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vendredi 22 octobre 2021

La mort tragique de l'Oberfeldwebel Lütz de la JG 53

 

La Jagdgeschwader 53 n'est pas inconnue sur HistoReich, on se souvient par exemple du jeune Leutnant Harti Schmiedel inhumé au Mont de Huisnes mais cette fois je me rend au cimetière militaire allemande de Pornichet en Loire-Atlantique. Sur les conseils de mon ami MC je vais voir deux tombes de pilotes de la fameuse "Pik As".

Qui est l'Oberfeldwebel Heinrich Lütz ?

pilote de la Jagdgeschwader 53 Pik As
Oberfeldwebel Heinrich Lütz

Heinrich Lütz est né à Essen en Allemagne le 4 avril 1914.
Il était pilote instructeur (Fluglehrer) à Gatow lorsqu'il demande sa mutation au front. Il est alors incorporé à la 6. Staffel de la Jagdeschwader 53 "Pik As". Il a pour mission d'instruire les jeunes pilotes, appelés Nachwuchs, aux spécificités du vol par mauvais temps.
 

Soucelles et la 6./JG53

 
Les vastes prairies qui accueillent les Messerschmitt Bf 109 G de la JG 53. Au nord le village de Soucelles au sud à gauche Villevêque (vue 1949). L'emplacement était préparé depuis le printemps 1944 ans le but de soulager l'aérodrome d'Avrillé près d'Angers.
 
Dans la première quinzaine de l'Invasion, le II./JG53 est basé à Vannes mais l'aérodrome est trop souvent sous le feu des avions américains. Le 15 juin 1944, Il est donc décidé de retraité vers la Maine et Loire mais là aussi l'aérodrome d'Avrillé (banlieue d'Angers) est devenu la cible répétée de bombardements aériens. La trentaine de Bf 109 est regroupée à Briollay pour la 4.Staffel, à Tiercé pour la 5.Staffel et enfin la 6.Staffel à Soucelles. Situées à quelques kilomètres au nord d'Angers, les pistes sont des simples prairies mais offrent une longueur suffisante de 1645 mètres.
Le Kommandeur du II./JG.53, Julius Meimberg prend ses quartiers au château de Soucelles.
 
Hauptmann Julius Meimberg à droite, le visage blessé suite au séjour de la JG 53 en Tunisie
 
Le II./JG 53 n'y restera que 10 jours. Le 22 juin, les forces aériennes ennemies repèrent 8 Bf 109 positionnés à la lisière de la prairie. Deux jours plus tard, dans la matinée du 24 juin, des Mustang P51 du VIII Fighter Command de la 8th Air Force passent à l'attaque. 14 Messerschmitt sont détruits au sol et plusieurs endommagés.
Le 25 juin, là encore des P38 américains attaquent la prairie. Le même jour, le Gruppe quasiment "au bout du rouleau"  part pour l'aérodrome de Champfleury, situé à l'est de Paris.

Le château de Soucelles, Maine et Loire où loge Hauptmann Julius Meinberg


La tragique journée du 20 juin 1944

Partir pour l'est de Paris, deux pilotes n'auront pas l'occasion de le faire. Le 20 juin 1944 près de Soucelles, Heinrich Lütz alors aux commandes de son Messerschmitt BF 109 G-6/U4 Gelb 22 WNr. 412734 se regroupe dans le ciel avec d'autres camarades. Dans la manoeuvre de regroupement une collision se produit avec un de ses camarades, l'Unteroffizier Hermann Rumpf. Oberfeldwebel Lütz ne peut s'extraire de son avion alors en perdition et s'écrase contre une ferme qui par chance n'est pas occupée à ce moment là. Heinrich Lütz est tué dans le crash.

Unteroffizier Hermann Rumpf, aux commandes du second Me Bf 109 G6 Gelb 10 WNr.412741 connait malheureusement le même sort, il était né le 4 août 1920 à Saafeld.

Oberfeldwebel Lütz de la Jagdgeschwader 53
Capot moteur d'un Messerschmitt Bf 106 G6 de la JG 53 comme le démontre l'As de pique. Celui-ci est exposé au musée Espace Air Passion à Angers-Marcé.

Messerschmitt Bf 109 G (Gustav)

Messerschmitt Bf 109 G6 de la JG 53 "Pik As" à l'été 1944. L'avion était surnommé "le bossu" à cause de sa bosse sur le capot moteur 

Le Messerschmitt Bf 109 Gustav 6 est le chasseur le plus produit de la seconde guerre mondiale avec plus de 12.000 exemplaires fabriqués. Remplaçant le modèle F, le  modèle G sorti en février 1943 est une version plus polyvalente puisqu'il est multi-tâches grâce à un kit appelé Rüstsatz, ce qui lui permettait de modifier son armement directement sur le terrain suivant la situation.
Il inaugure le nouveau moteur Daimler Benz DB 605 A de 35,7 litres développant 1475 chevaux. Le modèle G6, tout comme le modèle G5 inaugure aussi un nouvelle empennage avec des stabilisateurs plus longs et une gouverne de direction plus large. Pour faire des économies de matériaux cet empennage est en bois. Un nouvel armement voit le jour avec une paire de MG 131 13 mm.


Le cimetière militaire allemand de Pornichet


Deutscher soldatenfriedhof de Pornichet


Oberfeldwebel Heinrich Lütz JG 53
Le Deutscher soldatenfriedhof de Pornichet

Les deux pilotes sont enterrés au cimetière militaire allemand de Pornichet en Loire-Atlantique.

Oberfeldwebel Heinrich Lütz repose désormais au bloc 5 rangée 6 tombe 232.

pilote de la JG 53 au cimetière de Pornichet
Plaque tombale de l'Oberfeldwebel Heinrich Lütz

Unteroffizier Hermann Rumpf repose au bloc 5 rangée 8 tombe 305

pilote de la JG 53 au cimetière de Pornichet
Plaque tombale de l'Unteroffizier Hermann Rumpf

 

Liens

 
Sources pour l'élaboration de cet article
Batailles aériennes n°65. L'histoire de la JG 53 4ème partie par Jean Louis Roba
Absa 39-45.com dont je salue évidemment le bon travail

mercredi 17 octobre 2018

La mort de l'Oberfeldwebel Hans Galubinski Jagdgeschwader 53 Pik As


Visiter un cimetière militaire c'est bien mais connaître l'histoire de ses occupants, c'est encore mieux. Je me rends donc dans le département de la Somme, au cimetière militaire allemand de Bourdon. Une fois sur place, je vais voir plusieurs pilotes de chasse et notamment la tombe de l'Oberfeldwel Hans Galubinski.

Qui est Hans Galubinski ?

 

pilote de la jagdgeschwader 53
Oberfeldwebel Hans Galubinski

Hans Galubinski est né le 12 janvier 1916 à Berlin. Incorporé à la Luftwaffe en novembre 1939 au sein de la  7./JG 53 "Pike As", il participe à la bataille de France en tant que Feldwebel. Le 12 mai 1940, il abat sa première victime, un avion français Potez 63 qui était en mission de reconnaissance dans le secteur Sedan-Montmédy-Longwy.

Il abat un Hawk 75A à l'ouest de Laon, un autre Potez près de Montdidier puis des Hurricane, des Bloch 151 et un Morane 406  En l'espace de trois semaines, Galubinski a descendu neuf appareils.

Pris à partie par les paysans !

 

Un Bloch 152 aura eu raison du Bf 109 de Hans Galubinski

La chance du pilote tourne une première fois le 6 juin 1940 lorsque sa Staffel attaque une douzaine de chasseurs Bloch 152. Durant le combat aérien, qui se déroule dans le secteur de Soissons, son Messerschmitt Bf 109 E est touché par l'adjudant-chef Jean Crocq, qui totalisera deux victoires au cours de la guerre, Jean Crocq raconte :

"J'attaque un Bf 109 avec une patrouille pour dégager l'échelon inférieur. L'avion ennemi pique légèrement. Je le rattrape, et à la première rafale, l'avion touché à l'aile gauche s'abat. le pilote saute en parachute beaucoup plus bas."

Galubinski parvient à s'extraire de son appareil et à déclencher son parachute, mais alors qu'il est encore dans les airs, les paysans locaux lui tirent dessus avec des fusils de chasse.
 
"L'avion s'écrase à Belleu. le pilote blessé est pris à partie par la population civile armée de fusils de chasse. Chanceux, il a la vie sauve et sera interrogé par la 8e Division d'Infanterie." 

Suivant l'une des conditions de l'armistice, Galubinski est finalement libéré et peut rejoindre sa 7./JG 53 mais il semble profondément marqué par sa captivité.
 

La bataille d'Angleterre

 
Le 9 septembre 1941, Galubinski totalise déjà 28 victoires.
 
Le 22 juillet 1942 il obtient la Deutsche kreuz en or.
 
Le front est
Le Me 109 de Hans Galubinski, sur le ventre en Russie

 


La mort de l'Oberfeldwebel Galubinski

 
Le 12 janvier 1944, il est pilote-instructeur et fête son anniversaire avec son nouveau grade d'Oberfeldwebel  au sein du I./JG 101 (Le Jagdgeschwader 101 était un escadron de formation de pilotes de chasse). 
Le lendemain, le 13 janvier 1944, il prend les commandes de son Messerschmitt Bf 109 E 1268 pour un vol de transfert ordinaire lorsqu'il tombe malheureusement sur des Hawker Typhoon du No.198 Squadron RAF. Ce sera son dernier combat. Le pilote Allemand est tué près de Caix dans la Somme. 
 
Le lieu du crash de Hans Galubinski

Le cimetière militaire allemand de Bourdon

 

SS-Obersturmführer Brohl
Le cimetière militaire allemand de Bourdon
 
En 1961, le Volksbund a commencé à regrouper à Bourdon les sépultures des soldats qui étaient enterrés dans les cimetières des villes et villages du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme.
Le cimetière a été inauguré officiellement le 16 septembre 1967, la section de Rhénanie du Nord-Westphalie du Volksbund parraine le cimetière.  
 
Une très grande partie des 22 216 soldats allemands qui y reposent sont tombés lors de la campagne de France de mai-juin 1940, dont de nombreux Waffen de la "Totenkopf". Il faut dire qu'avec la création de la poche de Dunkerque, la région Nord a connu d'effroyables combats.
Une autre partie concerne des soldats tués fin août-début septembre 1944, notamment après la traversée de la Seine.

Enfin, il y a une part non négligeable de pilotes de la Luftwaffe notamment ceux des Jagdgeschwader, les unités de chasse. Les tombes de ces pilotes s'étalent sur quatre années de guerre dans le secteur. Il y a de nombreux articles à leurs sujets sur le blog.

Le cimetière militaire allemand de Bourdon

Carte postale du cimetière militaire en vente sur place, laissez des pièces de monnaie dans la boite prévue pour cela.

La tombe de Hans Galubinski

L'Oberfelwebel Hans Galubinski repose au cimetière militaire de bourdon. Il est inhumé au bloc 36
rangée 3 tombe 82.

Tombe de Oberfeldwebel Hans Galubinski

Liens

Sur le cimetière militaire de Bourdon
http://historeich.blogspot.com/2018/10/deutscher-soldatenfriedhof-bourdon.html
Sur Werner Mölders de la JG/53
http://historeich.blogspot.com/2018/03/oberst-werner-molders-de-la-luftwaffe.html

l'Uffz Paul Schwarz de la JG 26  
 

Nous lirons

Jagdgeschwader 53 "Pik As" Bf 109 Aces of 1940 de la collection Aircraft of the Aces n°132 de Chris Goss chez Osprey Publihing Jagdgeschwader 53 "Pik As" de la collection Aviation Elite de John Weal chez Osprey Publishing

mardi 31 juillet 2018

Harti Schmiedel un pilote Me 109 G6 au Mont de Huisnes

Direction la Normandie, près de la baie du Mont Saint Michel, avec une visite au mausolée du Mont de Huines. Aujourd'hui nous nous souvenons du jeune Harti Schmiedel, un pilote de la Luftwaffe, du Jagdgeschwader 53 tombé au combat lors de l'Invasion. Dans cet article, vous trouverez sa biographie ainsi que sa tombe mais aussi des restes retrouvés de son Messerschmitt Bf 109. 

Qui est Harti Schmiedel ?


Harti Schmiedel naît le 11 décembre 1922 à Neudorf, en Saxe. Membre des Hitlerjugend durant son adolescence, il découvre très tôt le vol à voile, une expérience qui éveille sa vocation de pilote. Il s'engage dans la Luftwaffe le 15 octobre 1940. Après avoir suivi la formation de Jagdflieger puis celle d'officier, il est affecté en février 1943 au II./JG 53.

Leutnant Harti Schmiedel


Le 19 avril 1943, au cours d'une attaque contre une formation de bombardiers Boeing B-17 Flying Fortress américains au-dessus de la Tunisie, son Messerschmitt Bf 109 G-6 (Werknummer 16551) est abattu par des Spitfire au sud-ouest de Tebourba. Légèrement blessé, il parvient à survivre et est rapatrié en Allemagne pour sa convalescence, où il se fiance.

À son retour au front, la 4./JG 53 est stationnée en Sicile. Le 19 août 1943, Schmiedel est de nouveau contraint d'abandonner son appareil au combat. Il réussit toutefois à amerrir son Messerschmitt Bf 109 G-6 dans le golfe de Salerne et est rapidement recueilli par des bâtiments de la Kriegsmarine opérant dans le secteur.

Le 4 mars 1944, près de Coblence, il remporte sa première victoire aérienne homologuée en abattant un North American P-51 Mustang. 


Le Messerschmitt Bf 106 G6

Le Bf 109G-6 "Weiss 8"  de Harti Schmiedel. Le Pik As de la JG 53 peint sur la capot moteur

Le Messerschmitt Bf 109G-6 est le chasseur le plus produit de la seconde guerre mondiale avec plus de 12.000 exemplaires fabriqués. Remplaçant le modèle F, le  modèle G sorti en février 1943 est une version plus polyvalente puisqu'il est muti-tâches grâce à un kit appelé Rüstsatz, ce qui lui permettait de modifier son armement suivant la situation.
Il inaugure le nouveau moteur Daimler Benz DB 605 A de 35,7 litres développant 1475 chevaux. Le modèle G6, tout comme le modèle G5 inaugure aussi un nouvelle empennage avec des stabilisateurs plus longs et une gouverne de direction plus large. Pour faire des économies de matériaux cet empennage est en bois. Un nouvel armement voit le jour avec une paire de MG 131 13 mm.


Son décès pendant l'Invasion

 
L'invasion se profile, le II./JG 53 du Hauptmann Julius Meimberg est destiné à opérer depuis l'aérodrome de Vannes-Meucon. 
En attendant l'unité décolle d' Öttingen, puis le Gruppe doit faire une escale au Mans, ce qui sera chose faite le 6 juin au soir. Le lendemain le II./JG53 est attaqué au sol, deux appareils sont détruits ce qui n'empêche pas les hommes de Meimberg de se regrouper à Vannes dans la soirée. 
 
öttingen 1944. Julius Meimberg annonce aux pilotes du II./JG 53 le départ vers le front d'Invasion

 
Dès le 8 juin Harti abat un bombardier américain B24 "Liberator" au nord de Cherbourg.
Le 12 juin 1944, son Gruppe attaque une flotte de B24 "Liberator", où cinq bombardiers sont détruits. Durant l'affrontement Schmiedel aux commandes de son Messerschmitt Bf 109 G6 est pris à partie par un Mustang P-51 d'escorte du 352nd FG. Touché, son avion s'écrase près du village de Le Rheu au lieu dit "la Croix verte", un endroit très marécageux. Harti Schmiedel vient de perdre la vie, comme dix-sept autres pilotes ce jour là. lisons le témoignage de Madeleine Bodet :
 
"J'avais 16 ans j'ai vu l'avion tomber. En quelques minutes, le Messerschmitt s'est enfoncé dans la tourbe. Avec mon père, nous avons juste récupéré une roue".
 
Un autre Bf 109 est abattu par les Mustang d'escorte mais le pilote réussit à sauter en parachute. Un troisième Messerschmitt est touché puis pris à partie par la Flak allemande qui l'oblige à un atterrissage sur le ventre, le pilote est indemne.
 
Photo aérienne du lieu du crash
 
Schmiedel est porté disparu. Les recherches pour retrouver l'épave de son avion ne sont entamées qu'en 2003. Après quelques tâtonnements, le Messerschmitt est retrouvé en septembre 2004 près du lieu-dit "Cherville". Des objets personnels découverts sur place confirment qu'Harti n'a pas pu s'éjecter de son cockpit.

Effets personnels de Harti Schmiedel

 
Grâce au remarquable travail de l'association Absa 39-45, quelques effets personnels du pilote ont été exposé dans différent meetings aériens de l'ouest de la France. Jean-Luc a pu prendre quelques photos.
 
Croix de Fer de Harti Schmiedel
Croix de Fer de Harti Schmiedel

Plaque d'identification du leutnant Harti Schmiedel




Débris du Messerschmitt Bf 109

 
En septembre 2018, le moteur du Messerschmitt Bf 109 G6 de Schmiedel était exposé au meeting aérien de Cholet (Maine et Loire).

Divers plaques du Messerchmitt


Leutnant Harti Schmiedel
Le moteur Daimler Benz DB 605

moteur Daimler Benz DB 605

moteur Daimler Benz DB 605
    

Sa tombe au mausolée du Mont de Huisnes

 
Le pilote de la Luftwaffe Harti Schmiedel repose au Mont de Huisnes en Normandie
 
 
plaque tombale du pilote au cimetière allemand de mont de huisnes
le mausolée du Mont de Huisnes

Leutnant Hart Schmiedel est inhumé depuis le 11 mai 2005 au mausolée du mont de Huisnes, à la crypte 10 tombe 35.

Plaque du Leutnant Harti Schmiedel


Nous lirons

 
Harti & Margot, de la guerre au repos de François Bertin (aujourd'hui décédé) aux éditions Ouest France, 2 livres (48 pages chacun) + dvd (52 mn)
Le fana de l'aviation n°535, Spécial jour J La Luftwaffe face au débarquement
 

Sources pour cet article

 
Photos Mont de Huisnes FP HistoReich Pays de la Loire
Photos Meeting FP HistoReich Pays de la Loire
Aviation Classics Messerschmitt Bf 109


Liens

lundi 19 mars 2018

Oberst Werner Mölders Jagdgeschwader 51 Werner Mölders invalidenfriedhof Berlin


Aujourd'hui nous sommes à Berlin, une ville que nous connaissons maintenant un peu mieux, vous pouvez lire sur le blog les articles consacrés aux Français de la  Waffen SS. Malgré un orage qui s'annonce en cette journée d'été, HistoReich prend la direction du cimetière des invalides où nous avions déjà vu plusieurs tombes, celle de  l'As allemand, Hans Fuss ou celle du Generaloberst Werner von Fritsch. Aujourd'hui place à Werner Mölders célèbre pilote de la Luftwaffe.
 
 

Qui est Werner Mölders ?


Werner Mölders est né dans une famille catholique le 18 mars 1913 à Geselkirchen, un port fluvial dans le bassin de la Ruhr. Alors qu'il n'a que deux ans, son père décède sur le front en 1915, sa mère n'est âgée que de 25 ans lorsqu'elle devient veuve.
En 1925, Werner adhère au "Jugendbund Neudeutschland", une organisation de jeunesse catholique fondée en 1919. Après son bac, il connait déjà sa destinée : "Enfant, je ne connaissais pas de plus grand désir que de devenir soldat".
En 1931, il s'engage dans la Reichswehr comme fantassin puis il y fait une formation d'officier du génie.
 
Au centre le jeune Werner Mölders
 

Messerschmitt Bf 109 JG51
Maison natale de Werner Mölders

Finalement Werner rejoint la Luftwaffe en 1934, et apprend le vol sur un Arado Ar 68. Le 1er juillet 1935, il est muté au II./JG 134 puis c'est la 1./Jagdeschwader 334 avec le grade de Kapitän.
 
Werner Mölders est à la tête de la 1./JG 334 lorsqu'il parade à Wiesbaden en mai 1937
 
 

La guerre civile espagnole 

 

Messerschmitt Bf 109 de la Legion Condor au dessus de l'Espagne

Le 13 avril 1938, Mölders quitte la 1./JG 334 pour rejoindre l'Espagne et prendre le commandement de la la 3./J 88 (Jagdgruppe 88), la troisième Staffel de la Legion Condor. Dans le ciel ibérique, il abat 14 appareils républicains avant de retourner en Allemagne à la fin de la même année. Nous le retrouvons dans un bureau du Reichsluftfarhtministerium à Berlin où grâce à son expérience en Espagne il met sur papier différentes tactiques d'attaque et de formations de vol, qui seront adoptées par la Luftwaffe mais aussi plus tard par les Anglo-américains. 
Le 15 mars 1939, il est promu Hauptmann et part à Wiesbaden-Erbernheim pour reprendre le commandement de sa staffel devenue la 1./JG 133, qui a reçu entre-temps des Messerschmitt Bf 109 D-1. Le 1er mai 1939 nait la mythique Jagdgeschwader 53 

Le RLM, Reichsluftfarhtministerium à Berlin, où Mölders met au point ses tactiques


La drôle de guerre pas vraiment drôle... 

 
Les Messerschmitt Bf 109 E de la  I./JG 53 à Wiesbaden-Erbernheim en 1939
 
Le 3 septembre 1939, l'Angleterre et la France déclarent la guerre à l'Allemagne. La JG 53 est prôche de la frontière franco-belge-luxembourgeoise et se retrouve alors en première ligne. Alors que les avions allemands observent encore une certaine neutralité en ne franchissant pas les frontières, les Français envoient de plus en plus d'avions de reconnaissance au dessus du territoire allemand.
 
Le 8 septembre, Mölders rencontre des problèmes moteur et doit poser son Bf 109 dans un champ près de Birkenfeld, l'atterrissage est suffisamment rude pour le blesser au dos, ce qui lui vaut une dizaine de jours de repos. 
 
Le 20 septembre 1939 dans l'après-midi, Mölders a repris les commandes de son Messerschmitt. il est au sud de Trier, lorsque des Curtiss H-75 du GC II/5 sont attaqués par trois Bf 109. Werner Mölders vise l'avion N°21 du sergent Roger Quéguiner, l'avion est en feu mais le Français parvient à sauter en parachute, il s'en sortira avec les mains et le visage brûlés par les flammes.

Le 26 septembre, le Hauptmann Mölders prend le commandement du III./JG 53 nouvellement formé
 
Le 30 octobre près de Klüsserath, un Bristol Blenheim MK I britannique du 18 Sqn de la RAF piloté par l'officier pilote Denis frederick Elliot, 23 ans décolle de Metz pour une mission de reconnaissance, repérés par la Flak de Trier, les trois appareils ennemis sont maintenant pris en chasse par trois Messerchmitt de la 9./JG 53 sans compter le Bf 109 de Mölders qui se positionne derrière l'un des bombardiers britanniques, courte rafale, le moteur gauche est touché puis les flammes envahissent le Blenheim. L'avion s'écrase, les trois hommes d'équipage sont tués. Ils reposent dorénavant au cimetière sud de Cologne. Ils ne le savent pas mais ils sont les premières victimes du III./JG 53. 
 
1939. Le Benheim du No 18 Squadron, victime de Werner Mölders. L'épave sera recyclée dans une fonderie.
 
Le 22 décembre, des chasseurs du III./JG 53 escortent des Dornier Do 17 en reconnaissance près de Metz lorsqu'ils répèrent trois chasseurs ennemis. Mölders abat un Hurricane du No 73 Squadron de la Royal Air Force, l'appareil s'écrase en flamme près d'un village. Un autre Hurricane est abattu par un de ses ailiers. Le sergeant Reginald Mark Perry est enterré à Chambières tout comme le sergeant John Winn
 
L'hiver 1939-40 est installé, la météo limite les vols et les combats aériens et l'activité s'intensifie en mars, Mölders abat trois avions supplémentaires puis en avril son score s'élève à neuf dont un Curtiss Hawk P-36, un avion totalement dépassé malgré ses cinq années d'existence. Parmi les pilotes abattus, il y a le sergeant Ken Campbell qui après son atterrissage d'urgence sera amené à l'hôpital de Thionville. 
 
Printemps 1940, Werner Mölders au centre et ses officiers du III./JG 53 
 
 

La bataille de France

 
Le 10 mai 1940, l'Allemagne passe à l'offensive, la JG 53 est naturellement de la partie. Le Feldwebel Hans Galubinski du III./Jg 53 s'illustre avant d'être fait prisonnier le 6 juin 1940. Pour Mölders, la "chance" "revient le 14 mai lorsqu'il abat le Hurricane du sergeant Leon Didben qui repose dorénavant à Choloy en Meurthe et Moselle.

Werner Mölders le jour de la remise de sa Ritterkreuz
 
Le 29 mai 1940, il reçoit la Ritterkreuz pour ses 20 victoires. "Comme un orage, nous fonçons sur l'ennemi complètement surpris"
 
Le 5 juin, Mölders en est à 23 victoires. A 17h30, son Messerschmitt Bf 109 E-4 décolle pour un vol libre, dans le ciel ils rencontrent d'autres appareils allemands, ce sont les gars de la JG 27 puis des avions ennemis des Dewoitine D.520 du GC  II/7, parmi eux il y a un AS, le Sous-lieutenant René Pomier Layrargues qui comptablilise six avions à son tableau de chasse. 
 
" Des avions au-dessus de nous. Nous ne pouvons pas les identifier. Nous montons à 7000 m mais ce sont des 109 (du I./JG 27). Nous redescendons donc un peu et nous nous préparons à rentrer, mais soudain nous apercevons six Morane. Je me prépare à attaquer, mais au beau milieu de mon attaque, je vois deux Staffeln de 109 inconnus qui attaquent le même avion par derrière et par-dessus. J'observe un moment, puis j'attaque un Morane sur lequel trois 109 tirent, mais toujours en vain car il est dans un virage. Je l'ai un moment dans mon viseur, mais il s'échappe immédiatement. Il remonte soudain en dessous de moi - je le perds de vue sous mes ailes. Puis il revient de côté, plus bas, et, qui plus est, il tire mais à une distance extrême.    

Je m'interromps brièvement puis remonte vers le soleil. Il m'a probablement perdu, car il tourne dans la direction opposée et se dirige vers le sud. Plus bas, deux 109 continuent d'attaquer un seul Morane. J'observe ce combat, qui se résume à une course de haies, le Morane empêchant tout tir efficace par des virages incessants. Je jette un coup d'œil derrière et vers le haut pour voir des 109 qui tournent encore en rond un peu partout.

Je suis en train de voler à une hauteur de 800 m quand soudain des explosions et des étincelles se produisent dans mon cockpit. Je suis totalement abasourdi. La manette des gaz est détruite, le manche  saute vers l'avant et je suis en piqué vertical. Je saisis le levier de largage du cockpit et la canopée s'envole. Mon avion se stabilise une dernière fois, ce qui me donne l'occasion de défaire mes sangles et de me hisser sur mon siège. Je suis alors libre et le parachute s'est déjà ouvert. Je vois mon avion tomber hors de contrôle, son aile bâbord se disloquer. Juste avant de toucher le sol, il se redresse, puis s'écrase verticalement.

Accroché au parachute, je regarde autour de moi à la recherche de mon adversaire, mais je ne vois que des 109 qui me tournent autour. Je flotte silencieusement vers le sol, toujours tenu par l'ennemi car je suis à 60 km de la ligne de front, à l'ouest de Compiègne. Je sors mon pistolet et, après l'avoir armé, je le mets dans la poche de mon pantalon. Le sol se rapprochant rapidement, je fléchis légèrement les genoux et l'impact est relativement doux. Je me libère immédiatement du parachute et je cours vers un bois. Des Français courent vers moi de tous côtés et, alors que j'arrive à l'orée du bois, une balle passe à côté de mes oreilles. Je jette ma veste de vol doublée de fourrure et je cours jusqu'à l'autre bout du bois.  Un grand champ de lupins ( une espèce de plantes -Nda) se trouve devant moi, je m'y glisse".

La course va durer près d'une heure mais Mölders, comme bon nombre de ses camarades auparavant, est capturé. Un officier français lui arrache sa Ritterkreuz avant de l'emmener en voiture, l'Allemand part en captivité.
Son Messerschmitt est retrouvé par les troupes allemandes dans une forêt à l'est de Compiègne le 11 juin.
Le 22 juin, la France capitule. Mölders est libéré, tout comme l'Oberfeldwebel Hans Galubinski .
 
Werner Mölders dans le journal Der Adler du 11 juin 1940

 
Hauptmann Mölders reçoit l'ordre de prendre le commandement de la  Jagdgeschwader 51, l'unité du  Hauptmann Horst Tietzen (5./JG51), de Walter Oesau et de l'Oberleutnant Josef Priller.
Dès le lendemain de sa prise de poste, il s'envole vers Douvres, l'Angleterre. La rencontre avec des Spitfires ne se passe pas comme prévu puisqu'ils sont en surnombre, le combat s'engage et son Bf 109 est touché au radiateur et au réservoir d'essence. Il décide de rebrousser chemin à pleine puissance, un Spitfire le prend en chasse mais ce dernier est abattu par l'Oberleutnant Leppla. Finalement Mölders arrive à atterrir sur le ventre dans un pré français mais ses jambes sont en sang, durant le bref combat il avait reçu cinq éclats de métal. Mölders est évacué par avion dans un hôpital à Berlin où il y reste 11 jours.
 
Après sa 50e victoires il est promu Oberstleutnant
 

Barbarossa

 
Le 15 juillet 1941, avec ses 100 victoires, il obtient les brillants pour la croix de chevalier avec feuilles de chêne et épées "Brillanten zum Ritterkreuz mit Eichenlaub und Schwertern". Cinq jours plus tard, il est interdit de vol et doit quitter la JG 51 "Pik As".
A 28 ans,  il s'emploie a du travail administratif comme inspecteur de l'aviation de chasse puis le 15 septembre il est General der Jagdflieger où il s'occupe de l'élaboration de nouvelles tactiques et de l'amélioration de l'organisation, de la technique, de la formation et surtout de la gestion des hommes
 
Werner Mölders dans le journal "Der Adler" du 22 juillet 1941

 

La mort de Werner Mölders

 
Le 22 novembre 1941, alors en inspection sur le front de l'Est, Mölders doit se rendre aux obsèques de Ernst Udet à Berlin. Avec son aide de camp il monte dans un Heinkel He 111 de la III/KG 27 à Chaplinka en Ukraine (au nord de la Crimée) mais en plein vol, l'avion connait une grave avarie sur le moteur gauche, le Heinkel He 111 possède deux moteurs ce qui est normalement un gage de sécurité. L'avion doit faire un détour vers Breslau (Wroclaw en Pologne) pour atterrir, en approche de la piste le deuxième moteur tombe en panne. C'est alors que l'avion s'écrase dans une zone industrielle de la banlieue de Schöngarten. Dans le choc, le cockpit est coupé en deux.
Werner Mölders, le pilote, leutnant Georg Kolbe et une troisième personne non identifiée décèdent lors du crash. Le radio, l'Oberfeldwebel Arthur Tenz et l'aide de camp, le Major Wenzel survivent.
 

Lieu du crash Breslau 1941
Le propriétaire de l'usine de briques où s'est écrasé le He 111 a érigé ce monument à l'endroit même du crash


Ses obsèques à Berlin

 

Le 28 novembre 1941, les obsèques sont célébrées à Berlin. Le corps de Mölders est emmené dans les rues de Berlin sur un véhicule militaire suivi d'une escorte à pied. Des dizaines de milliers de personnes se tiennent silencieuses sur les trottoirs. Werner Mölders est emmené  au cimetière des invalides (Invalindenfriedhof) où l'on entend les coups de canons de Flak 88 qui résonnent du Tiergarten. Adolf Hitler, Hermann Göring, Adolf Galland, Karl-Gottfried Nordmann rendent hommage à l'As de la Luftwaffe. Göring déclare : "Tes actes sont immortels, ton nom reste immortel"

Mölders repose à côté du célèbre baron rouge, Manfred Freiherr von Richthofen.
 
Les obsèques de Werner Mölders, nous reconnaissons Galland à droite

Le Führer particulièrement peiné se recueille devant le cercueil de Mölders

 
Le cercueil de Mölders est recouvert de son casque et de son épée

 
Le défunt est emmené au cimetière des invalides, Goering est à gauche
 
 
La foule se presse pour rendr eun dernier hommage à l'As allemand. A l'arrière plan nous voyons la porte de Brandebourg.
 
Le cercueil s'apprête à entrer dans le cimetière. Il va être déchargé du canon pour être porté.
 
La dépouille de Werner Mölders passe devant la tombe du célèbre baron rouge
 
La délégation aux obsèques de Werner Mölders. Au premier plan Hermann Göring puis de gauche à droite, Siegfried Schnell, Josef Priller, Hans Hahn, Werner Streib. Derrière, des généraux de la Luftwaffe.



Sa tombe à L'invalindenfriedhof de Berlin

 
Le cimetière des invalides de Berlin où repose Werner Mölders

Oberst Werner Mölders repose toujours à l'invalidenfriedhof de Berlin malgré le fait qu'après la guerre, le cimetière des Invalides de Berlin sera littéralement saccagé par les soviétiques en 1961 puisqu'ils décident d'y ériger une partie du mur de Berlin.
 
La tombe actuelle de Werner Mölders au cimetière des invalides à Berlin
 
 

Epilogue

 
Après la mort de l'Oberst la Jagdgeschwader 51, prend le nom de "Mölders".  Une bande de bras avec l'inscription "Jagdgeschwader Mölders" sera attribuée le 24 novembre 1941.

Leutnant Georg Kolbe, le pilote de Werner Mölders, né à Goldberg le 6 décembre 1911 est nommé Oberleutnant à titre posthume. Il est enterré à Zlotoryja en Pologne.
Georg Kolbe était tout comme Mölders un vétéran de la Légion Condor.
 
Le pilote de chasse Werner Mölders est considéré dans les années 1960 comme un modèle, En 1968, la marine baptise un destroyer de missiles guidés du nom de "Mölders". La Bundesluftwaffe attribue ce nom à une caserne en 1972 et à un escadron de chasse en 1973. Mais à la fin des années 90, des historiens politisés s'en mêlent et malgré les critiques, le Lieutenant-colonel Rolf Block du Jagdgeschwader "Mölders" déclare en 2004 :

"On lui a quasiment attribué le nom de "papa" (Vati) parce qu'il s'occupait de ses semblables, de ses camarades. Que ce soit pendant l'entraînement ou pendant les jours difficiles de la guerre. Nous, en tant que membres du  Jagdgeschwader 74 "Mölders", sommes fiers de porter ce nom".

Le 11 mars 2005, le Bundestag devant la menace de la montée de l'extrême droite tire des conclusions et le nom de "Mölders" est exclu des traditions de la Bundeswehr, son nom est donc banni de la Jagdgeschwader.malgré tout des membres de l'ex-Jagdgeschwader 74 "Mölders" se rendent toujours sur sa tombe.
 
 

Les différents appareils de Mölders 

 
Ses Bf 109 de la Jagdgeschwader 53
 
Mars 1940, le Messerschmitt Bf 109 E de Mölders à Trier. Cinq victoires sont peintes sur la queue
 
Messerschmitt Bf 109 E-3, Wener Mölders mai 1940

 

Mai 1940, Messerschmitt Bf 109 E-4 de Werner Mölders

Mai 1940, Messerschmitt Bf 109 E-4 de Werner Mölders

Ses Bf 109 à la Jagdgeschwader 51

31 août 1940. Le Messerchmitt Bf 109 E-4 du major Werner Mölders

Juillet 1940, Messerchmitt Bf 109 E-4 de Werner Mölders



Octobre 1940, Messerschmitt Bf 109 F-1 de Mölders

Nous pouvons voir un Bf 109 aux couleurs de la JG 53 "Pik As" au musée de Sinsheim en Allemagne

Un ex-Buchon aux couleurs de la JG 53 "Pik As"


Liens


Sur les pilotes de la Luftwaffe :
Leutnant Harti Smiedel, pilote de chasse au Mont de Huisnes
Hans Fuss à l'invalidenfriedhof Berlin

Sur les Messerchmitt BF 109 
Me 109 du musée de Sinsheim
Me 109 du musée de Prague
Me 109 au meeting de Rennes
Me 109 du musée Speyer