vendredi 23 janvier 2026

The sad end of Karl-Heinrich Harlfinger of U-269

 

La version française est disponible ici 

Many submariners perished at sea and disappeared forever. Some saw their boats sink near their home port and were then ‘lucky’ enough to be rescued or given a proper burial. This was the case for the sailors of U-526, commanded by Kapitänleutnant Hans Möglich, and U-171.

Today, I visit the grave of a U-boot captain, Karl-Heinrich Harlfinger, who met a tragic death, to say the least.

Who is Karl-Heinrich Harlfinger ?

Karl-Heinrich ‘Heinz’ Harlfinger was born on 2 August 1915 in Jena, Thuringia.

On 25 September 1935, he joined the Kriegsmarine as a Seekadett. On 1 July 1936, he became a non-commissioned officer with the rank of Fähnhrich zur See, then on 1 February 1939 he was appointed Leutnant zur See.

Karl-Heinrich ‘Heinz’ Harlfinger

In September 1939, he boarded the training ship Blücher, a heavy cruiser. In April 1940, while in Norway, the Blücher was sunk. Fortunately, Harlfinger survived the sinking and took command of the Oslo harbour flotilla until March 1941, then that of Trondheim until June 1941. 

Kapitänleutnant Karl-Heinrich Harlfinger
9 April 1940. The sailors of the cruiser Blücher have gathered on the aft deck and are about to reach the shore either by boat or by swimming.

From then on, he underwent training in the submarine force (U-Fahrausbildungslehrgang) until November 1941, then was transferred to Oberleutnant Horst Uphoff's U-84, which he left in June 1942 to join the command school.

Unterseeboot 269, a Type VIIC submarine, was commissioned on 19 August 1942 in Bremen. Harlfinger took command of his boat and training (Ausbildungsboot) was given in Danzig, in the Baltic Sea, as part of the 8th flotilla. 

On 16 March 1943, the boat left Kiel and joined the 11th submarine flotilla in Bergen. On 23 April 1943, after a 32-day mission, it arrived at the port of Narvik. The very next day, the boat set sail again for Bergen. Harlfinger, who was ill, was hospitalised in the Norwegian city on 27 AprilThe U-boat was then entrusted to Oblt Otto Hansen. Harlfingen recovered its submarine on 5 September 1943.  

Part of the crew of submarine U-269 takes a breath of fresh air

On 1 October 1943, Harlfinger was appointed Kapitänleutnant. On 1 November 1943, the U-boot was assigned to the 6th Unterseebootflotille in Saint Nazaire. On 15 December 1943, while lying in wait near a convoy sailing in the northern English Channel, the submarine was damaged by the enemy and had to return to Saint Nazaire.  

The death of Harlfinger 

It is 21 March 1944, at the Majestic Hotel in La Baule, where the headquarters of the 7th submarine flotilla is located. It is noon when sailor Kräkel hears a bang. The sailor knocks on the commander's door, but gets no answer. He opens the door and finds Harlfinger slumped on his bed: the commander has just shot himself in the head. Doctor Hengel, rushed to the scene, can only confirm the death.

The Majestic Hotel in La Baule

According to rumours, he had contracted a venereal disease from a French woman working for the Navy, and she had told the story to the commander of the 6th Flotilla the day before. This affair would have led Harlfinger before a disciplinary board, had he not taken his own life first. According to his crew, there had been no indication that he would do such a thing.  

On 24 March, he was buried with honours at the German cemetery in Saint-Sébastien, Pornichet. By the end of the war, this cemetery would contain no fewer than 1,753 victims.

Funerals of Kapitänleutnant Karl-Heinrich Harlfinger

In total, Harlfinger carried out two patrols, spending 74 days at sea aboard his U-boot. He did not sink any enemy ships25 June 1944, the U-boot U 269 is sunk off the coast of England, south-east of TorbayAttacked by Wasser bombs of the frigate HMS Bickerton, seriously damaged, the submarine surfaced but immediately began to sink, while the survivors swam away or escaped on rafts. There are 13 dead, including Oberleutnant zur See Georg Uhl and 39 survivors. The wreck of U-269 was located in 1951. 

The grave of Kapitänleutnant Harlfinger

The captain is buried in the German military cemetery in Pornichet. He lies in Block 2, Row 2, Grave 49.

Deutscher Soldatenfriedhof Pornichet

Cimetière militaire allemand de Pornichet

Karl-Heinz Harlfinger at the military cemetery in Pornichet

The German military cemetery in Pornichet

The German military cemetery, or Deutscher Soldatenfriedhof, is located at 37 Chemin de la Gruche, Route de la Ville-Mahaud, in Pornichet. It is in the same location as the cemetery inaugurated during the Second World War. The individual graves with crosses and paths have been replaced by numbered blocks. The plots, marked by plaques on the ground, hold four people

Cimetière militaire allemand de Pornichet

I have written several articles about the soldiers buried in this cemetery. Waffen-SS soldiers from the Totenkopf Division, the Götz von Berlichingen Division, submariners and Luftwaffe pilots, both fighter pilots and bomber pilots. A total of 4,944 people are buried here. This cemetery was inaugurated on 20 June 1965.

We will visit

Since we are in Pornichet, we will take the opportunity to visit the U-Bunker in Saint-Nazaire, the Espadon submarine and the Grand Blockhaus in Batz-sur-Mer.

 

Where I can see an U-Boot ? 

To see a Typ VII U-boot, there's only one place to go: Laboe in Germany. I wrote an article about it, which you can find here.  

U-Boot U-995 at Laboe

See also

lundi 19 janvier 2026

Le surprenant PlastTiger de Munster

 

Un petit retour dans les halls du Panzermuseum de Munster ne fait pas de mal. Dans un précédent article , nous avions découvert le magnifique Tiger Ausf E en exposition temporaire. Cette fois-ci, place à un autre Tiger dont la particularité est d'être une maquette à l'échelle 1.

Le Tiger Ausf E en Bref

 
Dans le but de faire évoluer l'armement notamment blindé, plusieurs projets de nouveaux chars de combat ont été présentés en 1941, dont le VK 3001 (H) de Henschel, le VK 3001 (P) de Porsche (30 tonnes) et le VK 3601 de Henschel (36 tonnes).
Aucun de ces projets ne dépassa le stade de prototype, et un nouveau projet, le VK 4501, fut ordonné. Le cahier des charges indiquait que le blindé devait peser 45 tonnes et être équipé d'un canon de 88 mm.
 
Les prototypes du Tiger en phase de test

Deux prototypes sont présentés à Adolf Hitler, le jour de son anniversaire, le 20 avril 1942. Il s'agit d'un modèle Porsche et d'un modèle Henschel, deux chars à tourelle Krupp dont l'armement principal est un canon Kwk L/56 de 88 mm. Jugé trop compliqué, le projet Porsche est rejeté, mais son étude est retenue pour la création du Jagdpanzer "Ferdinand", du nom de son créateur, Ferdinand Porsche. Le blindé s'appellera finalement Elefant.
 
 
Le projet de Henschel est donc retenu et le constructeur signe le contrat en août 1942 pour la fabrication de 100 exemplaires. Le nom officiel du char lourd est : Pz.Kpfw. VI Tiger Ausf H1 puis Pz.Kpfw. Tiger I /Ausf E.
 
La production est lancée en août 1942 et prend fin en août 1944, lorsque le Tiger Ausf B le remplace progressivement. Au total, 1354  exemplaires du Tiger E ont été produits.  
 
Un Tiger Ausf E première version en cours de fabrication à l'usine Henschel. Notons le numéro 12 peint sur le côté de la caisse, est ce le douzième en production ?

Le Tiger E est motorisé par un Maybach HL 210 P45 puis à partir de mai 1943 par un Maybach HL 230 P30. C'est un moteur 12 cylindres en V qui développe 650 chevaux à 3.000 tr/mn (700 chevaux pour le HL 230), sa boite de vitesse est une Maybach Olvar 40-12-16 à 8 vitesses avant et quatre arrière.
 
Un des premiers modèles avec ses pots fumigènes sort de l'usine de Kassel. Le Tiger porte provisoirement un numéro 8 sur le devant de la caisse. Il est encore avec sa peinture primaire oxyde rouge. 
  
Le Tiger apparaît rapidement sur le théâtre des opérations durant le siège de Leningrad, à la fin du mois d'août 1942. Ses débuts sont laborieux, car le terrain marécageux n'est pas idéal pour le Tiger, qui souffre également de sérieux problèmes techniques. Après quelques améliorations, il sera présent sur tous les fronts, y compris en Afrique, et sa réputation, méritée, est toujours aussi grande de nos jours.
 

Naissance du PlastTiger 

 
Le Panzermuseum de Munster a un petit problème : malgré la richesse de sa collection, le Tiger E est aux abonnés absents. Pour pallier cette absence, le DPM a accueilli temporairement le Tiger du musée de Saumur puis une reconstruction de Christian Oebig.  Pour remédier à ce problème, le DPM a donc commandé à l'entreprise "Technologistützpunkt Täuschen und Tarnende Storkow une réplique du char à l'échelle 1:1. Spécialisée dans la fabrication de leurres (faux missiles, fausses stations radar, etc.), l'entreprise de la Bundeswehr a confié le projet à l'équipe d'Harald Kaiser.
Le Tiger 231 de Christian Oebig a été exposé au DPM de 2013 à 2016. Il a donc servi de modèle en étant "laserisé" et photographié sous tous les angles. 
 
Le Tiger 231 a été utile pour le modélisation du PlasTiger 321
 
Ce faux char de 2,7 tonnes n'est pas fabriqué en métal, mais en fibre de verre, d'où son surnom de "PlasTiger". Il a été livré en kit au Panzermuseum en avril 2017, soit quelques mois après le départ de 231.
Cette grosse maquette est un exemplaire unique au monde, ce qui est un peu dommage car la fabrication de plusieurs unités aurait certainement permis d'abaisser les coûts. Ces copies auraient été parfaites pour des films ou pour être exposées dans certains musées.
 
Le PlasTiger est en cours de montage de tourelle  
  
La maquette se monte et il n'y a pas besoin de beaucoup de colle

L'idée d'un faux Tiger pourrait faire sourire, voire susciter du dédain chez certains, mais il ne faut pas oublier que le Panzermuseum est avant tout et surtout un musée. Qui n'a jamais vu de répliques d'uniformes, d'armes et d'outils voir même d'habitats dans un musée ? Les Tigern sont rares, donc cette démarche ne me choque pas, d'autant que le DPM est censé raconter l'histoire et l'évolution des blindés. Le Tiger est une pièce essentielle de la Seconde Guerre mondiale, et sa présence attire des visiteurs, donc de l'argent. 
En tout cas, je trouve cette démarche moins trompeuse que le ridicule et faux Tiger du Museum of American Armor, dont la base est sur un char soviétique avec le train de roulement qui va avec.
 
Enfin, j'aimerais bien voir une maquette de Jagdtiger au musée des blindés de Saumur. Tout d'abord ce gros mastodonte, est absent du hall allemand. Comme il n'a pas de tourelle, son coût doit être inférieur à celui du PlasTiger, même si je ne connais pas le prix d'un tel projet. Sa présence serait justifiée par le salon international de la maquette qui se tient chaque année dans ce musée. C'est une idée à creuser, non ? 
 

Le PlasTiger de Munster

 
L'historique du Tiger 321 est naturellement connu : nous savons notamment qu'il n'est pas sorti de l'usine de Kassel, qu'il n'a pas été versé à la schwere SS-Panzer-Abteilung 101, qu'il n'est pas le Tiger de Wittmann et qu'il n'a pas été capturé dans la poche de Falaise. Une plaque apposée sur sa caisse annonce son acte de naissance. On peut également ajouter qu'il était le premier char de la deuxième section de la troisième compagnie d'une unité qui n'a jamais existé. 
La reproduction est vraiment incroyable, mais il y a un tout petit bémol : il est trop propre. C'est le seul reproche que je peux lui faire : un petit lavis, quelques traces d'usure ne lui feraient pas de mal.
 
L'entrée du musée des blindés de Munster
 
 


Le camouflage est inspiré du Tiger 231, je ne sais pas si c'est une bonne idée. Cela me rappelle le camouflage français des années 2000.   
 
Un second Tiger de Christian Oebig au musée de Munster. Cette image mise en comparaison avec le PlasTiger nous permet de voir l'excellent travail de reproduction.
 
Le Tiger pèse un peu moins de trois tonnes, une plume en comparaison avec l'original

Regardez ce train de roulement, c'est très bien fait

Le numéro 321 est un clin d'oeil au 231 qui lui a servi de modèle. Le Tiger B situé quelques mètres plus loin a la même numérotation.
  
Sur cette vue nous pouvons voir les détails, les fausses soudures et même les petits défauts de l'acier/fibre. 

Le Panzermuseum de Munster 

Le Panzermuseum est situé à Munster, une petite ville allemande sans intérêt, une ville garnison avec ses militaires, sa  (belle) boutique ASMC, son énorme terrain de manoeuvre à proximité où sont/étaient entrainés des Ukrainiens pas vraiment volontaires (des malgré-nous modernes). Dire qu'il n'y a rien à faire dans la ville, hormis la visite du musée, est donc un euphémisme.

Comparer le musée de Munster à celui de Saumur serait une erreur. Le musée des blindés est plus riche, plus grand et aussi plus internationale. La force de Munster ce sont ses blindés de l'armée allemande, de la seconde guerre mondiale à la RFA et RDA jusqu'au Leopard 2, oui oui le même qui est actuellement très apprécié des Lancets et autres Kornets/Fagots russes.

Le fleuron des chars allemands le Leopard 2 est la star du Panzermuseum... mais quelques épaves sont aussi exposées au Patriot Park en Russie sans parler du modèle en évaluation au centre Uralvagonzavod

La visite est agréable, il n'y a pas ces maudites cordes que l'on voit à Saumur, nous pouvons donc tourner autour des blindés. Durant la visite, vous pouvez aussi croiser le responsable du musée, Ralf Raths, lui poser des questions et c'est vraiment sympa.
Un autre point qui m'a particulièrement marqué est l'affluence. Le nombre de visiteurs me semble bien plus important que celui de Saumur et pourtant je n'y étais pas un week-end. C'est simple, il était difficile de prendre des photos sans avoir une personne dans le cadre de l'objectif.
Je terminerais par le point négatif : la boutique. Celle-ci ne représente quasiment aucun intérêt, le choix des livres est franchement limité, peu de maquettes hormis celle de la marque Lego (!) c'est dommage car il y a de quoi faire.
 
Le chouette ticket d'entrée du Panzermuseum qui deviendra un marque page
 

Où voir d'autres Tiger ?

Si vous allez voir le PlasTiger avant 2027 vous aurez également la chance d'admirer un Tiger reconstruit à l'aide de pièces détachées authentiques, dont certaines proviennent de Normandie. Le Tiger est un prêt il n'est donc exposé que temporairement.

Le Tiger Ausf E reconstitué est superbe 

Sinon, rendez-vous au musée des blindés de Saumur pour voir le Tiger 221. Du moins, lorsque celui-ci aura fini d'être restauré.  

Le Tiger Ausf E avant sa motorisation, j'ai hâte de le revoir et de l'entendre

Et pour ceux qui iront en Normandie, faites un crochet vers Vimoutiers
 
Le Tiger de Vimoutiers, sortez vos mouchoirs.