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lundi 11 novembre 2024

La fin du faux cargo Komet

Le cargo Enns de la de la compagnie Norddeutschen Lloyd

Durant le printemps 2024, je m'étais rendu au cimetière militaire allemand de Marigny où j'avais vu la tombe du SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen. J'ai profité du beau temps et j'ai continué tranquillement ma visite pour voir d'autres personnages derrière ces croix, il faudrait être fou pour rebrousser chemin après vu une seule tombe. Cette fois-ci, je fais une halte devant un officier de la Kriegsmarine qui a trouvé la mort sur un cargo qui cachait plutôt bien son jeu.   

Le bateau HKS Komet

Au commencement, le Komet n'est pas un bâtiment de guerre puisqu'il était un simple vapeur cargo (Frachtschiff) de la compagnie Norddeutschen Lloyd baptisé "Ems". Construit par les chantiers Deschimag A.G. Weser à Bremen, il était entré en service avant le début de la guerre, le 16 janvier 1937.

Au début de la seconde guerre mondiale, en 1940, il est réquisitionné puis intégré le 2 juin au sein de la Kriegsmarine en tant que Leichter Hilfskreuzer, croiseur auxiliaire 45, HSK-7. Il est l'un des neuf navires marchands convertis en 1940-41. Alors à Hambourg, le "Ems" devient donc le  HSK "Komet", son armement est composé de 6 canons L/45 de 15 cm, d'un L/18 de 6 cm et de 2 canons de Flak de 3,7 cm. Il est équipé aussi de 6 tubes lance-torpilles et une petite vedette rapide (Schnellboote) de la classe Meteorit (Klass LS 2) utilisée pour le mouillage des mines. Pour la reconnaissance aérienne, un avion Arado Ar 196 A1 est aussi installé.

L'utilisation des cargos civils à des fins militaires n'est pas vraiment une nouveauté puisque la même chose a été faite par les Allemands durant la première guerre mondiale. Certes, un cargo n'a pas une coque blindée comme peut l'être celle d'un navire de guerre mais il y a un autre intérêt, celui de faire passer le bateau pour un simple et paisible navire marchand alors que ses canons sont savamment dissimulés jusqu'à l'attaque surprise. C'est un peu fourbe d'autant plus que le bateau pouvait rapidement changer de pavillon, le Komet a donc arboré le drapeau soviétique, japonais etc...    

Cap à l'est toute !

Au début de l'année 1940, le Komet quitte Hambourg sous le commandement du Kapitän zur See Robert Eyssen (1892-1960), c'est le temps de l'instruction pour l'équipage. En juillet, le bateau remonte les côtes norvégiennes puis fait une halte dans les fjords de Matotchkine, situés entre la mer de Barents et la mer Kara, des eaux largement surveillées par les Soviétiques. Plus tard, lorsque l'Allemagne rentrera en conflit avec l'Union Soviétique, de nombreux U-Boote, notamment le U-995 de Laboe, y feront des incursions et des victimes dans ce même secteur.
 
Le détroit de Matotchkine où s'est avancé le cargo corsaire

En attendant, dans les fjords, l'équipage allemand attend l'arrivée d'un brise glace de leur allié soviétique, le "Lenin" qui arrive le 13 août. La mission est de faire cap à l'est, à travers les eaux glacées mais pour obtenir ce droit, l'Allemagne a du payer une somme assez conséquente à l'URSS.
Des Russes montent à bord du Komet qui bat dorénavant le pavillon rouge, ils sont chargés de guider le bateau et de surveiller l'équipage. Puis le bateau reprend enfin sa route au sein d'un convoi soviétique, le Lenin prend une autre direction. Les conditions météos sont exécrables, une terrible tempête sévit et confronter aux glaces, les bateaux ne peuvent plus avancer d'autant plus qu'un des navires du convoi connait une avarie. Une pause de trois jours est ordonné à Nordenskiöld, le "Lenin" est appelé en renfort afin de reprendre la route. Le Komet arrive dans la mer des Laptev, qui borde l'océan Arctique, lorsqu'un second brise glace, le "Joseph Staline" prend le relais du "Lenin" puis deux autres brise-glaces plus loin, le Komet atteint enfin l'île Aïon. Après un long périple, bien glacial, l'océan Pacifique est bientôt en vue.
 

L'océan Pacifique  

Dans les îles Caroline, à l'atoll Lamotrek, le "Komet" rencontre le croiseur auxilliaire "Orion". Le 14 octobre, il fait le plein de vivres et de carburant grâce au ravitailleur Kulmerland. Dorénavant, les trois bateaux forment un convoi battant pavillon...japonais ! 

La chasse va pouvoir commencer, des bateaux sont coulés et plus important le 27 décembre 1940, après des salves d'avertissement le Komet bombarde les installations de phosphates de Nauru. Les dégâts sont importants, la production est arrêtée pendant plusieurs mois mais il y a tout de même un problème, le Japon, pays allié de l'Allemagne se fournissait en phosphate à Nauru. Le malaise est profond et Eyssen se voit "réprimander" par la Kriegsmarine, ce qui n'empêchera pas ce dernier de devenir Contre-Amiral l'année suivante.

En Océanie, les alliés alertés des pertes sont sur les dents, les bâtiments de guerre patrouillent à la recherche de ces faux cargos. Devant la menace de plus en plus sérieuse, le Komet prend la direction de l'océan Indien où il forme un nouveau convoi le 12 mars 1941 avec le "Pinguin" et un ravitailleur. Le 8 mai 1941, alors près des Seychelles, le Pinguin est pris à partie par le croiseur lourd Cornwall, le cargo coule en mer.

Le Komet, lui, fait de nouvelles victimes, des cargos aux précieux chargements. Puis cap à l'ouest, le convoi franchit le Cap Horn sous pavillon portugais (!!) puis c'est le temps de la séparation. Le Komet arrive à Cherbourg et reprend son cap vers le port de Hambourg, qui est atteint le 30 novembre 1941.

C'est la fin de la première mission, longue de 516 jours en mer et de 185 000 km parcouru. Un total de 42 000 tonnes de navires a été coulé.

Le HSK Komet avec l'Arado Ar 196 A1 bien visible, qui finira par se crasher lors de la première mission

Toujours à Hambourg, l'armement du navire est revu. Les canons L/45 datant de la première guerre mondiale sont déposés pour faire place aux  L/48-C/36 de 15,0 cm. Il reçoit aussi de nouveaux canons de Flak. La vedette rapide lui est retirée et l'Arado, qui s'était crashé pendant la mission, est remplacé par un Arado Ar 196 mais en version A3 cette fois.

La dernière mission

La première semaine d'octobre 1942, le bateau repart en mission avec un équipage recomposé sous le commandement d'un nouveau capitaine, le Kapitän zur See Ulrich Brocksien, 44 ans. Naturellement il n'est plus question de s'enfoncer dans les glaces au large des côtes sibériennes, les Soviétiques ne sont plus les alliés d'hier. Le Komet et ses escortes prennent la direction de l'océan Atlantique mais avant cela ils doivent franchir la Manche. Un problème sérieux apparait alors, après analyses des écoutes radio, le convoi a été repéré par les britanniques. Pour les Anglais le Komet doit être détruit, l'Opération Bowery est lancée, la Royal Navy envoie pas moins de 10 destroyers et  une flottille de torpilleurs à ses trousses.

Le destroyer HMS Cottesmore participe à la traque du Hsk Komet

Croisant au large de la baie de Seine, le convoi allemand est repéré une première fois par un avion ennemi. Dans la nuit du 13-14 octobre 1942, les destroyers HMS Cottesmore, Albrighton, Quorn, Eskdale, Glaisdale et le torpilleur  naviguent à la recherche de Komet qui n'est plus trop loin. Au Cap Le Hague, le lieutnant Rord du MTB 236 de la 9th MTB Flotilla (basé à Dartmouth) a enfin repéré l'allemand et fonce sur sa proie, seul. Une action qui va à l'encontre du règlement de la Royal Navy. Une salve de deux torpille est lancée, tandis que les destroyers ouvrent le feu de tous leurs canons. Le Komet est touché une première fois puis soudain il y a une seconde détonation nettement plus puissante, la déflagration est tellement violente qu'une boule de feu est vue à plusieurs kilomètres, y compris depuis les iles anglo-normandes pourtant situées pourtant à  une trentaine de kilomètres ! Le bateau est soufflé, fracassé, et sombre immédiatement dans la nuit noire. Il n'y a aucun survivant. 

La découverte de l'épave

Le Cap de la Hague depuis la côte, l'épave a été retrouvée au large. Pour les curieux, il y reste un bunker de la seconde guerre mondiale.

En juillet 2006, le bateau est découvert par le chercheur d'épave Innes McCartney. L'année suivante, une mission de cartographie est effectuée. Le Komet repose au fond de l'océan sur son dos, brisé en deux. Les deux parties sont distantes de 300 mètres l'une de l'autre ! Les dégâts n'étaient pas graves ils étaient monstrueux. Les compartiments où était stocké l'armement ont tout simplement explosé lors de l'attaque, précipitant le Komet vers le fond, trahissant sa conception de navire marchand, nettement moins renforcé qu'un véritable bâtiment de guerre, les 251 hommes d'équipage en ont malheureusement fait les frais. 

La tombe du Kapitänleutnant Paul Krebs

En déambulant dans le cimetière, j'ai pris en photo la tombe du Kapitänleutnant Paul Krebs sans savoir auparavant qu'il était un officier du Komet d'ailleurs je ne sais pas si d'autres marins du cargo sont aussi inhumés à Marigny.

Paul Krebs était né le 22 avril 1909 à Lägerdorf dans le Schleswig-Holstein. La petite ville est située près de Hambourg, c'est une terre de marins. Après le naufrage du bateau, son corps a du être retrouvé sur la côte française. Krebs est inhumé au Bloc 5 rangée 42 tombe 2084.

Kapitänleutnant Paul Krebs

 

Tombe du Kapitänleutnant Paul Krebs à Marigny

Le cimetière militaire allemand de Marigny

 
 
Le Deutscher soldaten Friedhof de Marigny se situe en rase campagne à 2 kilomètres du village de Thèreval dans la Manche.
Créé après la guerre, forcément, des soldats américains mais aussi allemands (4 246) y étaient enterrés. Dans les années 50, les dépouilles américaines sont transférées à Saint Laurent sur Mer mais celles des Allemands restent sur place et sous administration française, le nombre de morts monte à 5 713. 
 

 
En 1957, le cimetière maintenant pris en main par le Volksbund compte de nouvelles arrivées dont notamment les soldats du cimetière des Landelles. Il est réaménagé de 1958 à 1960 et inauguré par le Volksbund le 2 septembre 1961. De nouvelles dépouilles provenant des villages ou bien tout simplement retrouvées pendant des travaux viennent agrandir le cimetière qui compte maintenant 11 169 personnes. 
 

Rassemblant principalement les victimes de cette région de Normandie, on y trouve des marins, des pilotes, des soldats de la Panzer-Lehr Division, de la 17. SS-Panzer-Grenadier Division "Götz von Berlinchingen", de la Das Reich...
 

Le mémorial naval de Laboe

 
Maintenant nous allons nous rendre sur la Baltique au mémorial naval de Laboe (Marine-Ehrenmal Laboe). Comme vous avez pu le lire, une énorme partie de l'équipage est portée disparue en mer, y compris le Kapitän zur See Ulrich Brocksien. Le mémorial rend hommage à ces marins disparus pendant les deux guerres mondiales, qu'ils viennent des U-Boote ou des bâtiments de guerre, un registre avec leurs noms est consultable, l'équipage du HSK Komet y est naturellement présent.
 
Le mémorial naval de Laboe

"Ils sont morts pour nous, un rappel aux vivants"

Ce mur magnifique rappelle le nombre et le type de bateaux perdus...

...l'inscription 7 Hilfskreuzer y apparait.


lundi 24 juin 2024

The suicide of SS-Obersturmbannfüher Erwin Horstmann


Version française ici

In the spring of 2024, HistoReich visited the German military cemetery at Marigny, where we saw the grave of SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen. Taking advantage of the fine weather, we continue our visit. This time we visit the grave of a highly controversial officer of the 17.SS Panzergrenadier-Division "Gotz von Berlichingen".

Who is Erwin Horstmann ?

Erwin Horstmann was born on November 2, 1910 in Gütersloh, North Rhine-Westphalia. In 1932, he joined the SS (no. 29,096) and the NSDAP (no. 455,574). In 1934, he joined the SS-Junkerschule in Bad Tölz.
On April 20, 1935, he was promoted to the rank of SS-Untersturmführer II/Deutschland.
On April 1, 1936, he joined the Führerschule Braunschweig and became SS-Obersturmführer.
On November 9, 1938, promotion day, he was appointed SS-Hauptsturmführer at the 4./SS-Standarte "Germania".

SS-Obersturmbannführer Erwinn Horstmann


War years

On October 1, 1939, the LAH restructured itself in Prague, ousting those officers deemed unsuitable for the Polish campaign. Horstmann, promoted, left Germania and took command of the 8.Kompanie of the 1. SS Leibstandarte Adolf Hitler.
On August 13, 1940, he took command of the 10.Kompanie.
On April 6, 1941, he took command of II./LSSAH (the division's 2nd battalion), succeeding SS-Sturmbannführer Wilhelm Monhke, who had been seriously wounded in an aerial bombardment just before the launch of Operation Marita.
On May 9, 1941, Horstmann was appointed SS-Sturmbannführer. On November 1, he returned to the SS officers' school in Bad Tölz.

In January 1943, he commanded the SS-Stug-Abt 9. of the 9.SS Panzergrenadier Division "Hohenstaufen". This was an armored unit made up of Stug IIIs.

A Stug III can be seen at the Musée des blindés in Saumur, France.

On June 16, 1943, he was Kommandeur of I./SS-Pz.Gren-Rgt 25 of the 12 SS-Panzer-Grenadier-Division "Hitlerjugend". The division was then in the process of being formed.

Transferred to Götz von Berlinchingen

On November 2, 1943, he was transferred again, taking command of SS-Panzergrenadier Regiment 38 of the 17.SS Panzergrenadier-Division "Götz von Berlichingen". HistoReich had already written several articles on this SS division, particularly in the Saumur sector (Maine et Loire). 

Normandy 1944, the death

On April 20, 1944, Erwin Horstmann was appointed SS-Obersturmbannführer, and as we all know, June 6, 1944 marked the Normandy landings, the Invasionsfront for the Germans.
In early July, the Götz faced the Americans near Sainteny. Horstmann launched the men of the II. and III. Battalion in suicidal counter-attacks that turned into pointless butchery. Nearly 50% of the men were killed or wounded, and SS-Sturmbannführer Ersnt Bolte was killed (see his grave below).
To answer for his irresponsible actions, SS-Standartenführer Otto Baum decided to court-martial him.
Following the example of Kapitänleutnant Karl-Heinz Harlfinger, Horstmann was left with only two choices: court-martial or suicide (!), although the German officers made sure to keep a pistol close at hand, just in case.
On July 8, 1944, 2 kilometers south-west of Auxais, a loud bang sounded: SS-Obersturmbannführer Horstmann had finally decided to shoot himself in the head...
The following day, SS-Obersturmbannführer Kurt Launer takes command of SS-Panzergrenadier Regiment 38. 

SS-Obersturmbannführer Kurt Launer when he was in Totenkopf Division

 

German military cemetery at Marigny

German military cemetery at Marigny

The Deutscher soldaten Friedhof in Marigny lies in the open countryside 2 kilometers from the village of Théreval in the Manche.
Created after the war, of course, American and German soldiers (4,246) were buried here. In the 1950s, the American remains were transferred to Saint Laurent sur Mer, but those of the Germans remained on site, and under French administration, the death toll rose to 5,713.
 
The cemetery was refurbished between 1958 and 1960, and inaugurated by the Volksbund on September 2, 1961. New remains from the villages, or simply those found during construction work, were added to the cemetery, which now counts 11,169 burials.

Mainly gathering victims from this region of Normandy, we find sailors, pilots, soldiers of the Panzer-Lehr Division, of the 17. SS-Panzer-Grenadier Division "Götz von Berlinchingen", the Das Reich... 

German military cemetery at Marigny

German military cemetery at Marigny

The grave of SS-Obersturmbannführer Horstmann

SS-Obersturmbannführer Horstmann now lies in block 1 row 11 grave 425

The grave of SS-Obersturmbannführer Horstmann

The grave of SS-Obersturmbannführer Horstmann

 

 Also worth seeing:

While we're at the cemetery, we can visit the grave of SS-Sturmbannführer Ernst Bolte.

The grave of SS-Sturmbannführer Ernst Bolte

Ernst Bolte was born in Vehlen on June 28, 1914. In September 1939, he was appointed SS-Untersturmführer to the 7 Kompanie of the "Deutschland" regiment. On April 10, 1941, he was appointed SS-Hauptsturmführer and transferred to the 8 Kompanie of the "Deutschland" regiment.

When the 17.SS Panzergrenadier Division "Gotz von Berlichingen" was created, he took command of III/SS-Panzergrenadier-Regiment 38. A battalion with four companies. In June 1944, the SS Division joined the Invasionsfront, where Bolte was killed by shrapnel to the head on July 6, 1944, 1 kilometer from Sainteny. 

Links

 
17.SS Götz von Berlichingen à Dead Man's Corner

lundi 17 juin 2024

Le suicide du SS-Obersturmbannfüher Erwin Horstmann


En ce printemps 2024, HistoReich s'était rendu au cimetière militaire allemand de Marigny où  nous avions vu la tombe du SS-Obersturmbannführer Christian Tychsen. On profite du beau temps et nous continuons tranquillement notre visite. Nous nous rendons cette fois devant la tombe d'un officier très controversé de la 17.SS Panzergrenadier-Division "Gotz von Berlichingen".

Qui est Erwin Horstmann ?


Erwin Horstmann est né le  2 novembre 1910 à Gütersloh en Rhénanie du Nord-Westphalie. 
En 1932, il s'engage à la SS (n°29 096) et adhère au NSDAP (n°455 574).
 
SS-Obersturmbannführer Erwin Horstmann
 
En 1934, il intègre la SS-Junkerschule de Bad Tölz .
Le 20 avril 1935, il est élevé au grade de SS-Untersturmführer au  II./Deutschland
Le 1 avril 1936, il est à la Führerschule Braunschweig et il devient SS-Obersturmführer.
Le 9 novembre 1938, journée des promotions,  il est SS-Hauptsturmführer à la  4./SS-Standarte "Germania".

Années de Guerre

Le 1 octobre 1939, la LSSAH se restructure à Prague et évince les officiers jugés peu compétents pendant la campagne de Pologne. Horstmann, obtient une promotion, il quitte la Germania et prend le commandement de la 8.Kompanie de la 1. SS Leibstandarte Adolf Hitler.

Erwin Horstmann lors de la campagne de Pologne en 1939. Sur cette photo nous voyons aussi, Joachim Peiper (à l'extrême droite), un Sepp Dietrich heureux de rencontrer le Führer, le Reichsführer SS Heinrich Himmler et avec son manteau de cuir, Adolf Hitler.

Le 13 août 1940, on le retrouve à la tête de la 10.Kompanie.
Le 6 avril 1941, il commande le II./LSSAH (2e bataillon de la division), il succède ainsi au SS-Sturmbannführer Wilhelm Monhke, qui a été sérieusement blessé lors d'un bombardement aérien juste avant le déclenchement de l'Opération Marita.
Le 9 mai 1941, Horstmann est nommé SS-Sturmbannführer. Le 1er novembre, il retourne à l'école des officiers SS de Bad Tölz.
En janvier 1943, Il commande la SS-Stug-Abt 9. de la  9.SS Panzergrenadier Division "Hohenstaufen". C'est une unité blindée, une Abteilung constituée de canons d'assaut type Stug III.
 
Un Stug III est visible au musée des blindés de Saumur

Le 16 juin 1943 il est Kommandeur du I./SS-Pz.Gren-Rgt 25 de la 12 SS-Panzer-Grenadier-Division "Hitlerjugend". La division est alors en cours de formation.

Muté à la Götz von Berlichingen

 
Le 2 novembre 1943, nouvelle mutation Horstmann prend le commandement du SS-Panzergrenadier Regiment 38 de la 17.SS Panzergrenadier-Division "Götz von Berlichingen". Rappelez vous Historeich avait déjà consacré quelques articles sur cette division SS notamment dans le secteur de Saumur (Maine et Loire).

Normandie 1944,  la mort

 
Le 20 avril 1944, Erwin Horstmann est nommé SS-Obersturmbannführer et comme nous le savons tous, le 6 juin 1944, c'est le débarquement en Normandie, l'Invasionsfront pour les Allemands.
Au début juillet, la Götz fait face aux américains près de Sainteny. Horstmann lance les hommes du II. et III. Bataillon dans des contre-attaques suicidaires qui tournent à la boucherie inutile. On compte près de 50% de pertes, blessés ou tués, d'ailleurs le SS-Sturmbannführer Ersnt Bolte y trouve la mort (voir sa tombe ci-dessous)
Pour répondre de ses actes irresponsables, le SS-Standartenführer Otto Baum, décide de le faire passer devant une cour martiale.
A l'instar du Kapitänleutnant Karl-Heinz Harlfinger il ne reste alors à Horstmann que deux choix possible, la cour martiale ou le suicide (!), en tous cas les officiers allemands prennent le soin de lui laisser un pistolet à porter de main, au cas ou.
Le 8 juillet 1944 à 2 kilomètres au sud-ouest d'Auxais, un claquement sec retentit, le SS-Obersturmbannführer Horstmann a finalement fait le choix de se tirer une balle dans la tête.
Le lendemain, le SS-Obersturmbannführer Kurt Launer, un ancien de la Totenkopf,  prend le commandement du SS-Panzergrenadier Regiment 38. 
 
Kurt Launer succède à Horstmann
 

 

Le cimetière militaire allemand de Marigny

 
Cimetière militaire allemand de Marigny
 

Le Deutscher Soldatenfriedhof de Marigny se situe en pleine campagne, à environ deux kilomètres du village de Thèreval, dans le département de la Manche.

Créé dans l’immédiat après-guerre, le cimetière rassemble dans un premier temps des soldats américains, mais également allemands. Environ 4 246 dépouilles allemandes y sont alors inhumées. Dans les années 1950, les corps des soldats américains sont transférés vers le cimetière américain de Saint-Laurent-sur-Mer, tandis que les dépouilles allemandes restent sur place, sous administration française. Leur nombre atteint alors 5 713.

Le cimetière est entièrement réaménagé entre 1958 et 1960 avant d’être officiellement inauguré par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge le 2 septembre 1961. Au fil des années, de nouvelles dépouilles sont transférées depuis différents villages de la région, tandis que d’autres sont découvertes fortuitement à l’occasion de travaux de voiries ou de recherches. Le nombre de soldats qui y reposent atteint aujourd’hui 11 169.

Rassemblant principalement les victimes allemandes des combats de cette région de Normandie, le cimetière abrite des hommes appartenant à des formations très diverses : des marins, des aviateurs, des soldats de la Panzer-Lehr-Division, de la 17. SS-Panzergrenadier-Division « Götz von Berlichingen », de la « Das Reich », mais aussi de nombreuses autres unités engagées dans la bataille de Normandie.

Tombe du SS-Obersturmbannführer Erwin Horstmann à Marigny
Cimetière militaire allemand de Marigny

Tombe du SS-Obersturmbannführer Erwin Horstmann à Marigny
Cimetière militaire allemand de Marigny

La tombe du SS-Obersturmbannführer Horstmann


SS-Obersturmbannführer Horstmann repose dorénavant au bloc 1 rangée 11 tombe 425 
 
Tombe du SS-Obersturmbannführer Erwin Horstmann à Marigny

Tombe du SS-Obersturmbannführer Erwin Horstmann à Marigny

 

Ernst Bolte : SS-Sturmbannführer de la 17. SS-Panzergrenadier-Division


Pendant que nous sommes au cimetière nous pouvons nous rendre sur la tombe de Ernst Bolte, SS-Sturmbannführer de la Waffen-SS, qui est aussi l’un des officiers de la 17. SS-Panzergrenadier-Division « Götz von Berlichingen » dont le parcours s’achève dans les combats de Normandie à l’été 1944. 

Il est né le 28 juin 1914 à Vehlen. Les premières étapes de sa carrière militaire sont liées au SS-Infanterie-Regiment « Deutschland ». En septembre 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, Ernst Bolte porte le grade de SS-Untersturmführer et sert au sein de la 7. Kompanie du régiment. Son parcours se poursuit au sein du « Deutschland » et il accède au grade de SS-Hauptsturmführer le 10 avril 1941. Il est alors affecté à la 8. Kompanie du même régiment. 

À la fin de l’année 1943, son parcours est lié à la nouvelle 17. SS-Panzergrenadier-Division « Götz von Berlichingen ». Cette division, créée en octobre 1943, est destinée au front de l'ouest et poursuit sa formation et son instruction en France avant d’être engagée contre les forces alliées après le débarquement de Normandie.

Ernst Bolte reçoit le commandement du III./SS-Panzergrenadier-Regiment 38. Ce bataillon constitue l’une des composantes combattantes du régiment, lui-même intégré à la 17. SS-Panzergrenadier-Division. 

Après le l'Invasion du 6 juin 1944, la 17. SS-Panzergrenadier-Division est engagée dans les combats du Cotentin. Au début du mois de juillet, les affrontements se concentrent notamment autour de Sainteny, où les unités allemandes cherchent à contenir la progression américaine.

C’est dans ce secteur qu’Ernst Bolte trouve la mort.

Le 6 juillet 1944, alors qu’il commande toujours le III./SS-Panzergrenadier-Regiment 38, Bolte est tué à environ un kilomètre de Sainteny. Selon les informations disponibles, il est mort après avoir été atteint à la tête par un éclat d’obus.

La disparition d’Ernst Bolte survient seulement deux jours avant celle du SS-Obersturmbannführer Erwin Horstmann.

Ernst Bolte est finalement inhumé au cimetière militaire allemand de Marigny, dans la Manche, où reposent de nombreux soldats allemands morts pendant la bataille de Normandie. Sa tombe constitue aujourd’hui l’un des témoignages matériels permettant de retrouver la trace de cet officier de la 17. SS-Panzergrenadier-Division « Götz von Berlichingen ». 


Tombe du SS-Sturmbannführer Ernst Bolte


A Lire

 
SS-Panzer-Abteilung 17 "Götz von Berlichingen" aux éditions Maranes