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mardi 6 février 2024

Egon Mayer est mort !

Egon Mayer et son Me Bf 109 F3

Voilà, c'était mon dernier jour de vacances en Normandie, une matinée froide comme le mois de décembre sait en offrir, je m'en passerais. Dehors, il n'y a pas un bruit hormis quelques oiseaux, je suis seul avec Jean-Luc dans ce cimetière militaire allemand de Saint Désir de Lisieux, les chaussures trempées par l'herbe humide. Après nous être rendus sur la tombe du jeune leutnant Wilhelm Godt, nous allons maintenant sur la tombe d'un AS allemand, Egon Mayer. Maintenant je laisse la place à mon ami pour vous raconter la vie du pilote allemand.

Qui est Egon Mayer ?

Egon Mayer, dont la maison familiale est à Engen, est né le 19 août 1917 à Constance en Allemagne, une ville située sur les bords du célèbre lac et près de la frontière suisse. Pendant sa scolarité, il fréquente le lycée Hegau de Singen. Très tôt, il a une grande passion pour le vol. L'origine de cette activité réside probablement dans le fait qu'il y avait un terrain de vol à voile non loin de la Hauserhof sur le Ballenberg d'Engen, le jeune Egon s'y rend presque tous les jours.

L'As Allemand, Egon Mayer

 

Pilote de chasse à la JG 2

A l'âge de 22 ans, son rêve devient enfin réalité, il devient pilote de chasse à la Jagdgeschwader 2 "Richthofen"  en novembre 1939.

A gauche, Egon Mayer alors Fähnrich et son instructeur

Mayer rejoint d'abord le I./JG2 puis le II./JG2 en tant que pilote à la 6. Staffel, basé à Oulchy le château. Il abat le 13 juin 1940 un Morane-Saulnier M.S.406, sa première et dernière victime durant la bataille de France, il reçoit l'EK 2. Fort de son expérience, il est provisoirement instructeur (Fluglehrer) au sein d'une école de chasse de la fin juillet au début du mois de décembre 1940, ratant ainsi le début de la bataille d'Angleterre.  

De retour au front, en protection de vingt JU-88 de la KG 51, il abat le 7 octobre 1940 un Hurricane près de Portland au sein de la 3./JG 2 du I.Gruppe, puis le 15 novembre un autre Hurricane avec la 8./JG 2 du III.Gruppe près de Chichester. Il est abattu à son tour et doit passer quelques heures à bord d'un dinghy avant d'être secouru quelque part au milieu de la Manche.

Messerschmitt Bf 109F-3 Weiss 1 de Egon Mayer en 1941

51 Spitfire à son palmarès !

Avec seulement trois victoires en 17 mois de service, le Leutnant Mayer de la 7./JG 2 du II.Gruppe, ne brille pas par ses succès, mais il se fait remarquer par son charisme. Ses qualités de meneur d'hommes le font nommer comme chef de la 7./JG 2, le 10 juin 1940. Le futur "tueur de Spit" débloque son compteur de victoires le 17 juin près de Cherbourg, seize autres suivront durant l'été 1941. Il est décoré de la Ritterkreuz le 1er août avec vingt victoires. le Staffelkäpitan de la 7 voit l'année 1942 augmenter la longue liste de ses victimes, dont quatre Spitfire revendiqués le 17 avril. Le 19 août, à respectivement 16h03 et 16h05, aux commandes d'un Fw 190 A-3, il abat un Hurricane et un Spitfire au-dessus de Dieppe durant l'opération Jubilee.

Oberstleutnant Egon Mayer de la JG 2
Fw 190A-3 d'Egon Mayer lors de l'opération Jubilee sur Dieppe en 1942. Nous reconnaissons "le chapeau de Chamberlain" qui est l'insigne de la 7.Staffel

Contre les "grosses casseroles"

Le 1er novembre 1942, Mayer est nommé Hauptmann et devient Gruppenkommandeur du III./JG 2 basé à Cherbourg-Maupertus. Ses premières victoires face à la 8 Air Force du VIII Bomber Command ont lieu le 23 novembre lorsqu'il abat deux B-17 Flying Fortress en moins de dix minutes et un B-24 Liberator, 30 minutes plus tard. L'objectif initial des bombardiers était la base de U-Boot de Saint Nazaire.

Il développe l'attaque frontale qui semble être la tactique la plus efficace contre les formations de bombardiers américains.

La journée du 14 juillet 1943

Le 16 avril 1943, il reçoit les feuilles de chênes à sa Croix de chevalier de la Croix de Fer.

Le 14 juillet, le B-17 n° 42-3190 "Mr Five by Five aka Nip 'N Tuck" du 332nd Squadron du 94th Bomber Group décolle à l'aube de Burry St Edmund. Le capitaine Kee Harrison et son équipage devaient bombarder l'aéroport du Bourget avec 83 autres B-17. Egon Mayer et ses ailiers aux commandes de leur FW-190 décollent de l'état d'alerte et tentent d'intercepter la formation des gros pots américains. Des chasseurs allemands attaquent la formation avant qu'elle n'atteigne son objectif à 7h30. Mayer attaque le B-17 n° 42-3190 dans une passe frontale, les quatre canons de 20 mm crachent leurs obus et le B-17 touché, plonge vers le sol. Il est 7h43 et la 69e victoire de Mayer. Le quadrimoteur s'est vomi proprement dans un champ de blé de la commune de Bérengeville-La-Campagne, au nord-ouest d'Evreux, sans faire de victimes. Le capitaine Kee Harrison et huit autres membres d'équipage sont capturés, tandis que trois autres parviennent à s'échapper et à regagner la Grande-Bretagne via l'Espagne. Le B-17 "Mr Five by five aka Nip'nTuck" est remis en état de marche et utilisé par le KG200 pour des missions secrètes. Le commandant de groupe Egon Mayer abat un deuxième B-17 à 8h24 au-dessus des Essarts-Le-Roi, au sud-ouest de Paris, alors que la formation américaine revient du Bourget.

Le B-17 "Mr Five by five aka Nip'nTuck" sera transféré à l'Erprobungsstelle de Rechlin. Repeint il aurait pu être ensuite versé au I./KG 200 qui comptait 8 bombardiers de ce type.

Il succombe cerné par le nombre...

Le 1er mars 1944, le lieutenant-colonel Egon Mayer, désormais geschwaderkommodore de la JG 2 "Richthofen", a enregistré 102 victoires en 352 missions, dont 51 Spitfire et 26 quadrimoteurs.

Ce 2 mars 1944, aux commandes d'un Focke-Wulf Fw 190A-6 (numéro d'usine 470468) au nez et au ventre bleu, Mayer dirige son escadron d'état-major (Stabsschwarm) et des éléments du IIIe groupe, soit 14 FW 190 au total, lors d'une attaque contre des B-17 dans la région de Sedan. Il ne découvre pas l'escorte de 29 chasseurs P-47 Thunderbolt à 1 500 mètres d'altitude. De manière brutale, son avion est touché au nez et au cockpit à une distance de 370 m avec du 12,7 mm. Le FW 190 a alors fortement roulé et s'est écrasé verticalement, s'écrasant à moins de 4 km de Montmédy, à Iré-les-Prés. Le lieutenant Walter Gresham du 358th Fighter Squadron de la 355th Fighter Wing a ainsi abattu le kommodore de la  JG 2, la première de huit victoires au total.

Egon Mayer devant un Focke Wulf Fw 190 de la JG 2 "Richthofen", peut être son propre appareil ?

Fw 190A-4 d'Egon Mayer en 1943. Le chapeau a laissé sa place au coq hurlant

Extrait du rapport du 358th Fighter Squadron 355th Fighter Group  :

"2 FW 190 volant côte à côte et en quinconce, semblables à notre formation de combat, se dirigeant vers le nord et plongeant de 20 000 à 15 000 pieds ont été vus à 1410. Ils furent repoussés par le Trooptrain Green Flight depuis 25 000', ce qui entraîna la destruction d'un appareil pour le lieutenant Gresham et d'un autre pour le lieutenant Dudley et le lieutenant Fussell." 

Rapport de Walter V.Gresham :

" Je dirigeais le Green Flight qui volait à 25 000' au sud-est de Charleroi. Nous avons vu deux avions en plongée vers le nord-est à environ 18 000 pieds. Notre chef d'escadron nous a envoyé en couverture avec le Blue Flight et nous avons commencé à rebondir à l'abri du soleil à 14 h 20. Les 2 e/a se sont séparés, l'un allant vers la droite et l'autre vers la gauche, j'ai dit aux Green #3 et #4 de prendre le second e/a pendant que je prenais le leader qui était dans un virage à gauche. Je lui ai donné une courte rafale à 400-500 mètres, puis je me suis rapproché à 300 mètres et j'ai ouvert le feu. Des impacts ont été observés dans et autour de son cockpit et sur les deux ailes. J'ai vu une explosion sur l'emplanture de l'aile droite et, à peu près au même moment, presque la moitié de son aile gauche s'est désintégrée et s'est complètement détachée. L'appareil, identifié comme étant un FW 190, s'est cassé et a fait une demi-roue avant d'entamer une violente vrille. Le combat s'est déroulé entre 15 000 et 12 000 pieds et au moment de l'attaque, j'indiquais 500 mph et je ne me rapprochais pas trop vite. Je me suis rapproché à environ 200 mètres.

Au vu des impacts effectifs, de l'explosion, de la désintégration de son aile gauche, de sa violente rotation et des déclarations de mon ailier, le lieutenant Martyn, et de celles du capitaine Wright, du lieutenant Dissette et du lieutenant Harrington, j'affirme qu'un FW 190 a été détruit.

Tout au long du rebond, mon Green Flight a bénéficié d'une excellente couverture de la part du Blue Flight.

Mon ailier, le lieutenant Martyn, est resté avec moi tout au long de l'attaque et m'a fourni une excellente couverture. Le deuxième élément du Green Flight a rejoint l'escadron immédiatement après l'attaque."

Rapport de l'ailier de Gresham, Donald Martin :

"Je l'ai identifié comme étant un FW 190 et j'ai vu des impacts dans et autour de la verrière qui ont provoqué un grand éclair de feu dans l'emplanture de l'aile droite. Un gros morceau s'est détaché de l'aile gauche ; l'avion a fait un tonneau, a fait ce qui semblait être une roue de charrette, puis a tourné violemment sur la droite, disparaissant lorsque nous nous sommes redressés sur la gauche. Je pense que le pilote de l'avion a été tué par les impacts à l'intérieur et autour du cockpit, qui ont provoqué la désintégration de la verrière."

L'historien Eric Moonbeck livre une tout autre histoire sur la mort d'Egon Mayer :

"Le 2 mars 1944 est une journée particulièrement noire pour le Geschwader. Le Kommodore Mayer - "l'as des as" à l'Ouest - est guidé au-dessus des Ardennes contre un raid diurne de l'USAAF visant Francfort-sur-le-Main. Après avoir perdu ses compagnons d'armes de longue date, le Gruppenadjutant Hptm. Fritz Edelmann (tué le 30 janvier) et Ofw. Rudolf Alf (hospitalisé le 21 janvier), le "nouveau" Schwarm de Mayer est beaucoup moins expérimenté. Les quatre Fw 190 manquent le rendez-vous avec le II. Gruppe qui a décollé de Creil, au nord de Paris, et le III. Gruppe qui a passé la nuit à Saint-Trond en Belgique. Poursuivant sa route vers le nord-est, Mayer semble avoir perdu les trois autres Fw 190 de son Schwarm et, en tant que "Fw 190 isolé", il est facilement abattu par les P-47 Thunderbolts du 365th FG près de Montmédy (1ère victoire pour le Maj. Robert L.Coffey)". Dans le ciel de France, histoire de la JG 2 "Richthofen 1944

La tombe d'Egon Mayer au cimetière de Saint Désir de Lisieux

Egon Mayer a été enterré au cimetière de Beaumont-le-Roger dans l'Eure avec tous les honneurs dus à son rang et les épées ont été ajoutées à titre posthume à sa croix de chevalier (Ritterkreuz des Eisernen Kreuzes mit Eichenlaub und Schwertern). En 1955, son corps a été transféré au cimetière militaire allemand de Saint-Désir-de-Lisieux.

Sur cette capture d'écran tirée d'un film amateur nous pouvons voir le cerceuil d'Egon Mayer

Pour voir la tombe du lieutenant-colonel Egon Mayer, vous devez vous rendre au bloc 1, rangée 8, tombe 167.

La tombe de l'Oberstleutnant Egon Mayer

 
La tombe de l'Oberstleutnant Egon Mayer

Le cimetière militaire allemand de Saint Désir de Lisieux

Il y a deux cimetières militaires à Saint désir de Lisieux, un consacré aux Britanniques (plus petit) et un autre pour les soldats allemands, dont beaucoup sont tombés lors de la poche de falaise en août 1944. Les deux cimetières sont situés côte à côte ou presque.

Le cimetière a été initialement créé par les Britanniques courant août-septembre 1944. Rapidement il s'est avéré rapidement trop petit et il a fallu enterré les corps des Allemands dans le champ adjacent. Au fil des années, les autres soldats inhumés dans les villages sont rassemblés aussi à Saint Désir, comme le corps d'Egon Mayer qui y est inhumé depuis 1952.

Le Volksbund réaménage le cimetière entre 1958 et 1960, et l'inauguration du cimetière tel que nous le connaissons a lieu en 1961. Pas moins de 3 735 soldats y reposent, des Waffen SS, de la Wehrmacht et comme nous venons de le lire des pilotes de la Luftwaffe comme le leutnant Wilhelm Godt, Horst Hannig, Kurt Hubben par exemple. 
 
Entrée du cimetière militaire allemand de Saint Désir de Lisieux
cimetière militaire allemand de Saint désir de Lisieux
Le cimetière militaire allemand de Saint désir de Lisieux et ses milliers de tombes

Le Focke Wulf 190A-6

Focke-Wulf a commencé à developper le Fw 190 dès 1938, soit quatre ans après le Messerschmitt Bf 109. Le Me 109 qui commence à montrer ses faiblesses lors de la guerre civile en Espagne devra bientôt affronter une menace qui se profile à l'horizon, le Supermarine Spitfire. Pour les Allemands, le nécessité de créer un appareil surpassant l'avion britannique était primordiale. La conception du Fw 190 est confiée à Kurt Wolf. Le moteur est un BMW 801 radial, qui par sa conception est plus résistant au feu ennemi même si au niveau fiablilité il a demandé beaucoup de travail, notamment au niveau de l'échappement. Le Fw 190 connaitra de multiples versions et évolutions, par exemple la version A sera déclinée de A-0 à A-10 sans oublier les petites évolutions des évolutions, Fw 190A-2/U3, Fw 190A-8/R6...         

Le premier Fw 190A-6 a été produit par Ago à Oschersleben en avril 1943 et a été fabriqué uniquement par les sous-traitants Ago, Arado, Fieseler et Norddeutsche Dornier. Il existe 6 versions, déclinées A-6/R1 au A-6/R6 incluant la version tropicale A-6 tp. Par rapport à son prédécesseur, le modèle A-5, l'avion reçoit deux canons MG 151s dans les ailes à la place des MG FF. L'armement du A-6 est donc constitué de deux canons MG 17s et de quatre MG 151s dans les ailes. Le système de radio-navigation FuG 16 ZE est mis à jour. La production cesse en février 1944, 1137 exemplaires ont vu le jour. 

Naturellement vous pouvez voir un Focke-Wulf 190 au musée air et espace du Bourget

Un Fw 190 Josef Priller de la JG 26 "Schlageter" est exposé au musée de l'aviation du Bourget

Beaumont le Roger

L'ancien aérodrome militaire de Beaumont le roger est situé dans l'Eure et plus précisément au lieu dit du "Bourg-dessus"  et route de beaumont la ville. Utilisé une première fois par les Français, il était assez rudimentaire avec sa piste de 1350 mètres constituée d'herbe. Il était protégé par 18 pièces de Flak. Rudimentaire mais néanmoins important, le village a subit pas moins de 32 bombardements anglo-américains. Encore aujourd'hui nous pouvons voir quelques surfaces betonnées tout autour de l'ancienne piste. Le 4 novembre 1940, le Reichsmarschall Goering se rend à Beaumont pour inspecter la JG2 

L'aérodrome de Beaumont-le-Roger sur la gauche nous voyons les taxiways et autres lieux de stockage. La piste, ou plutôt le champ servant de piste aux avions de la JG 2 est clairement visible tout comme les cratères d'obus.

Les Fw 190 de la JG 2 dans leurs alcoves faites de bois, Walter Oesau prend le soleil en attendant une alerte.
Les Fw 190 et Me Bf 109 de la JG 2 sur la piste de Beaumont-le-Roger

Vestiges aux abords immédiats de l'ancienne piste, certains sont utilisés par les agriculteurs... 

...qui profitent de leurs d'excellentes fondations. Ces deux granges sont aussi bien protégés sur les côtés. 

Liens 

 

Nous lirons

 
Dans le ciel de France, histoire de la JG 2 "Richthofen" de Erik Mombeeck/Jean-Louis Roba
Jagdgeschwader 2 "Richthofen" de John Weal
JG2 "Richthofen" de Krzysztof Janowicz
Bataille aérienne n°42 Dieppe 19 août 1942
Aéro-Journal Hors Série n°23 

jeudi 4 janvier 2024

La mort du Leutnant Wilhelm Godt


Au volant de la 208 par un temps maussade qui ne motive guère, je prend la direction de la Normandie où je vais visiter pour la première fois le cimetière militaire allemand de Saint-Désir-de-Lisieux. Parmi les soldats de la Waffen SS, de la Wehrmacht il y a aussi des pilotes d'avions, aujourd'hui je m'intéresse à l'un d'entre eux.

Bei trübem Wetter, das nicht gerade motivierend wirkt, fahre ich mit dem 208 in Richtung Normandie, wo ich zum ersten Mal den deutschen Soldatenfriedhof in Saint-Désir-de-Lisieux besuche. Unter den Soldaten der Waffen-SS und der Wehrmacht gab es auch Flugzeugpiloten, heute interessiere ich mich für einen von ihnen.

Qui est Wilhelm Godt ?

Leutnant Wilhelm Godt est né le 16 février 1922 à Bremerhaven en Allemagne, une ville côtière de la mer du Nord. A l'âge de 20 ans, il devient officier pilote de chasse à la Jagdgeschwader 2 "Richthofen". 

Leutnant Wilhelm Godt wurde am 16. Februar 1922 in Bremerhaven, einer Küstenstadt an der Nordsee, in Deutschland geboren.

Lt Wilhelm Godt en 1943

Godt rejoint le III.Gruppe de la JG 2 "Richthofen", il est intégré à la 8.Staffel.  Le 30 décembre 1942, l'alarme retentit, des bombardiers B-17 américains sont signalés au dessus de la Manche. Le III.Gruppe décolle et attaque les formations ennemies, la 8./JG 2 abat deux bombardiers dont un à 19h36 par Wilhelm Godt qui ouvre alors son compteur de victoire.

Godt tritt der III.Gruppe des JG 2 "Richthofen" bei, er wird in die 8.Staffel integriert. Am 30. Dezember 1942 ertönt der Alarm, amerikanische B-17-Bomber werden über dem Ärmelkanal gemeldet. Die III. Gruppe startet und greift die feindlichen Verbände an, die 8./JG 2 schießt zwei Bomber ab, einen davon um 19.36 Uhr durch Wilhelm Godt, der damit seinen Siegeszähler öffnet.

Un Spitfire à son palmarès  

Son palmarès prend un trait de plus lorsqu'un Spitfire britannique du No 19 Squadron piloté par le Sergeant William Harkness Sloan, 22 ans, est abattu à 8 kilomètres au nord d'Ouessant, le 18 janvier 1943. Le pilote du Spitfire qui en 1942, avait couvert depuis les airs la tentative d'invasion à Dieppe, ne sera jamais retrouvé.

Sergeant William Harkness Sloan

Seine Erfolgsbilanz wurde um einen weiteren Strich ergänzt, als am 18. Januar 1943 eine britische Spitfire der No 19 Squadron, die von dem 22-jährigen Sergeant William Harkness Sloan gesteuert wurde, acht Kilometer nördlich von Ouessant abgeschossen wurde. Der Pilot der Spitfire wird nie gefunden.

La journée du 14 avril 1943

Westland Whirlind du No 263 Squadron, l'avion sans ses hélices me fait penser au Me 262

Dans l'après-midi du 14 avril, cinq chasseurs bombardiers Westland Whirlind du No 263 Squadron ont décollé d'Angleterre en direction de la Bretagne, le but est d'attaquer les bateaux croisant la côte française, notamment dans le secteur de Camaret. Après l'attaque de chalutiers et d'un baliseur civil, les Whirlind s'en prennent à des Junkers W34, un des avions allemands est abattu.
Pendant ce temps, les Fw 190 de la 8./JG2 ont décollé de l'aérodrome de Brest-Guivapas. Il est 16h26 à 40 km à l'ouest de Brest, Wilhelm Godt est dans son Fw 190 lorsqu'il a dans son viseur l'un des chasseurs-bombardiers ennemis, ses rafales abattent l'appareil du sergeant John Macaulay, 23 ans, son corps ne sera jamais retrouvé.  

Briefing de Bruno Stolle avec ses pilotes de la 8./JG 2 sur l'aérodrome de Brest-Guivapas

Am Nachmittag des 14. April starteten fünf Westland Whirlind-Jagdbomber der No. 263 Squadron von England in Richtung Bretagne. Ziel war es, Schiffe anzugreifen, die an der französischen Küste kreuzten, insbesondere in der Gegend von Camaret. Nach Angriffen auf Trawler und einen zivilen Fischfänger griffen die Whirlinds Junkers W34 an, wobei eines der deutschen Flugzeuge abgeschossen wurde.

In der Zwischenzeit sind die Fw 190 der 8./JG2 vom Flugplatz Brest-Guivapas gestartet. Es ist 16.26 Uhr, 40 km westlich von Brest. Wilhelm Godt sitzt in seiner Fw 190, als er einen der feindlichen Jagdbomber im Visier hat. Seine Salven schießen das Flugzeug des 23-jährigen Sergeant John Macaulay ab, seine Leiche wird nie gefunden.

Aérodrome de Brest-Guivapas, cinq ans après le départ de la JG 2, comme nous pouvons le voir la piste a été allongée à l'ouest. L'aérodrome est situé à 8,5 kilomètres au nord-est de Brest. Avant l'arrivée des allemands, l'aérodrome, qui était sommaire, était utilisé par les avions de la marine nationale. Le 24 juin 1943, la piste est endommagée par un bombardement aérien.

Le 1er juillet 1943, le Major Egon Mayer prend le commandement de la JG2 et Wilhelm Godt est muté à la 10.(Jabo)/JG 2 où il prend les commandes du Fw 190 A6. Une partie de la JG 2 est envoyée en mission de protection de l'Allemagne qui subit des bombardements massifs.

Dans la matinée du 30 juillet, alors aux Pays-Bas il attaque avec succès un B-17 dans le secteur de Dordrecht mais pour le Leutnant Godt les choses se compliquent, son avion est sévèrement touché et doit atterrir d'urgence une cinquantaine de kilomètres plus loin, la manoeuvre est délicate et l'avion se crashe dans le secteur Kerk-Avezaath aux Pays-Bas. Godt s'en tire bien et peut reprendre rapidement les commandes d'un nouvel appareil. 

Am 1. Juli 1943 übernahm Major Egon Mayer das Kommando über das JG 2 und Wilhelm Godt wurde zum 10.(Jabo)/JG 2 versetzt.

Am Morgen des 30. Juli griff er in den Niederlanden erfolgreich eine B-17 im Raum Dordrecht an, aber für Leutnant Godt wurde es schwierig: Sein Flugzeug wurde schwer getroffen und musste etwa 50 km weiter notlanden. Das Manöver war schwierig und das Flugzeug stürzte im Raum Kerk-Avezaath in den Niederlanden ab. Godt kam mit dem Schrecken davon und konnte bald wieder ein neues Flugzeug steuern.

  

La mort au bout...

Le matin du 27 août 1943, 36 B-26 ont pour missions de bombarder l'aérodrome de Poix-du-nord. A 8h26, ils sont sur cible, aucune perte n'est signalée. Au même moment, 21 B-26 ont pour mission de détruire les stations électriques du Grand-Quevilly dans le secteur de Rouen mais la météo et mauvaise. A 9h15, les Fw 190 de la 10./JG 2 décollent en urgence, Lt Wilhelm Godt est de la partie.

Les bombardiers ennemis sont escortés par des Spitfires, la bataille aérienne est engagée dans le secteur Tancarville-Notre-Dame-de-Gravenchon. Les Focke Wulf virevoltent dans le ciel, les moteurs sont à pleine puissance, la concentration extrême. L'intenable As Allemand, Egon Mayer, abat une nouvelle fois un avion de chasse britannique, ses camarades en abattent deux autres. 
Wilhelm Godt est en difficulté, son Focke Wulf est criblé de balles, l'appareil perd soudainement de l'altitude. Ses camarades appellent le leutnant à la radio mais le Fw 190 se transforme en boule de feu lorsqu'il percute le sol, Wilhelm Godt n'a pas pu sauter en parachute, sa vie s'est éteinte à Notre-Dame-de-Gravenchon, un village de Seine-Maritime.

Devant la forte résistance de la chasse allemande, la mission de bombardement sur Rouen est annulée. 

 

A la 8./JG 2 Lt Wilhelm Godt aux commandes de son Fw 190 A4


Am Morgen des 27. August 1943, 21 B-26 haben den Auftrag, Elektrizitätswerke in der Gegend von Rouen zu zerstören, aber das Wetter ist schlecht. Die alarmierten Fw 190 der 10./JG 2 starten im Eiltempo, Lt. Wilhelm Godt ist mit von der Partie.

Die Luftschlacht beginnt. Die Bomber in Formation spucken Feuer aus all ihren Bordmaschinengewehren, die Focke Wulf kreisen mit voll aufgedrehten Motoren, die Konzentration ist extrem. Wilhelm Godt nähert sich seinem Ziel, als sein Flugzeug von der Salve eines Bombers getroffen wird und die Focke Wulf plötzlich an Höhe verliert. Seine Kameraden riefen den Leutnant über Funk, aber die Fw 190 verwandelte sich in einen Feuerball, als sie auf dem Boden aufschlug. Wilhelm Godt konnte nicht mehr mit dem Fallschirm abspringen, sein Leben erlosch in Notre-Dame-de-Gravenchon, einem Dorf im Département Seine-Maritime.
Angesichts des starken Widerstands der deutschen Jagdflieger wurde der Bombenangriff auf Rouen abgebrochen.
 

Sa tombe au cimetière de Saint Désir

 
Parmi les allées du cimetière de Saint Désir vous croiserez de nombreux pilotes, notamment de la Jagdgeschwader 2 "Richthofen". Par exemple, nous pouvons citer l'Uffz Otzen, le Lt Beitz, l'Oberleutnant Behrendt et d'autres encore.
Pour voir la tombe du Leutnant Wilhelm Godt il faut se rendre au bloc 3 rangée 33 tombe 1029.

Wilhelm Godt ist auf dem deutschen Soldatenfriedhof Saint désir de Lisieux in Block 3 Reihe 33 Grab 1029 begraben.

Tombe du Leutnant Wilhelm Godt

 

Le cimetière de Saint Désir de Lisieux

Il y a deux cimetières militaires à Saint désir de Lisieux, un consacré aux Britanniques (plus petit) et un autre pour les soldats allemands, dont beaucoup sont tombés lors de la poche de falaise en août 1944. Les deux cimetières sont situés côte à côte ou presque.


Le cimetière a été initialement créé par les Britanniques courant août-septembre 1944. Rapidement il s'est avéré rapidement trop petit et il a fallu enterré les corps des Allemands dans le champ adjacent. Au fil des années, les autres soldats inhumés dans les villages sont rassemblés aussi à Saint Désir, comme le corps d'Egon Mayer qui y est inhumé depuis 1952.
 
Les deux cimetières militaires en 1947, si le cimetière britannique est quasiment dans sa configuration actuelle, il en est rien pour l'allemand dont la superficie va largement augmenter pour dépasser celui des Britanniques. Isolés à l'époque, une zone industrielle attenante aux cimetières a vu le jour depuis. 

Le Volksbund réaménage le cimetière entre 1958 et 1960, et l'inauguration du cimetière tel que nous le connaissons a lieu en 1961.
Pas moins de 3 735 soldats y reposent, des Waffen SS, de la Wehrmacht et comme nous venons de le lire des pilotes de la Luftwaffe y compris des AS, comme Egon Mayer, Horst Hannig, Kurt Hubben par exemple.    

Entrée du cimetière militaire allemand de Saint Désir de Lisieux

Le cimetière militaire allemand de Saint désir de Lisieux et ses milliers de tombes

cimetière militaire allemand de Saint désir de Lisieux

Der Friedhof wurde ursprünglich von den Briten im August/September 1944 angelegt. Bald erwies er sich als zu klein und die Leichen der Deutschen mussten auf den angrenzenden Feldern beerdigt werden. Im Laufe der Jahre wurden auch die anderen in den Dörfern begrabenen Soldaten in Saint Désir zusammengeführt, so auch der Leichnam von Egon Mayer, der 1952 dort beigesetzt wurde.

Der Volksbund gestaltete den Friedhof zwischen 1958 und 1960 um, und die Einweihung des Friedhofs in seiner heutigen Form fand 1961 statt.

Nicht weniger als 3.735 Soldaten liegen hier begraben, von der Waffen-SS, der Wehrmacht und, wie wir gerade gelesen haben, Piloten der Luftwaffe einschließlich der AS, wie zum Beispiel Egon Mayer, Horst Hannig, Kurt Hubben.

Et nous pouvons voir un Focke Wulf  Fw 190 au musée air et espace du Bourget

Focke Wulf Fw 190 du musée du Bourget


Liens 

 
 

Sources

 
Sur la journée du 14 avril 1943, je conseille la lecture de cet excellent site :
Dans le ciel de France, histoire de la JG 2 Richthofen volume 4 1943 de Erik Mombeeck