En juillet 1944, durant l’Opération Cobra en Normandie, la 2.SS-Panzer-Division « Das Reich » tente de ralentir la percée américaine dans le secteur de Périers et Coutances. Parmi les officiers engagés dans ces combats figure le SS-Obersturmführer Rudolf Wildhagen, commandant de la 8./SS-Panzer-Regiment 2. À travers les archives américaines, les cartes du champ de bataille et les lieux encore visibles aujourd’hui, retour sur le dernier combat de cet officier de la Waffen-SS dans le bocage normand.
Qui est Rudolf Wildhagen ?
La 8.Kompanie du SS-Panzer-Regiment 2 à Caylus
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| La 8.Kompanie de Wildhagen est constituée temporairement de Stug.III. Une belle version de ce chasseur de char est exposé au Panzermuseum de Munster. |
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| Un Panzer IV Ausf H de la 8./SS-Pz.Rgt 2, et dépourvu de Schürzen, est immobilisé à Saint-Denis-Le-Gast en Normandie |
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| Un Panzer IV Ausf J est visible au musée des blindés de Saumur |
L'Opération Cobra
Le 25 juillet, les Américains lancent l'opération Cobra destinée à percer le front. Le bombardement de préparation couvre une zone de dix kilomètres sur deux entre Périers et Saint Lô, le secteur tenu par la Panzer-Lehr Division qui est, de ce fait, durement touchée. La 2.SS-Panzer-Division "Das Reich", tout comme les restes de la 17. SS-Panzergrenadier-Division "Götz von Berlichingen" qui couvraient le secteur gauche de la Panzer-Lehr sont menacées d'encerclement. Les Américains ont percé, leurs troupes sont au nord, à l'est et bientôt au sud.
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| Carte des positions connues des blindés de la 2.SS-Panzer-Division « Das Reich » au matin du 27 juillet 1944. |
Les combats de Périers pendant l’Opération Cobra – 27 juillet 1944
Sous la pression, Les troupes allemandes sont contraintes au repli, la 2.SS-Panzer-Division "Das Reich", en défense, livre des combats retardataires. Pour la 90th Infantry Division, la ville de Périers, quasiment détruite par l'artillerie américaine les jours précédents, ouvre la voie vers Coutances.
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| Carte du front dans ce secteur de Normandie au matin du 27 juillet 1944 |
Dès le matin, le 712th Tank Battalion et le 359th Infantry Regiment sont au nord de Périers, mais ils sont retardés dans leur avancée par les nombreux champs de mines. En attendant, les Waffen-SS de la 2. SS-Panzer-Division « Das Reich », de la 17. SS-Paznergrenadier-Division "Götz von Berlichingen" et d'autres fantassins isolés (comme par exemple les parachutistes du Fallschirmjäger-Regiment 6), constituent tant bien que mal une nouvelle ligne de front. Un Kampfgruppe est constitué et cinq Panzer IV, dont celui du SS-Obersturmführer Wildhagen, prennent alors position à "La Calfeutrerie" à environ 1,5 kilomètres au sud de Périers, pour bloquer l'axe sur Coutances.
A 16h00, la Company D du 712th Tank Battalion s'élance vers Périers en reconnaissance avant de poursuivre sa route à travers la ville, en direction de Coutances, sur l'actuelle D 971. Le 1st Platoon repère alors la Kampfgruppe au niveau de "La Calfeutrerie". Les modestes Stuart, ces chars légers de 15 tonnes à peine armés d'un canon de 37 mm, marquent aussitôt l'arrêt dans l'attente des Sherman de la Company B, en soutien. Le 3rd Battalion du 359th I.R qui a rejoint le 1st Platoon engage le combat "contre un solide détachement allemand" mais les Américains se heurtent à un mur. La présence des Panzer IV d'un côté et l'impossibilité de mettre en place des armes antichars pour les contrer de l'autre conduit momentanément à une impasse.
Les Américains victimes des Allemands
L'un des Sherman arrivé en soutien ouvre le feu sur les Panzers, tandis qu'une colonne blindée (une section du 3rd Platoon de la Company D et une section de la Company B), appuyée par un peloton d'infanterie (359th I.R), tente de contourner la Kampfgruppe par l'est, s'engageant sur une route étroite et parallèle.
Mais pour les tankistes de la 2.SS-Panzer-Division « Das Reich », le répit fut bref. A 19h10, les Panzers, submergés par l'ennemi, sont signalés détruits. Quatre des cinq blindés sont effectivement mis hors de combat. Après quelques recherches, notamment dans les archives américaines, trois Panzers ont été détruits en combat rapproché par des tirs de bazooka et le quatrième par l'artillerie. Tragiquement le char de Wildhagen figure parmi les victimes. L'officier est officiellement déclaré mort ce 27 juillet 1944.
Ce que l'on note :
Malgré l'arrivée en nombre des chars moyens Sherman, les Panzers ne furent pas détruits par leur feu. Réciproquement, aucun blindé américain ne succomba aux tirs des Panzers IV. L'aviation n'est pas non plus intervenue. Il s'agissait donc d'un combat rapproché, typique du bocage : une lutte de haie à haie, du moins pour trois d'entre-eux.
Durant la nuit du 27-28 juillet, les Allemands entament leur retraite.
Je ne connais pas les noms des autres chef de char allemands, ni ceux de leur équipage : Peut-être ont-ils survécu à cette confrontation, peut-être pas. Les corps peuvent être enterrés à Marigny, une vérification qui méritera, le moment venu, une autre visite !
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| Un résumé de la journée du 27 juillet 1944 su cette carte du secteur de Périers utilisée par de l'US Army |
Conclusion
Le combat de Rudolf Wildhagen illustre parfaitement la violence des affrontements du bocage normand durant l’Opération Cobra. Face à la supériorité matérielle américaine, les derniers blindés de la 2.SS-Panzer-Division « Das Reich » tentèrent de ralentir la percée alliée vers Coutances. Pour preuve, ils Américains signalent avoir détruit deux Panther durant leur marche vers la ville.
Et maintenant une carte pour la journée du 28 juillet, où l'on voit nettement que la ligne de front s'est écroulée.
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| Carte de la ligne de front au 28 juillet 1944 |
La tombe du SS-Obersturmführer Rudolf Wildhagen
Le Kompanieführer Rudi Wildhagen est inhumé au cimetière militaire allemand de Marigny au bloc 2, rangée 28, tombe 1059. Il partage sa croix avec le jeune SS-Grenadier Horst Döring.
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| Cimetière militaire allemand de Marigny où se trouve l'Obersturmführer Rudi Wildhagen |
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| Tombe du SS-Obersturmführer Rudolf Wildhagen au cimetière militaire allemand de Marigny en Normandie |
Le cimetière militaire allemand de Marigny
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| Cette vue montre la présence des deux cimetières militaires, avant que les corps des Américains ne soient transférés à Saint Laurent-Sur-Mer. |
Rassemblant principalement les victimes de cette région de Normandie, on y trouve des marins, des pilotes, des soldats de la Panzer-Lehr Division, de la 17. SS-Panzer-Grenadier Division "Götz von Berlinchingen", de la Das Reich. Pour information, le SS-Obersturmbannführer Erwin Horstmann est inhumé dans ce cimetière.
















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