Goering strasse
 
Division Charlemagne a berlin 1945
La Hermann Göring Strasse, le mur villa de la Goebbels avec son entrée à droite. Un schwimmwagen est détruit.

Division Charlemagne a berlin 1945
Sur cette vue Google Street l'emplacement de la villa se situait au niveau de la Behrenstrasse. Naturellement plus rien n'y subsiste, l'endroit n'y présente que peu d'intérêt. 
 
 
Ensuite les hommes atteignent la porte de Brandebourg...
 

  
Henri Fenet raconte : "Lorsque j'ai été fait prisonnier par les Russes, j'étais blessé au pied. Or, pendant trois semaines nous avons été baladés dans des conditions très pénibles pour moi, dans les environs immédiats de Berlin. Nous étions obligés de marcher, ce qui n'arrangeait pas ma blessure, il n'y avait ni pansements ni infirmerie. finalement nous avons abouti dans un camp au nord-est de l'ancienne capitale du Reich. Comme je marchais de plus en plus mal, j'ai été expédié à l'hôpital local."   

Voilà ce petit retour sur le terrain est terminé. Nous terminerons ce long chapitre sur la bataille de Berlin par la visite du cimetière de Berlin-Heiligensee

Remerciements

 
Ce reportage photo n'aurait pas été possible sans la participation de deux personnes dont notamment mon ami Jean Luc qui m'a aimablement scanné et noyé sous des dizaines de pages de témoignages de vétérans. Je ne le remercierais jamais assez de sa patience après mes nombreux appels téléphoniques et  mes questions idiotes. Toujours grâce à lui, de m'avoir transmis un lot de photos de Berlin, modernes et anciennes qu'il a su récupéré à droite et à gauche. Ce lot est à la base des articles sur les SS français, que le photographe anonyme soit remercié, si il me lit un jour.
Enfin à Vincent pour les photos des combattants. 


Liens

 

Nous lirons


Mourir à Berlin de Jean Mabire
Pour l'Europe de Robert Forbes
Die Letze Runde Franzosen Kämpfen um Berlin par Henri Fenet